27/11/2015

"Vendredi 13 novembre, ce jour que nous n’oublierons jamais, la France a été frappée lâchement, dans un acte de guerre organisé de loin et froidement exécuté. Une horde d’assassins a tué 130 des nôtres et en a blessé des centaines, au nom d’une cause folle et d’un dieu trahi.

Aujourd’hui, la Nation tout entière, ses forces vives, pleurent les victimes. 130 noms, 130 vies arrachées, 130 destins fauchés, 130 rires que l’on n’entendra plus, 130 voix qui à jamais se sont tues. Ces femmes, ces hommes, incarnaient le bonheur de vivre. C’est parce qu’ils étaient la vie qu’ils ont été tués. C’est parce qu’ils étaient la France qu’ils ont été abattus. C’est parce qu’ils étaient la liberté qu’ils ont été massacrés.

En cet instant si grave et si douloureux, où la Nation fait corps avec elle-même, j’adresse en son nom notre compassion, notre affection, notre sollicitude, aux familles et aux proches réunis ici, dans ce même malheur. Des parents qui ne reverront plus leur enfant, des enfants qui grandiront sans leurs parents, des couples brisés par la perte de l’être aimé, des frères et des sœurs pour toujours séparés. 130 morts et tant de blessés marqués à jamais, marqués dans leur chair, traumatisés au plus profond d’eux-mêmes.

Alors, je veux dire simplement ces mots : la France sera à vos côtés. Nous rassemblerons nos forces pour apaiser les douleurs et après avoir enterré les morts, il nous reviendra de «réparer » les vivants.

A vous tous, je vous promets solennellement que la France mettra tout en œuvre pour détruire l’armée des fanatiques qui ont commis ces crimes, qu’elle agira sans répit pour protéger ses enfants. Je vous promets aussi que la France restera elle-même, telle que les disparus l’avaient aimée et telle qu’ils auraient voulu qu’elle demeure. Et s’il fallait une raison de nous tenir debout, aujourd'hui, une raison de nous battre pour nos principes, une raison de défendre cette République qui est notre bien commun, nous la trouverions dans leur souvenir.

Ces femmes, ces hommes, venaient de plus de 50 communes de France. De villes, de banlieues, de villages. Ils venaient aussi du monde, dix-sept pays portent aujourd’hui avec nous le deuil.

Ces femmes, ces hommes, en ce vendredi 13 novembre, étaient à Paris, une ville qui donne un manteau de lumière aux idées, une ville qui vibre le jour et qui brille la nuit. Ils étaient sur les terrasses des cafés, ces lieux de passage ouverts aux rencontres et aux idées. Ils partageaient un repas aux saveurs du monde, dans cette soirée où l’automne ne paraissait pas finir. Ils chantaient au Bataclan aux sons d’un groupe américain qui leur faisait l’amitié de se produire dans une salle qui depuis deux siècles incarne l’esprit de Paris.

Ces hommes, ces femmes, avaient tous les âges, mais la plupart avait moins de 35 ans. Ils étaient des enfants lors de la chute du mur de Berlin, ils n’avaient pas eu le temps de croire à la fin de l’Histoire, elle les avait déjà rattrapés quand survint le 11 septembre 2001. Ils avaient alors compris que le monde était guetté par de nouveaux périls. Les attentats du début de l’année les avaient bouleversés. Beaucoup, je le sais, avaient tenu à manifester le 11 janvier, comme des millions de Français. Ils avaient dit leur refus de céder face à la menace terroriste. Ils savaient que la France n’est l’ennemie d’aucun peuple, que ses soldats se portent là où on les appelle, pour protéger les plus faibles et non pour assouvir une quelconque domination.

Ces femmes, ces hommes, étaient la jeunesse de France, la jeunesse d’un peuple libre, qui chérit la culture, la sienne, c’est-à-dire toutes les cultures.

Parmi les victimes du Bataclan, beaucoup avaient fait de la musique leur métier. C’est cette musique qui était insupportable aux terroristes. C’est cette harmonie qu’ils voulaient casser, briser. C’est cette joie qu’ils voulaient ensevelir dans le fracas de leurs bombes. Et bien, ils ne l’arrêteront pas. Et comme pour mieux leur répondre, nous multiplierons les chansons, les concerts, les spectacles ; nous continuerons à aller dans les stades, et notamment au Stade si bien nommé, le Stade de France à Saint-Denis. Nous participerons aux grands rendez-vous sportifs, comme aux rencontres les plus modestes, et nous pourrons aussi communier dans les mêmes émotions, en faisant fi de nos différences, de nos origines, de nos couleurs, de nos convictions, de nos croyances, de nos confessions, car nous sommes une seule et même Nation, portés par les mêmes valeurs.

Que veulent les terroristes ? Nous diviser, nous opposer, nous jeter les uns contre les autres. Je vous l’assure, ils échoueront. Ils ont le culte de la mort, mais nous, nous, nous avons l’amour, l’amour de la vie.

Ceux qui sont tombés le 13 novembre étaient la France, toute la France. Ils étaient étudiant, journaliste, enseignant, restaurateur, ingénieur, chauffeur, avocat, graphiste, architecte, mais aussi charpentier, serveur, photographe, fonctionnaire, publicitaire, vendeur, artiste. Ils étaient les métiers de la France, les talents du monde. Tous voulaient réussir, pour eux-mêmes, pour leur famille, pour leur pays. C’est en nous rappelant leur visage, leur nom, mais aussi leurs espoirs, leurs joies, leurs rêves anéantis, que nous agirons désormais.

Nous connaissons l’ennemi, c’est la haine ; celle qui tue à Bamako, à Tunis, à Palmyre, à Copenhague, à Paris et qui a tué naguère à Londres ou à Madrid. L’ennemi, c’est le fanatisme qui veut soumettre l’homme à un ordre inhumain, c’est l’obscurantisme, c’est-à-dire un islam dévoyé qui renie le message de son livre sacré. Cet ennemi nous le vaincrons ensemble, avec nos forces, celles de la République, avec nos armes, celles de la démocratie, avec nos institutions, avec le droit. Dans ce combat, nous pouvons compter sur nos militaires, engagés sur des opérations difficiles, en Syrie, en Irak, au Sahel. Nous pouvons compter sur nos policiers, nos gendarmes, en lien avec la justice, qui se sont encore comportés de façon admirable pour mettre hors d’état de nuire les terroristes.

Nous pouvons compter sur le Parlement pour adopter toutes les mesures qu’appelle la défense des intérêts du pays, dans un esprit de concorde nationale, et dans le respect des libertés fondamentales. Et puis, et puis surtout, nous pouvons compter sur chaque Française et sur chaque Français pour faire preuve de vigilance, de résolution, d’humanité, de dignité.

Nous mènerons ce combat jusqu’au bout et nous le gagnerons en étant fidèles à l’idée même de la France. Quelle est-elle ? Un art de vivre, une volonté farouche d’être ensemble, un attachement à la laïcité, une appartenance à la Nation, une confiance dans notre destin collectif.

Je vous l’affirme ici : nous ne changerons pas ; nous serons unis, unis sur l’essentiel. Et je salue, ici, devant vous, familles, ces innombrables gestes de tant de Français anonymes qui se sont pressés sur les lieux des drames pour allumer une bougie, déposer un bouquet, laisser un message, apporter un dessin. Et si l’on cherche un mot pour qualifier cet élan, ce mot existe dans la devise de la République : c’est la fraternité.

Et que dire de la mobilisation de tous les services publics pour porter secours et assistance aux victimes, pour accompagner les survivants, pour soutenir les proches. Ces personnels de santé, admirables. Leur action dit aussi ce que nous sommes : un pays solidaire.

Tout ce qui s’est passé depuis le 13 novembre porte la marque de la gravité, de la conscience des défis qui se présentent à notre pays. Ceux qui sont tombés, le 13 novembre, incarnaient nos valeurs et notre devoir est plus que jamais de les faire vivre, ces valeurs.

Nous ne céderons ni à la peur, ni à la haine. Et si la colère nous saisit, nous la mettrons au service de la calme détermination à défendre la liberté au jour le jour, c’est-à-dire la volonté de faire de la France un grand pays, fier de son Histoire, de son mode vie, de sa culture, de son rayonnement, de son idéal universel, du respect et même de la ferveur que notre pays inspire au monde chaque fois qu’il est blessé.
Je n’oublie pas les images venues de la planète entière, célébrant dans le même mouvement, le sacrifice de ceux qui étaient tombés à Paris, comme si c’était le monde entier qui se couvrait de deuil.

Le patriotisme que nous voyons aujourd’hui se manifester, avec ces drapeaux fièrement arborés, ces rassemblements spontanés, ces foules qui chantent la Marseillaise ; tout cela n’a rien à voir avec je ne sais quel instinct de revanche ou je ne sais quel rejet de l’autre. Ce patriotisme est le symbole de notre union, de notre inaltérable résistance face aux coups qui peuvent nous être portés, car la France garde intacte, malgré le drame, malgré le sang versé, ses principes d’espérance et de tolérance.

L’épreuve nous a tous meurtris, les familles d’abord, les Français, quelle que soit leur condition, leur confession, leurs origines. L’épreuve nous a tous meurtris, mais elle nous rendra plus fort. Je vais vous dire ma confiance dans la génération qui vient. Avant elle, d’autres générations ont connu, à la fleur de l‘âge, des évènements tragiques qui ont forgé leur identité. L’attaque du 13 novembre restera dans la mémoire de la jeunesse d’aujourd’hui comme une initiation terrible à la dureté du monde, mais aussi comme une invitation à l’affronter en inventant un nouvel engagement. Je sais que cette génération tiendra solidement le flambeau que nous lui transmettons.

Je suis sûr qu’elle aura le courage de prendre pleinement en main l’avenir de notre Nation. Le malheur qui a touché les martyrs du 13 novembre investit cette jeunesse de cette grande et noble tâche. La liberté ne demande pas à être vengée, mais à être servie. Je salue cette génération nouvelle. Elle a été frappée, elle n’est pas effrayée, elle est lucide et entreprenante, à l’image des innocents dont nous portons le deuil. Elle saura, j’en suis convaincu, faire preuve de grandeur. Elle vivra, elle vivra pleinement, au nom des morts que nous pleurons aujourd’hui.

Malgré les larmes, cette génération est aujourd’hui devenue le visage de la France.

Vive la République et vive la France."

François Hollande, Hôtel des Invalides
Hommage national aux victimes des attentats du 13 novembre
27 novembre 2015

 

26/11/2015

Monsieur Dieu,

Par la présente, je vous informe que votre poste est en passe d'être supprimé. Les nombreux troubles dont vous êtes la cause, le fanatisme que vous provoquez chez certains, la folie vers laquelle vous entrainez certains autres, n'ont que trop duré et doivent immédiatement cesser.

Au nom de la religion et des prétendues épreuves que vous vous amusez à envoyer à celles et ceux qui, contrairement à vous ne sont pas en train de se vautrer dans le lupanar des nuages, mais ont les pieds bien ancrés sur la terre ferme, vous vous permettez tout et n'importe quoi.

Vous ne pouvez plus vous permettre de foutre le bordel dans leurs têtes et dans nos vies comme vous le faites depuis trop longtemps maintenant.

Premièrement, soit vous zigouillez tous-tes les cinglé-e-s qui se font exploser à tous les coins de rue de Bamako à Paris, en passant par Saint-Denis, Tunis ou Beyrouth, soit vous vous barrez loin. Très loin. Vous vous faites oublier d'eux afin qu'on règle la chose nous-mêmes, en toute rationalité.

Deuxièmement, si vous pouviez vous mettre en phase deux secondes avec la France du XXIème siècle et rentrer dans le crâne de vos "fidèles" que la laïcité n'est pas une valeur à géométrie variable et que non, les crèches avec l'enfant Jésus qui se fait attendre 24 jours durant, n'ont pas leur place dans les halls des mairies, vous pourriez éventuellement, je dis bien éventuellement, garder votre job. 

Et encore... ça se discute.

Enfin, d'une manière générale, si vous pouviez vous faire oublier et rester bien au chaud dans l'espace privé, ça ferait du bien à tout le monde, surtout aux athées qui commencent à en avoir plein le dos de vos conneries.

Bien cordialement nom de Dieu,

Elodie Jauneau

16/11/2015

Ainsi donc, ces trépanés de Daech, ces fous de (pseudo)Dieu se sont félicités du carnage qu’ils ont commis à Paris et en banlieue. Ainsi donc se sont-ils réjouis d’avoir porté atteinte à notre mode de vie qui veut que le vendredi soir, nous exaltions notre dépravation jusqu’à écouter du rock, se trémousser dans une salle de concert, oser boire comme des trous aux terrasses des cafés… Voire, sacrilège, se vautrer dans le sexe.

Tel était en substance le contenu de leur communiqué d’autocongratulation.

Aujourd’hui, après un week-end entier à nous abreuver de dépêches AFP, à nous réconforter les uns les autres, à commémorer à la hauteur de nos modestes moyens la mémoire des victimes qui, pour la plupart, n’avaient pas 30 ans, après des hommages, des minutes de silence, des embrassades et des rassemblements envers et contre toutes les interdictions, après un discours de combat du Président de la République, nous nous sommes relevés. 

Nous sommes debout
Nous resterons debout.
Nous combattrons debout la barbarie, nous garderons la tête haute.
Nous continuerons à sortir le vendredi soir, à danser, à chanter, à boire et à baiser.
 
Qui eut pu imaginer qu’un jour, vivre, vivre pleinement, profiter de sa jeunesse, serait devenu un acte de défiance vis-à-vis d’une poignée de cinglés qui n’ont de croyants que le nom ?
Qui eut pu imaginer qu’on entrerait en guerre au nom de notre de mode de vie, de nos plaisirs du vendredi soir, de notre appétence pour le sexe, l’alcool et le rock’n roll ? Bref, de la liberté. 

Nous y sommes.

D’aucuns y trouveront encore à redire pour différentes raisons. Certains penseront que les décisions arrivent trop tard. D’autres trouveront que les mesures proposées par François Hollande sont anti-démocratiques. D’autres encore diront que nous l’avons bien cherché et qu’on récolte ce que l’on sème.


Alors oui, je l’assume : je n’ai aucun problème à être surveillée, fichée, observée. 
Je n’ai aucun problème à être contrôlée une fois, deux fois, trois fois par jour s’il le faut.

Mais je refuse que des cinglés nous interdisent de sortir, danser, chanter, boire et baiser.
Le vendredi soir.
Et tous les autres jours de la semaine.

14/11/2015

 

Comme tout le monde, les mots me manquent. Moi la bavarde, moi la pipelette, je bégaie, je cherche mes mots, je manque de vocabulaire pour verbaliser ce que je ressens. Un sentiment de déjà vu, une forme de fatalité.
La solitude et le désœuvrement depuis hier soir.
L'incompréhension totale face à tant de haine irrationnelle, tant de violence gratuite et dépourvue de toute logique.
Que se passe-t-il dans la tête de tels monstres pour en arriver là?

Depuis hier soir, ma TV est en boucle et les réseaux sociaux tournent sur eux-mêmes, en boucle eux aussi. Facebook a créé une appli pour se signaler en sécurité. C'est bien. C'est rassurant. En pareil contexte, toutes les initiatives rassurantes sont les bienvenues.

Tout le monde est solidaire, à sa façon, avec ses mots, selon ses propres moyens. Chacun exprime comme il le peut son émotion, son soutien aux victimes, sa solidarité avec les forces de l'ordre. Les Franciliens se bousculent aux portes des hôpitaux pour donner leur sang. N'y allez plus, les stocks sont pleins, pour la première fois depuis des lustres. Les riverains des quartiers touchés par ces attaques ont ouvert leurs portes à celles et ceux qui erraient dans les rues hier soir, désœuvrés.

Certains te sautent sur le paletot en te disant que ton tweet est froid, glacial, politiquement correct, que tu tweetes tel un robot sans âme. Certains se muent en police du web, t'insultent même.

D'autres, alors que nous avons tous-tes la gueule de bois après une courte nuit pleine d'interrogations et de doutes, ne laissent aucune place au recueillement:  certains responsables politiques n'ont même pas eu la décence d'attendre que les blessés achèvent de panser leurs plaies, que les familles des victimes achèvent de sécher leurs larmes pour balancer des horreurs sur la toile, tels des hyènes, tels des chacals dont la seule raison d'être en pareilles circonstances est d'attiser la haine et de ne laisser aucun répit, à personne.

Vendredi 13... Quel triste symbole.

Depuis la nuit des temps, les pires tragédies réveillent en chacun de nous ce qu'il y a de meilleur.

Mais hélas, elles réveillent aussi ce qu'il y a de pire.

A tous les indécents, les provocateurs, les propagateurs de rumeurs : allez au diable.




A lire ailleurs :
Chez Sarkofrance - Je suis en guerre 
Chez Bembelly - Attaques à Paris

 

10/11/2015

Loubna MelianeVendredi matin dans l’Essonne, Carlos Da Silva a présenté à la presse la liste qu’il mène dans notre département pour les élections régionales. Immédiatement après que celle-ci a été rendue publique, un déferlement de haine sexiste, raciste et obscurantiste s’est abattu sur notre quatrième candidate : Loubna Meliane.

En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, le FN, le Printemps français, et autres twittos se revendiquant « cathos de souche » (le combo gagnant) se sont engouffrés dans une brèche moisie pour clouer au pilori Loubna Meliane au motif qu’elle fut jadis une Femen.

Ouh là là quelle horreur ! Une femme aux seins nus qui milite pour les droits des femmes !

L’heure n’est plus au débat sur le bien fondé – ou pas – des méthodes employées par les Femen. J’ai moi-même émis des réserves (euphémisme) sur certaines de leurs actions. Et quelles actions !

Voilà bien que depuis vendredi, tout et n’importe quoi circule sur Loubna Meliane. Et plutôt que de mettre en avant son militantisme anti-raciste, et anti-sexiste, les militants 2.0 bas du front ont préféré lui inventer une participation à l’action menée par les Femen à NotreDame de Paris en 2013.

Sauf que, pas d’bol, Loubna Meliane avait déjà quitté le mouvement des Femen à cette époque et que la photo qui circule sur le web depuis samedi n’a rien avoir avec ma camarade essonnienne.

Ces catho-fronto-de-souche ont donc été capables de ressortir une photo mais n’ont pas été capables de « googler » Loubna Meliane, juste pour voir à quoi elle ressemble. Ils se seraient alors rendu compte tout seuls comme des grands que leur hystérie collective est basée sur le néant, le vide, un simple trou béant dans lequel ils se sont engouffrés, tels des chiens enragés.

C’est donc en toute logique, et avec tout mon soutien, que Loubna Meliane a saisi aujourd’hui le Procureur de la République pour porter plainte.
« Candidate aux élections régionales dans le département de l’Essonne sur la liste « Une Ile de France plus Humaine » menée par Claude Bartolone, je crains pour ma sécurité et vous demande donc de mener les actions nécessaires pour mettre fin à cette campagne de dénigrement et de menaces. […]

Mon mari est inquiet, c’est une grosse déception pour ma première campagne de me retrouver au milieu de ce feu nourri d’insultes, soupire Loubna Méliane qui entend combattre pour le droit des femmes. Et quand on voit ce que je subis depuis trois jours, il y a du boulot. Je peux comprendre qu’on ne soit pas d’accord sur mes combats. Mais là, on me traite de pute pour une action à laquelle je n’ai pas participé. Ça montre au moins le vrai visage de l’extrême droite. »
Loubna Meliane a joint à son dépôt de plainte une compilation des tweets les plus sordides que je ne reproduirai pas ici tant ils sont à vomir. Allant de l’insulte « collabeurette », à celle de pute, en passant par les appels au viol et les menaces de mort, les réseaux sociaux sont devenus en 3 jours un réceptacle de haine qui démontre une fois de plus que les combats que nous menons, Loubna Meliane en tête, ne sont pas vains. Loin de là.

Ce billet a été coécrit avec Loubna Méliane, et afin de ne pas dérouler de boulevard aux déchets du web, les commentaires sur ce billet resteront fermés. 

Loubna Meliane

09/11/2015

Vendredi, Jean-Paul Brighelli, cadre du parti de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France (DLF), s'est payé le luxe d'une tribune dans Le Point. Ce cher monsieur est délégué national DLF à l'instruction publique, ni plus ni moins. Enseignant à ses heures perdues quand il ne fait pas de politique ou quand il n'est pas en train de baver dans Le Point, il se vante d'être aussi un excellent pédagogue lorsqu'il anime des réunions publiques réacs à Yerres pour dézinguer la réforme des collèges portée par Najat Vallaud-Belkacem.

Donc, le brave homme a lâché les ballons et, plutôt que de ne se consacrer qu'au fond de la question soulevée en séance à l'Assemblée, il a ponctué son propos d'arguments phallocrates et sexistes (euphémisme).

Florilège :
C'est dans Annie Hall que Woody Allen développe le concept californien de LVS – la ligne visible du slip. Mercredi, Najat Vallaud-Belkacem l'a réactualisé en LVS 2 – ligne visible du soutif. Une stratégie de communication vieille comme le monde – le rouge à lèvres et les pendentifs aux oreilles arborés par Mme Vallaud-Belkacem avaient ce mardi lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, la même fonction « écran de fumée »
Mardi, à la question inquiète d'un député sur l'enseignement de l'allemand, la ministre a opposé son hilarité, un mensonge et son soutien-gorge.
Après tout, on ne peut pas à la fois se passionner pour la lingerie fine et les salons de coiffure et s'intéresser aux 850 000 enseignants placés sous ses ordres.
C'est classe hein? Le sexisme a de beaux jours devant lui surtout si ce cher monsieur, pédagogue de son état, transmet son savoir à nos jeunes bambins.

Et là, tu te dis : 
"Mais pourquoi titre-t-elle son billet avec Nicolas Dupont-Aignan alors qu'elle nous parle de Jean-Paul Brighelli?"
Et bien parce qu'on eût pu imaginer que Nicolas Dupont-Aignan condamne les propos de son pédago-délégué national. Que nenni ! Car il n’a "pas le sentiment d’une remarque désobligeante". Circulez, y'a rien à voir :
"Chacun s’exprime comme il veut, il faut arrêter cette inquisition. Jean-Paul Brighelli s’est simplement moqué de Najat Vallaud-Belkacem".
Ah ben d'accord, c'est juste une moquerie ? Ça veut dire que nous aussi on peut se moquer de Nicolas Dupont-Aignan, critiquer son style vestimentaire au milieu d'arguments de fond, critiquer son physique du moment que c'est noyé parmi quelques critiques constructives?
Je note alors. Je ne manquerai d'en balancer 2-3 bien distillées dans ma prochaine tribune dans le Journal des Yerrois.

Néanmoins, frappé au coin du bon sens, le souveraino-gaullisto-conservo-tradi, a tout de même reconnu que:
"Je me suis quand-même demandé ce qu'il aurait écrit s'il s'était agit d'un homme. Je n'aurais pas dit les choses de la même façon."
Ouf ! L'honneur est sauf.

En revanche, on est quand même en droit de s’interroger sur le niveau d'instruction des autres cadres du parti quand on voit celui du délégué national à l'instruction et le niveau d'indulgence du proviseur Dupont-Aignan, lui qui n'a de cesse de marteler que la qualité de l'enseignement dispensé aux élèves français est au ras-des-pâquerettes. C'est clair que là, le niveau est très très haut. 

Décidément, en se faisant le réceptacle de tous les desperados de la droite extrême, le parti de Nicolas Dupont-Aignan concurrence aujourd’hui ouvertement le Front National en utilisant les mêmes ressorts : on connaissait leurs points communs tel que le rejet de l'autre et le repli sur soi, voici maintenant venu celui du sexisme.

Debout la France devient donc chaque jour un peu plus le nouveau parti de la beaufitude qui a le culot invraisemblable de se référer au Gaullisme.

Encore quelques efforts, la porte du Front National n'est pas très loin.

08/11/2015

Crédit photo : Frédéric Audibert
Si tu suis un peu l'actu des copains, tu n'es pas sans savoir que nous avons dîné avec Claude Bartolone.

Avec Barto. Carrément. On est comme ça.

En même temps, on n'en est pas à notre coup d'essai. On aime bien faire boire les politiques pour leur faire dire des bêtises
Sauf que là, on n'a pas réussi à faire boire Claude qui n'a pris qu'un verre de blanc et une bavette saignante avec des frites. 
Information primordiale, tu en conviendras.

Et donc, il n'a pas dit de bêtises. Bien au contraire. 

Évidemment, comme d'habitude, son auditoire n'était composé que de viles gauchistes : socialos, encartés, non-encartés, écolos libéraux de l'UDE... Mais contrairement aux apparences, ce public pourtant jovial n'était pas 100% Bartocompatible. 

Toujours est-il qu'au terme de cette sauterie, nous étions unanimes pour reconnaître que Claude, le bougre, il connaît drôlement bien les dossiers.
On est loin de l'amateurisme de Valérie Pécresse, du populisme de Nicolas Dupont-Aignan ou du droitisme extrême de Wallerand de Saint-Just. 

Au taquet le Barto.
On a abordé tous les dossiers, on lui a coupé la parole, on a insisté, parfois lourdement, et il s'est prêté au jeu.
Ça a du le changer de certains journalistes qui n'ont pour seul objectif que de pousser les politiques dans leurs retranchement pour créer le buzz.

Contrairement à ce que certaines mauvaises langues pourraient penser, ce n'était ni de l'entre-soi sans intérêt, ni un meeting politique. Il est resté un peu plus de deux heures, on a parlé logement, transports, Grand Paris, Lycées (c'est à ce moment-là que Valérie Pécresse est allée chez l'ORL car elle avait les oreilles qui sifflaient), égalité femmes-hommes, maisons de santé... On a insisté lourdement lorsqu'il tournait autour du pot. 

Bref, on a dîné avec Barto.

04/11/2015

Il y avait longtemps que je n'avais pas consacré quelques lignes à Nicolas Sarkozy.
Il y avait longtemps que je n'avais pas blogué, tout court. Il était temps que cela cesse.
Alors que notre ex-1er flic de France, ex-Président, ex-candidat, trimballe désormais derrière lui une batterie de casseroles solidement ficelée à son arrière-train, il s'est offert plusieurs colonnes dans Le Parisien pour nous servir une soupe aux arrières-goûts frelatés.
Je reprends donc le clavier.
Adepte de la théorie du complot, convaincu que l'Etat la diktatur socialisssss s'acharne sur lui dès que possible, il s'est tout d'abord étranglé (l'histoire ne dit pas si c'est avec un Bretzel) lorsqu'il fut question de l'Affaire dite "Air Cocaïne" : "Le pire, 'c’est que je n’ai jamais fumé de ma vie'". Je laisse le soin à ses proches collaborateurs de lui expliquer ce qu'est la cocaïne et comment ça se consomme. Mais passons.

Il a ensuite dégainé l'artillerie lourde sur la sécurité, sa marotte, son grigris, son hobby, bref, la passion de sa vie.
Et il a décroché le pompon quand il a proposé de privatiser certaines missions de police et de gendarmerie. LA RGPP appliquée à la sécurité : le combo gagnant.

Ainsi Nicolas Sarkozy, bien droit dans ses bottes, a-t-il déclaré qu'il serait de bon ton que les missions de la police et de la gendarmerie soient concentrées sur les vraies missions, les vrais problèmes, les vrais délinquants, la vraie racaille, et que les missions secondaires telles que la surveillance des bâtiments publics, la sécurité dans les trains et les métros ou sur les autoroutes, soient déléguées, dans l'ordre, à des sociétés privées, aux agents de la SNCF et de la RATP et aux concessions d'autoroutes.

Tranquille Emile.

Plutôt que de reconnaître qu'il a commis une boulette (euphémisme) en supprimant près de 12500 postes de policiers et gendarmes entre 2007 et 2012, il rattrape le coup en proposant de combler ces lacunes par une privatisation généralisée des missions de sécurité en France. Bah voyons!

Soyons fous et allons plus loin : 
  • privatisons la justice et les tribunaux. Comme ça au moins, elle sera "vraiment" indépendante et Monsieur Sarkozy ne pourra plus crier au complot.
  • déléguons l’Education Nationale à des entreprises de cours particuliers comme Acadomia. Comme ça, au moins, ces feignasses de profs, seront payées à l'heure de cours, été comme hiver et ne passeront plus leur temps à faire grève.
  • déléguons notre protection sociale à une entreprises d'assurances privées. Au moins, le trou de la Sécu sera rebouché en deux-deux.
Nicolas Sarkozy nage en plein délire sécuritaire fantasmagorique

Je préfère de loin un gouvernement qui répare les bourdes du précédent, qu'un ex-président qui se cache derrière son petit doigt en disant n'importe quoi.
Je préfère un gouvernement qui (re)crée plus de 5300 postes dans la police et la gendarmerie.
Je préfère un gouvernement qui crée 10 000 places de prison supplémentaires après que Monsieur Sarkozy n'ait pas été capable d'en créer 20 000, jamais budgétisées.
J'aime bien aussi l'idée qu'un Gouvernement fasse voter une loi interdisant les instructions individuelles, pendant que l'opposition, dont Monsieur Sarkozy est le chef, vote contre.

Il est mignon Nicolas Sarkozy, hein...