28/06/2013

Nous n'avons pas les mêmes valeurs.

Non je ne te parlerai pas d'une célèbre marque de rillettes.
1) Parce qu'elles sont dégueu
2) Parce que les meilleures sont celles de mon grand-père sarthois d'origine
3) Parce qu'on n'est pas sur le blog de Jean-Pierre Coffe.

Non. Je vais m'arrêter 2 secondes 30 (enfin un peu plus) sur la dernière Une du célébrissime canard de droite, j'ai nommé le bien nommé Valeurs Actuelles.


Celui que si tu n'as pas les mêmes valeurs que lui, c'est que tu es, au choix (1):
1) un has been
2) en orbite
3) mort


Donc, notre cher journal (dans tous les sens du terme: 3,90€, c'est juste hors de prix) a du passer un week-end de folie avec champis et extas à tous les étages.

Car, en mode retour d'acide, il a sorti ça:


On était habitués aux Unes niveau zéro du Point ou de L'Express, mais force est de reconnaître que cette fois-ci, Valeurs Actuelles a fait un strike.
On passera sur le graphisme des poings enchaînés qui n'est pas dans rappeler les pires affiches contre le mariage pour tous, que nous sommes plusieurs à avoir dénoncé.

Mais arrêtons-nous 2 secondes 34 sur ce mot "tyran". C'est pas rien quand même. 


La tyrannie hollandaise. La tyrannie du "flamby de la gauche molle". Tout arrive on dirait.

Mais d'abord, petit cours d'histoire et de français.

Pour le Larousse, un tyran, c'est:

"Celui qui, dans le monde grec, avait un pouvoir absolu après s'en être emparé par la force. Souverain despotique, injuste, cruel. Personne excessivement autoritaire qui abuse de son pouvoir.
Petit passereau d'Amérique, insectivore, capturant ses proies en plein vol. (Nom usuel gobe-mouches d'Amérique.)"


Bon j'exclus d'office la dernière définition: "l'Etat gobe-mouche", ça aurait pas fait très sérieux pour un magazine pas rigolo du tout comme Valeurs Actuelles.
Promenons-nous maintenant chez notre amie Wikipédia:

"Un tyran (du grec ancien τύραννος / túrannos, mot d'origine lydienne appliqué pour la première fois au viiie siècle av. J.-C. au roi lydien Gygès par le sophiste Hippias d'Élis) est un individu disposant d’un pouvoir absolu. C'est un homme qui s'empare illégalement ou illégitimement du pouvoir, le conserve au mépris des lois et règne par la terreur. De nos jours, le sens du mot est restreint et péjoratif, impliquant que le tyran abuse de son pouvoir et ne recherche pas le bien commun. Le sens plus large du terme se rapproche de la notion d'autocratie ou de dictature."

Ah ouais quand même. Ça rigole pas un tyran.

Tremble peuple de France! La tyrannie c'est maintenant!

Et si tu es d'humeur joueuse, tu as le droit de chercher le rapport entre la Une de Valeurs Actuelles et la photo que j'ai mise en illustration.

Quelques liens tyranniques:

http://www.macomete.com/2013/06/rigolons-des-blogueurs-sarkozystes.html

http://www.marianne.net/elie-pense/La-France-a-peur_a160.html

http://www.macomete.com/2013/06/le-blogueur-de-droite-menteur.html

http://sarkofrance.blogspot.fr/2013/06/meric-la-mauvaise-polemique.html

http://hern.over-blog.com/article-combattre-la-pauvrete-c-est-d-abord-combattre-les-prejuges-118762767.html

(1) Cette phrase n'est pas française je sais.

Billet propulsé depuis un iPhone tyrannisé

27/06/2013

25 mois que ça n'était pas arrivé.

Tellement inattendu et saugrenu que personne n'y croit et que chacun y va de sa petite déduction.
 - C'est parce que les gens ne se sont pas réinscrits.
 - C'est parce que des chômeurs étourdis ont oublié de d'actualiser.
Ne ris pas: c'est ce que j'ai entendu sur France Info ce matin.

Pour avoir été au chômage 19 mois d'affilée (et pour y retourner dans doute dans quelques mois), je crois pouvoir affirmer que s'il y a bien un truc qu'on n'oublie pas de faire chaque mois, c'est bien l'actualisation.
L'étourderie des chômeurs, ça me fait doucement rigoler.

Fainéantise et  étourderie: le combo du chômeur lambda.

Et pourtant.
Le résultat est là.
Publiés hier à 18h (et par mes petits soins, au moins en Île de France... Comprend qui pourra), voilà comment ça se présente:

"En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A augmente de +0,0 % par rapport à la fin avril 2013 (+11,5 % sur un an)."

Et:

"Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories B et C s’établit à 230 490 fin mai 2013. Ce nombre diminue de -1,6 % (-3 840) par rapport à fin avril et augmente de +5,7 % en un an."

Ou encore:

"En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A, B et C diminue de -0,1 % par rapport à la fin avril 2013 (+10,0 % sur un an)."

Bon alors OK: pas de quoi grimper au rideau ou trinquer au Champomy, mais on peut pas le nier.

Même Madame Irma-INSEE ne l'avait pas vu venir. Du coup, droite dans ses bottes Madame Irma-INSEE casse l'ambiance en nous disant qu'il ne s'agit que d'une "stagnation de la hausse"...
C'est marrant, cette expression me rappelle celle d'un certain Nicolas S.

Pourtant, cette "non-hausse" est assez logique.
Elle coïncide avec certains signaux favorables observés ces dernières semaines:
- bonne tenue de l’intérim depuis octobre (+4,6% en 6 mois),
- rebond de la production industrielle en avril,
- légère reprise des embauches en mai

On est encore loin de l'inversion des courbes mais ce hoquet, c'est mieux que rien.
Surtout après l'explosion du début du printemps.

A noter aussi juste comme ça en passant que ce sont près de 33 000 qui jeunes auront été embauchés dans des emplois d’avenir fin juin.
Quant aux contrats de génération, après un lancement en mode diesel, le turbo vient d'être enclenché.

Allez! Courage bordel de merde (oups)!
Ça va le faire!

Li(gu)ons-nous!

http://www.chomage.gouv.org/2013/06/communique-de-presq-special.html

http://www.idf.direccte.gouv.fr/IMG/pdf/communique-de-presse_Ile-de-France_mai_2013.pdf

http://www.jegoun.net/2013/06/chomage-l-de-la-courbe.html

http://feedproxy.google.com/~r/Sarkofrance/~3/R7T3XOViUaM/RSA.html
J'ai toujours pas compris pourquoi tous les liens de tous les billets de Sarkofrance sont en feedproxy... Mai bon c'est pas grave. Tous les liens mènent chez Sarkofrance.

Billet chômé et actualisé depuis un iPhone

25/06/2013

Barroso
Le 7 février 1992, j'avais 13 ans.
Le 7 février 1992, le Traité de Maastricht était signé par les Etats membres de la CEE. 

Aujourd'hui, quand j'enseigne la naissance de l'Europe à une élève de 5ème-4ème, le sigle CEE n'apparaît même pas dans son manuel.
Tout au plus, il est mentionné dans le lexique.

Je crois pouvoir dire que j'ai grandi avec l'Europe. Matin, midi et soir, à tous les repas et en dolby surround.

Car finalement, j'ai l'impression que depuis le traité de Rome en 1957, les plus grandes avancées en termes de politique européenne se sont faites depuis depuis ce 7 février 1992.
J'ai l'impression d'avoir grandi avec l'Europe et pour autant, je n'en parle jamais sur ce blog. C'est un peu comme si c'était un état de fait et que je n'avais rien à dire sur le sujet.
Et pourtant, ce n'est pas parce que je dis rien que je suis une Eurosceptique comme on dit. Je ne suis pas non plus favorable à une sortie de l'Europe comme Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan.
Non.

Je suis française et européenne. Politiquement européenne.
Sauf que.

Depuis quelques années, depuis la crise, depuis Merkel, depuis Sarkozy, j'ai l'impression que l'Europe, telle quelle, est devenue un problème.
Un putain de problème.

Pas un matin sans qu'on nous dise que la France s'est fait rappeler à l'ordre, que la Commission Européenne a taclé telle ou telle politique, que Bruxelles n'est pas contente, que ça va barder, que ça va chier si on fait pas ce que sa majesté Bruxelles a dit ou ce que sa vassale Merkel a décrété.

J'ai considérablement ralenti le blocage ces derniers temps.
Bah oui. Je ne suis plus chômeuse.
Je travaille moi Madame! comme il est coutume de dire aux chômeurs (vécu et véridique).
Mais je lis les copains, j'écoute les infos.
J'ai redécouvert Euronews le matin sur France 3.
C'est ça ou Télématin, faut pas déconner.
Europe, Euronews.

Et depuis 24 heures, j'entends pas mal de conneries sortir de la bouche de José Manuel Barroso.
Le chef tout puissant.

Voilà-t-il pas que le brave homme a fait d'Arnaud Montebourg "le carburant du Front National". M'est avis que c'est lui, Barroso, le carburant du Front National.
Mais comme il doit avoir du mal à l'assumer, il cherche un autre responsable. Manque de bol, il a tapé à côté.
Barroso ne voit pas plus loin que le bout de son nez. La contestation monte de partout et ce cher Monsieur nous prend tous pour des cons en criant haut et fort que c'est nous, pauvres ignorants, qui n'y connaissons rien.
Donc, on n'aurait pas le droit de critiquer la politique européenne.
La belle affaire!

Je suis une Européenne convaincue. Je suis pour l'Europe. Mais pas pour celle de Barroso.
Et alors?

Mais si j'en crois Môssieur le Président de la Commission Européenne, si je suis contre "son" Europe, ça veut dire que je suis contre l'Europe tout court.
Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous, comme disait l'autre.
C'est complètement con.

Et au risque de passer pour une hollandolâtre béate, je conclurai ce billet en citant celui pour lequel j'ai fait campagne pendant plus d'un an: 
"Si l'Europe est dédiée à ce qui punit, à ce qui empêche, à ce qui entrave, alors il y aura cette rupture que l'on constate aujourd'hui entre les citoyens et l'Europe. (...) Mais si l'Europe est regardée comme protégeant, accélérant, innovant et investissant, alors les Français comme tous les Européens auront de nouveau la tête tournée vers l'Europe." (source)
Il serait temps que Monsieur Barroso descende de sa tour d'ivoire, retire ces oeillères et ses boule Quiès, et se retire aussi les doigts du cul pour arrêter d'avancer tout seul.

24/06/2013

Il y a quelques semaines, Bernard Tapie nous arrachait une larme en déclarant qu'il lui restait "en tout et pour tout moins que 100 millions" sur les 403 qu'il a touchés en 2008.

Horrible. Trop dure la vie.

Aujourd'hui, 20 Minutes fait l'addition.


Et en effet, c'est vraiment trop injuste.

Donner c'est donner. Reprendre, c'est voler.

Billet arbitré depuis un iPhone.

20/06/2013

Hugues Foucault, illustre inconnu du grand public, maire illustre de Bretagne, s'est illustré hier par une connerie en 140 caractères sur un illustre réseau social.


Illustration parfaite d'un certain imaginaire masculin salace, lubrique et machiste, il a tweeté ça:


Tollé.
Bien joué Hugues! Il y aura un avant et un après tweet.
Avant: inconnu
Après: célébrité twittosphérique.
Mais pas de chance pour lui, sa prose ne fait pas l'unanimité.
C'est le moins qu'on puisse dire.

Il a donc fallu qu'il nettoie l'étron qu'il avait laissé trainer.


Non sans une pointe d'hyperbole hypocrite mais bon.
Enfin, comme chacun sait: sur Twitter, aucun tweet n'est jamais perdu même si son auteur l'a effacé sitôt tweeté.

Mais au-delà de ce tweet, ce qui est intéressant, c'est quand l'imaginaire fantasmatique d'une certaine catégorie d'hommes prend le dessus sur le bon sens et la bienséance.

Chassez le naturel, il revient au galop comme disait ma grand-mère.
Cette histoire de stylo dans la bouche d'une ministre est l'arbre qui cache une forêt de phallus.

Les phallus sont partout:
- stylos
- bananes
- esquimaux
- glaces
- concombres
- carottes
- barres chocolatées
- pailles
- sucettes
- ...etc...

Et s'ils ont le malheur d'atterrir dans la bouche d'une femme, c'est  lâcher de ballons à tous les étages.

(Notez que j'aurais pu écrire "lâcher de purée" mais ma bienséance m'en empêche.)

Rien de nouveau sous le soleil donc.

Ce Hugues Machin-Truc est un beauf salace qui ne sait pas se tenir en public.
Bah ouais, il a oublié que Twitter c'était public.

Le con.

billet sucé depuis un iPhone.

18/06/2013

Radio des blogueurs
Comme l'an dernier, DJ Lolobobo lance la Radio des Blogueurs, saison 4.

"Le principe est simple:
  • Tu choisis ton tube des étés passés, présents ou futurs
  • Tu fais un billet sur ton blog où tu racontes au choix: pourquoi c'est ton tube de l'été, ou l'histoire de ton tube de l'été ou ton souvenir estival qui va avec le tube.
  • Tu fais un lien sur le billet de blog de la radio des blogueurs (pour que Lolobobo retrouve ton blog et ton tube)
  • Et tu linkes un(e) (ou des) copains et copines blogueur(gueuse) pour les inviter à participer.
Après tu ne t'occupes plus de rien, ton blog et ta chanson rejoignent le player de la radio, et tu n'as plus qu'a découvrir et redécouvrir des musiciens pleins de talent (ou peut être pas si plein de talent que ça)."

C'est pas compliqué hein!

Bon, Lolobobo dit que c'est à partir du 21 juin mais comme j'ai plus le temps de bloguer, je m'y colle dès aujourd'hui.

Ami réac: passe ton chemin, c'est une musique de "sauvage".

Donc, j'ai choisi cette année Thunderstruck ("abasourdie" en français) d'AC/DC.

Histoire de se faire un décollement capillaire en cette période de météo schizo où subitement, on crève de chaud après avoir crevé de froid.
Je ne vais pas te raconter ta vie (1. Parce que tu t'en fous, 2. Parce que ce n'est pas dans mes habitudes) mais juste te dire 2-3 mots sur le pourquoi-du-comment j'ai choisi cette chanson.

Ce n'est ni pour le béret de Brian Johnson, ni pour le costard bermuda d'Angus Young... Mais éventuellement pour son pas de danse légendaire.
J'ai découvert AC/DC quand j'avais 14 ans environ. J'aurais pu découvrir AC/DC avec Highway to Hell, comme tout le monde.

Mais non, c'est Thunderstuck qui a été ma révélation, et le début d'un long voyage dans le rock et toutes ses ramifications métal, grunge ou hard...
Et je les trimballe encore aujourd'hui dans mes oreilles.

Enjoy.

17/06/2013

C'est pas moi qui le dit mais Patrick Balkany lui-même
Et on peut supposer qu'en la matière, il maîtrise quelque peu le sujet.
Enfin.... Je suppute...


Merci à Arnaud qui a partagé cette perle sur Facebook.

billet catapulté depuis un iPhone. 

16/06/2013

Je n'ai jamais caché ici que les contrats de génération et les emplois d'avenir m'avaient séduite.
Mais depuis que je bosse là où je bosse, je me suis rendu compte que c'était un peu flou pour beaucoup de gens.
A tel point qu'il n'est pas rare d'entendre parler de "contrats d'avenir" ou d'"emplois de génération".
Donc, en mode billet prémâché, voici deux infographies que je trouve limpides.


13/06/2013

Comme j'aime bien les billets chrono de Jegoun et que cette journée de grève s'y prête, je vais tenter le parcours en mode minutage du porte-à-porte Yerres-Parc du Millénaire à Aubervilliers.


Déjà pour commencer, d'habitude, je mets 1h20 en passant par là:
Chez moi => bus pour la gare de Yerres => RER D jusqu'à Gare du Nord => bus 35 jusqu'à Parc du Millénaire.

Ce matin, j'ai opté pour un départ de Villeneuve St. Georges, choix overstratégique puisque Villeneuve se situe à un embranchement du RER D donc 2 fois plus de trains vont sur Paris.

Esprit logique et mathématique dès le matin, je m'épate moi-même.
C'est parti:
7h32: je claque la porte de chez moi. J'ai chaussé mes Doc Martens: confort, ergonomie et efficacité en cas de randonnée improvisée.

7h42: je suis dans le bus qui est à l'heure. Il semble donc que ce bus B soit plus ponctuel que le F que je prends d'habitude.

7h53: c'est bouché à Villeneuve. Mais grève ou pas, c'est tous les jours pareil. La gare est à 500m.

8h02: Je descends du bus.

8h04: J'arrive sur le quai. L'affichage qui n'est pas en grève  annonce un train pour 8h06.

Le quai est quelque peu congestionné, c'est le moins qu'on puisse dire.
Le risque quand on part de Villeneuve, c'est aussi de pas pouvoir monter dans le train qui va arriver chargé comme une mule, mais bon.

8h07: le train est là.
Mais je reste sur le quai.
Pas moyen de monter. Les gens s'embrouillent, limite ils se montent dessus.
Jour de gloire pour les frotteurs...
J'attends le suivant annoncé pour 8h18.
Monterai-je? Ne monterai-je pas?
Suspense...
Tiens! Le train est annoncé pour 8h20.
Et le quai est, comment dire... overcongestionné.

8h17: Train à l'approche. Je ne peux pas monter. Je ne me laisse pas abattre.
Demi-tour à 180°: un autre train entre en gare.
Il n'est pas bondé.

Gloire!

8h22.

"Pardon Madame, est-ce que je peux m'asseoir ici même si ce n'est pas une place?"
Je parle du truc ajouré tu sais, juste à côté de la fenêtre, à hauteur de siège et fait pour porter les bagages.
Madame y avait déposé son sac Longchamp et son parapluie Burberry.
"On va être serré", me répond-elle.
"Oh non, je ne pense pas, c'est aussi large qu'une place."

C'est un peu fait pour poser les valises le truc. Elle aurait aussi vite fait de me dire que j'étais plus large qu'une valise, ça aurait eu le même effet.
Bref.
En même temps, quand je vois les gens dans les allées ou sur les quais, je préfère encore être à la place d'une valise à côté d'une Marie-Chantal qui vérifie toutes les 5 secondes que je suis pas en train de lui écraser ses escarpins Bally avec mes gros croquenots made in London.

Ils sont drôles les gens. On pourrait presque faire "la chenille qui redémarre" dans les allées de la rame pendant que d'autres voyageurs sont compressés comme des poulets de batterie à l'entrée des rames.


Peut-être qu'ils kiffent le contact, le frotti-frotta après tout...

8h42
: Gare de Lyon pointe le bout de son nez.

Phase 2 de la guerre du rail.

8h43
: ouverture des portes. Armement des toboggans.

8h49: RER A direction Châtelet.

8h53: RER B direction Gare du Nord.
Tout s'enchaîne tellement vite: Je ne sais plus où donner de la tête.

Donc en temps normal, à cette heure-là je suis déjà arrivée.

9h00
: lâcher de fauves en Gare du Nord.

9h01: j'attends le bus 35 rue du Faubourg St. Denis.
Je n'ai pas transpiré, je n'ai tapé personne et j'ai même souri à une nana sympa.
Je suis fraîche comme la rosée.
J'écoute Midnight Oil.

Ça pourrait être pire.
Bon enfin attends hein, je suis pas arrivée encore.
9h04: welcome on board bus 35.
C'est parti pour une vingtaine de minutes de voyage.

9h30: je franchis les portes du Millénaire. J'ai mis 40 minutes de plus que d'habitude.

Autrement dit: que dalle dans une vie...


Billet téléporté depuis un iPhone.

12/06/2013

Si l'intention est louable, je doute de son efficacité.
La LICRA vient de lancer une appli iPhone pour détecter les tags et autres fioritures urbaines à caractère raciste.

L'idée est simple: 
- Photographier le gribouillis raciste
- Géolocaliser le machin
Et la LICRA s'engage à ce qu'il soit effacé.
Sur le fond, pas besoin de tergiverser, en revanche sur la forme, je suis perplexe. 
Mais pourquoi pas?

Et toi? T'en penses quoi?



10/06/2013

Les anti-mariage pour tous sont désespérés... Et un peu désespérants il faut bien l'avouer.
Cyril les compare à Don Quichotte... C'est trop d'honneur à mon avis.
Je pense que ce sont des bouffons...
Ils ne savent plus quoi inventer pour faire parler d'eux...

D'ici à ce qu'on en récupère un en haut d'une grue ou suspendu à la Tour Eiffel, y'a pas des kilomètres...

09/06/2013

"Nous souhaitons à Madiba un prompt rétablissement, mais je pense que ce qui est important est que sa famille le laisse partir".
"Toi [Madiba] Madiba, tu es allé à l'hôpital trop souvent. Visiblement, tu ne va pas bien et il se peut que tu n'ailles plus jamais bien.
La famille doit le libérer et Dieu guidera son chemin. Il doivent le libérer spirituellement et remettre leur foi entre les mains de Dieu. Une fois que la famille l'aura libéré, le peuple d'Afrique du Sud suivra. Nous lui dirons Merci, Dieu, tu nous as donné cet homme et nous allons le libérer, nous aussi."
Tels sont les mots, prononcés par Andrew Mlangeni, ami de longue date de Nelson Mandela, à l'annonce de la nouvelle hospitalisation de l'Homme d'Etat, pour la 4ème fois depuis Décembre.

Nelson Mandela
Voie Militante vient de pondre un billet parfaitement con.

Sous prétexte que Serena Williams, qui a remporté Roland-Garros hier, a une musculature "hors normes", en dehors des canons de beauté féminins décidés et fantasmés par les hommes, notre cher Denis, que j'appellerai désormais Denise, histoire de me mettre à son niveau, a commis ça:


Le 1er argument de l'IMC est complètement con. On saluera et on compatira avec toutes les femmes en léger surpoids qui lisent ce billet de bon matin.

Mesdames: vous êtes des tas, mettez-vous au régime si vous voulez plaire à Denise.

Madame Moustache:
Donc, si tu es sportive, que tu kiffes la gonflette, que tu kiffes quand ton dos est tellement gonflé qu'on ne voit plus ton cou: tu es un mec. Il ne te manque plus que la moustache.

Mesdames: si vous êtes gaulées comme Serena Williams, c'est que vous avez un problème identitaire et que vous êtes un keum.

Denise achève son billet sur une question qui pue le cliché à plein nez:
"Serena Williams a hier fini son match sur un ace à 200 km/h !!! Quels sont les joueurs du tennis masculins en capacité de frapper aujourd’hui à cette vitesse là?"
Comme je suis bonne joueuse, je vais lui répondre:
En 2004:
Andy Roddick => 249 km/h
En 2010:
Samantha Sostur => 208 km/h
En 2011:
Ivo Karlovic => 251 km/h
En 2012: 
Milos Raonic => 237 km/h 
Julia Görges => 202 km/h 
Samuel Groth => 263 km/h
Les propos de Denise sur ce billet ne sont pas sans me rappeler les polémiques scabreuses autour du test de féminité qui avait été imposé à Caster Semanya en 2010

Finalement, c'est ça le lot quotidien des femmes:

Quand elles sont performantes, elles doivent prouver qu'elles sont bien des femmes.
Dès qu'elles sont plus fortes ou aussi fortes que les hommes, ça sent le roussi, et ces messieurs ont des doutes.

Par contre, quand un mec a une musculature douteuse, quand il est capable des performances les plus inhumaines surhumaines, pas de place au doute: le type est simplement très fort, très viril, admirable.
Quant à toi, petit coq d'1m80 pour 72 kilos tout mouillé, tu n'es qu'une femmelette, et tu es prié de te pointer à 14h15 pétantes chez le médecin du tournoi pour te prêter au test de masculinité afin qu'on soit sûr que tu es un homme: un vrai.
Voilà ce que nous dit en substance Denise de Voie Militante, adhérent acharné envers et contre tous de la charte de bonne conduite des blogs, celle qui prétend entre autre ne pas attaquer l'intégrité physique des gens, partisan de la vraie gauche: celle qui est ouverte, progressiste, qui va de l'avant, qui combat les inégalités et les stéréotypes.

Formidable.

Message personnel pour Denise: je soulève de la fonte 3 fois par semaine, c'est grave docteur?

07/06/2013

gender studies
Source
Ces deux derniers jours, deux billets m'ont interpellée.
Celui de Jegoun sur le genre pour les nuls. Non seulement il m'a interpellée, mais en plus il m'a fait rigoler.
Et puis, en écho, il y a eu celui de Rosa sur les bébés, les couleurs et le genre.

Si j'ai bien compris, Jegoun essaie d'expliquer aux réacs (déjà ça se complique) le pourquoi du comment du genre, et surtout, pourquoi ce n'est pas une "théorie".
Rosa se demande quel est l'intérêt des deux:
  • l'intérêt du genre
  • l'intérêt d'essayer de raisonner des réacs.

Je vais donc évidemment en rajouter une couche, en essayent d'éviter que cette couche devienne une tartine.
Suzanne et Didier seront donc ravis à n'en point douter, si j'en crois les commentaires qu'ils ont laissés sur l'autre billet de Jegoun.

J'ai aussi lu des trucs complètement loufoques chez Corto. Mais comme je suis sur l'iPhone et que je n'ai pas le lien sous le coude, je te laisse chercher la théorie de Corto sur la théorie du genre.

J'ai aussi eu l'immense plaisir d'aller lire les conneries de l'Observatoire de la théorie du genre initié par l'UNI. Là non plus, je n'ai pas le lien, et comme il est 23h24 et que ce billet a été commencé ce matin dans le bus 35 à 8h42, débrouille-toi hein.

Donc si on mixe les théories de Corto avec celles de l'UNI, les socialos sont rien que des affreux qui veulent gommer le sexe biologique des gens pour qu'on devienne tous asexués, ou hermaphrodites, c'est selon. 

Bullshit!

Déjà pour commencer, la "théorie" du genre n'existe pas. Le genre n'est pas une théorie. C'est plutôt un outil sociologique qui permet d'envisager les inégalités de sexes sous l'angle de la construction sociale des identités sexuées.
Grâce à cet outil, on élabore des constats, des conclusions, après avoir mené une étude.

Donc la théorie du genre n'existe pas. Mais les études sur le genre: oui.

Et, ami réac, tu vas être content: ces études nous viennent des USA: ce sont les gender studies.
Mais "gender theory", je connais pas.

Tout le problème vient de ce vocable qui n'a pas d'équivalent satisfaisant en français.

Car de l'anglais vers le français, on a: gender = genre.
Mais du français vers l'anglais, on a: genre = kind ou type, ou encore sort of.

Et pour nous, en français, le genre c'est le genre grammatical ou le sexe biologique: masculin ou féminin. Rien d'autre.


Quant au mot "théorie", il évoque un truc improbable quand ce n'est pas carrément fumeux.

Tiens! D'ailleurs, l'Australie vient d'adopter le genre neutre pour celles et ceux qui ne se sentent ni hommes ni femmes, et ce, malgré ce que la nature leur a placé entre les jambes. Il faut dire que l'Australie avait déjà mis en place sur ses documents administratifs, la possibilité de cocher "X" ou "Autre" quand il s'agissait de renseigner son sexe.

Donc, avec ce problème de traduction, on en arrive vite à la conclusion que genre = sexe. Sauf que non.
Parce que le genre dont je te parle moi, ce n'est pas le sexe biologique, mais la construction de l'identité socio-sexuée: celle que la société nous inculque ou nous impose en fonction de notre sexe biologique.

Celle qui fait que parce qu'un individu naît avec un service 3 pièces entre les jambes, on va tolérer qu'il soit brutal, on va lui mettre des pantalons, on va lui apprendre à se défendre et à ne pas pleurer, on va estimer qu'il a besoin de se défouler...

Celle qui fait que parce qu'un individu naît avec un abricot entre les jambes, on va lui interdire la brutalité, on va lui faire porter des robes même quand il fait 4°, on va lui apprendre à cuisiner comme maman, on va trouver normal qu'elle pleure parce qu'elle est "naturellement" plus fragile, on va lui apprendre à rester calme et douce pour pas qu'elle devienne un "garçon manqué" (genre un faux garçon, un garçon raté...)

Dans les commentaires du billet de Rosaelle, que je n'ai pas réussi à commenter parce que mon iPhone en avait décidé ainsi, elle écrit:
"Ces études n'amènent rien de concret."
Et je voulais répondre:
"Donc ma thèse n'apporte rien et mes 6 années de gender studies non plus. La boucle est bouclée".  
Et Rosa ajoute:
"Et ça combat quoi? le machisme? Faut voir ce que ça suscite comme réaction: j'ai + l'impression que cela les renforce...
Je m'interroge sur ce raisonnement. Doit-on arrêter de défendre quelque chose parce que ça ne fait que renforcer certaines positions contraires aux nôtres?

Toujours est-il que c'est en prenant en compte le genre comme outil d'analyse des construction socio-sexuées qu'on arrêtera (un jour...) de penser qu'un mec qui se teint en blond platine ou qui porte du rose est une tantouse, ou qu'une femme baraquée, les cheveux courts et qui porte des Doc Martens est une goudou.

Et c'est en arrêtant d'enseigner aux garçons que seul le prince forcément charmant peut sauver la princesse forcément greluche et prisonnière, que l'égalité entre hommes et femmes fera son chemin dans les mentalités des plus petits... qui deviendront grands.

Bonne nuit.

05/06/2013

réserve parlementaire
Le cumul des mandats... Encore et toujours.
Voilà pourquoi je suis contre.

Nicolas Dupont-Aignan est maire de Yerres.
Il est également député de la 8ème circonscription de l'Essonne.
A ce titre, il dispose donc d'une réserve parlementaire de 130 000€.

Et selon Le Parisien, voici ce qu'il en a fait:
  • Yerres. Ravalement des façades du Casin de Caillebotte. 50 000 €.
  • Yerres. Réhabilitation de l’école élémentaire Victor Hugo. 45 500 €.
  • Brunoy. Aménagement de sécurité et d’embellissement de 3 places publiques. 30 000 €.
  • Montgeron. Judo Club. Achat d’un véhicule d’occasion. 3 000 €
  • Montgeron. Les amis de Ferdinand Buisson. Voyage au Québec. 1000 €
  • Montgeron. Société d’histoire locale. Publication d’un ouvrage sur JC. Gatinot. 1500€
  • Vigneux. Association Illimi da Bani. Matériel informatique. 2 250 € 
Pour info, Montgeron est une ville de gauche, Brunoy et Vigneux deux villes de droite.

Je vous laisse faire les calculs... C'est éloquent.

Et un peu affligeant aussi.

04/06/2013

La bouche pleine
On n'a parlé que de ça aujourd'hui: la réforme du quotient familial.
Certains ont applaudi des 2 mains, d'autres ont crié au loup parce qu'ils en ont ras-le-bol qu'on dise qu'avec 5000€, t'es riche, t'es un cheuri, un bourge.
Ils ont raison.
Pas de crier au loup hein, mais d'en avoir ras-le-bol qu'on les considère comme des riches dès lors que leur foyer gagne plus de 5000€ nets par mois.

Parce qu'ils sont pas riches, genre pété de tunes. Non. Ils sont "favorisés", pour reprendre l'expression d'un militant socialiste interviewé ce matin sur France Info.

Mais finalement, tout le problème, c'est de savoir:
  • "C'est quoi un riche?"
  • "C'est quoi la classe moyenne?"
Seb explique pourquoi cette notion de classe moyenne n'existe pas... ou plus:
"Se définir "de la classe moyenne", c’est souvent excessif ou réducteur. Perso, j'ai une grille plus simple: on est riche ou pauvre. A ces deux catégories s'ajoutent les très riches et les très pauvres."
Il a raison. 
Comme je l'écrivais déjà ici:
"Selon l'Observatoire des inégalités, on appartient à la classe moyenne quand on touche un salaire net mensuel compris entre 1 200 et 1 840€ pour des temps complets. Ce qui paraît assez logique puisque la moyenne serait donc de 1 520€ nets, soit 400€ de plus que le SMIC et que 39% de la population gagne moins.

Logique mais flippant."
Finalement, le vrai problème c'est d'être considéré comme riche dès lors qu'on est au-dessus de 2500€ net par tête. C'est bien ça le problème: que 80% de la population soient en dessous de 2500€ nets par mois.

Voilà le vrai problème.

Donc on est toujours le riche ou le pauvre de quelqu'un. Sauf qu'à 2500€ nets par mois, même si on n'est pas pété de tunes, il faut admettre qu'on est plus riche que 80% de la population.

Entre le début de ce billet et sa fin imminente, j'ai dîné (et un peu bu aussi) avec mon père. Pas franchement de gauche, pas vraiment de droite, un peu centriste sur les bords, il m'a dit:
Lui - "Faut arrêter hein. C'est bien ce qu'il a fait Hollande aujourd'hui. Y'en a qui n'en ont pas besoin de toutes ces aides. C'est normal de réviser le quotient familial."
Moi - "Oui mais les 15% qui sont concernés par cette réforme, et bah ils gueulent."
Lui - "Oui ben y'en a ras-le-bol de ceux qui braillent la bouche pleine"
J'ai bien aimé cette figure de style. Mon père est un pro en la matière. Et pourtant. Il est concerné lui: par la réforme du quotient familial, par une réforme des retraites qui ne saurait tarder, et sans doute par une ponction des retraites comme la sienne.
Et bien, alors qu'il n'est pas franchement de gauche (et c'est un euphémisme crois-moi), il trouve ça normal.

Et il m'a dit qu'il était hors de question qu'il s’apitoie sur ceux qui braillent la bouche pleine pendant que ceux dont le frigo est vide ferment leur gueule depuis trop longtemps.

Et pour la première fois de ma vie, j'étais d'accord avec mon père sur la politique.

Ça s'arrose. 

A lire aussi: