Auteuil, Neuilly, Passy, tel est notre ghetto
- 16.3.16
- Par Elodie Jauneau
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Il est des quartiers qu'on a coutume de montrer du doigt comme étant des zones où la République n'a plus droit de cité, voire carrément des fantasmagoriques No Go Zones à la sauce Fox News. Banlieues, quartiers populaires, où le chômage explose et où les les jeunes traînent la savate en bas des immeubles...
Et pourtant, il est un quartier où la République recule doucement mais sûrement, un quartier qui vit en vase clos, dans un entre soi feutré et clinquant à la fois, au rythme du claquement des mocassins à glands sur le pavé : ce bon vieux 16ème arrondissement de Paris.
Il est des quartiers, comme le 16ème arrondissement, où on s'assied confortablement sur la Loi SRU qui exige 25% de logements sociaux, et qui vise non seulement à répondre au manque de logements dans la Région mais également à favoriser la mixité sociale.
"Diantre ! La mixité sociale ! Marie-Thé, quelle horreur ! On ne va quand même se mélanger avec les gueux et les barbares !"
Telle est, en substance, la réaction que certains habitants du 16e ont eue pendant la réunion publique de lundi soir au cours de laquelle a été abordée la question de la construction d'un foyer d'urgence près du Bois de Boulogne, pouvant accueillir (seulement) 200 personnes.
Donc oui. Il est des quartiers où la République recule.
Ou plutôt, il existe des quartiers où la République est chassée à coups de sacs à main en croco et où les hooligans ne se cachent pas derrière un keffieh ou une cagoule mais derrière un Carré Hermès.
Il existe bel et bien une racaille des beaux quartiers qui brandit les valeurs de la République quand ça l'arrange, et qui a fait de la solidarité une variable d'ajustement.
"Solidaires oui, mais entre nous ou loin de chez nous."
Par ailleurs, je me pose une question : ne sont-ce pas les mêmes qui vociféraient contre l'accueil des réfugiés, soi disant mieux traités que "nos SDF" ?





