Barroso, l'Europe et moi... Et le point de rupture
- 25.6.13
- Par Elodie Jauneau
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Le 7 février 1992, j'avais 13 ans.
Le 7 février 1992, le Traité de Maastricht était signé par les Etats membres de la CEE.
Aujourd'hui, quand j'enseigne la naissance de l'Europe à une élève de 5ème-4ème, le sigle CEE n'apparaît même pas dans son manuel.
Tout au plus, il est mentionné dans le lexique.
Je crois pouvoir dire que j'ai grandi avec l'Europe. Matin, midi et soir, à tous les repas et en dolby surround.
Car finalement, j'ai l'impression que depuis le traité de Rome en 1957, les plus grandes avancées en termes de politique européenne se sont faites depuis depuis ce 7 février 1992.
J'ai l'impression d'avoir grandi avec l'Europe et pour autant, je n'en parle jamais sur ce blog. C'est un peu comme si c'était un état de fait et que je n'avais rien à dire sur le sujet.
Et pourtant, ce n'est pas parce que je dis rien que je suis une Eurosceptique comme on dit. Je ne suis pas non plus favorable à une sortie de l'Europe comme Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan.
Non.
Je suis française et européenne. Politiquement européenne.
Sauf que.
Depuis quelques années, depuis la crise, depuis Merkel, depuis Sarkozy, j'ai l'impression que l'Europe, telle quelle, est devenue un problème.
Un putain de problème.
Pas un matin sans qu'on nous dise que la France s'est fait rappeler à l'ordre, que la Commission Européenne a taclé telle ou telle politique, que Bruxelles n'est pas contente, que ça va barder, que ça va chier si on fait pas ce que sa majesté Bruxelles a dit ou ce que sa vassale Merkel a décrété.
J'ai considérablement ralenti le blocage ces derniers temps.
Bah oui. Je ne suis plus chômeuse.
Je travaille moi Madame! comme il est coutume de dire aux chômeurs (vécu et véridique).
Mais je lis les copains, j'écoute les infos.
J'ai redécouvert Euronews le matin sur France 3.
C'est ça ou Télématin, faut pas déconner.
Europe, Euronews.
Et depuis 24 heures, j'entends pas mal de conneries sortir de la bouche de José Manuel Barroso.
Le chef tout puissant.
Voilà-t-il pas que le brave homme a fait d'Arnaud Montebourg "le carburant du Front National". M'est avis que c'est lui, Barroso, le carburant du Front National.
Mais comme il doit avoir du mal à l'assumer, il cherche un autre responsable. Manque de bol, il a tapé à côté.
Barroso ne voit pas plus loin que le bout de son nez. La contestation monte de partout et ce cher Monsieur nous prend tous pour des cons en criant haut et fort que c'est nous, pauvres ignorants, qui n'y connaissons rien.
Donc, on n'aurait pas le droit de critiquer la politique européenne.
La belle affaire!
Je suis une Européenne convaincue. Je suis pour l'Europe. Mais pas pour celle de Barroso.
Et alors?
Mais si j'en crois Môssieur le Président de la Commission Européenne, si je suis contre "son" Europe, ça veut dire que je suis contre l'Europe tout court.
Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous, comme disait l'autre.
C'est complètement con.
Et au risque de passer pour une hollandolâtre béate, je conclurai ce billet en citant celui pour lequel j'ai fait campagne pendant plus d'un an:
"Si l'Europe est dédiée à ce qui punit, à ce qui empêche, à ce qui entrave, alors il y aura cette rupture que l'on constate aujourd'hui entre les citoyens et l'Europe. (...) Mais si l'Europe est regardée comme protégeant, accélérant, innovant et investissant, alors les Français comme tous les Européens auront de nouveau la tête tournée vers l'Europe." (source)
Il serait temps que Monsieur Barroso descende de sa tour d'ivoire, retire ces oeillères et ses boule Quiès, et se retire aussi les doigts du cul pour arrêter d'avancer tout seul.

