Féminisme vs. prostitution: quel débat?

Depuis que ce blog existe, je n'ai jamais rien écrit sur la prostitution.
"Rien. Zéro. Nada." Comme le dit si bien le commentateur de Monster Garage sur ABMoteurs.
Un comble pour une blogueuse qui se revendique féministe et qui se doit d'avoir un avis sur le sujet.

Mais peut-être suis-je une féministe en carton comme on me l'a souvent balancé dans certains commentaires de certains billets.

Il n'y a pas un féminisme, mais des féminismes. Là-dessus, je crois que tout le monde sera d'accord.

Donc, au risque de m'attirer les foudres des vraies féministes en béton armé, je crois que je suis contre la pénalisation systématique des clients.

Problème: je suis aussi contre la tribune des 343 teubê qui concluent leur cri du cœur cul ainsi:
"Touche pas à ma pute!"
Mais alors, c'est quoi mon problème?

Mon problème, c'est que je n'aime pas du tout le parallèle merdique entre le manifeste des 343 (rebaptisées "salopes" par Charlie Hebdo, ne l'oublions pas) et celui paru hier dans Causeur. Sur ce point, je suis d'accord avec Najat Vallaud-Belkacem. Alors qu'il y a une quarantaine d'années, ces 343 femmes revendiquaient le droit de disposer de leur corps comme elles l'entendaient en déclarant avoir avorté illégalement, nos 343 bouffons aujourd'hui ne revendiquent pas le droit de disposer de leur corps, mais de disposer de celui des autres, à savoir celui des femmes (majoritairement car il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que des femmes qui sont putes).
Il me semble que ça fait déjà une sacrée différence de sémantique.
1er point.

2ème point, l'article possessif "MA pute" me pose un sérieux problème. Et c'est un euphémisme. Sauf erreur de ma part, je n'ai jamais lu nulle part que les putes appartenaient à ces 343 propriétaires auto-déclarés. Et là-dessus, je rejoins sans l'ombre d'une hésitation la déclaration de Morgane Merteuil, secrétaire générale du STRASS:
"Abjecte, enfin, mais dans uns style qui n’a rien à envier aux abolitionnistes que vous prétendez combattre, votre paternalisme, lorsque vous énoncez "touche pas à ma pute" : nous ne sommes les putes de personne, et encore moins les vôtres."
En revanche, et c'est bien là le fond de mon problème, c'est qu'on ne peut pas nier non plus que nombre de prostituées (vous me permettrez de mettre de côté le vocabulaire fleuri de ces 343 crétins) appartiennent contre leur gré à des proxénètes, à des réseaux, à des mafias organisées qui leur imposent la prostitution.
Et donc, double problème, je me retrouve à moitié d'accord avec Basile de Koch, signataire de cette tribune et cher époux de notre illustre Frigide, défenseuse du mariage tradi, un papa, une maman (et une pute accessoirement), on ne ment pas aux enfants. Hier soir invité du Grand Journal, entre 3 conneries, il a balancé un truc juste: celui de se donner les moyens de lutter contre les réseaux mafieux qui traitent les femmes comme du bétail sexuel.
Qu'il y ait des femmes victimes de réseaux prostitutionnels, c'est indiscutable. Mais c'est surtout condamnable et la France doit se donner les moyens de lutter contre ces réseaux. Oui je sais, j'enfonce une porte ouverte.

En revanche (bis repetita), on ne peut pas nier non plus qu'il existe des femmes, des hommes, des trans qui ont choisi de leur plein gré de vivre du sexe, et d'être des travailleurs et des travailleuses du sexe. A ce titre, je comprends aussi leurs revendications. Et par conséquent, je comprends aussi leur inquiétude face au projet de loi qui veut sanctionner les clients.

Hier, TNS Sofres dégainait un sondage. En ce moment, c'est tendance. 73% des personnes interrogées sont pour une responsabilisation des clients. Mais seulement 1/3 de ces 73% sont favorables à une amende. Ils sont plus nombreux à pencher en faveur d'"un stage d'une semaine pour comprendre les méthodes des proxénètes et le trafic des êtres humains" (38%) et en faveur d'une publicité dans la presse qui permette de sensibiliser sur le fait que le corps humain n'est pas une marchandise (31%)."
Je crois que si on m'avait interrogée, j'aurais répondu pareil. Même si je serais curieuse de savoir en quoi consisterait ce stage d'une semaine.

Que des hommes (ou des femmes, même minoritaires) fréquentent des prostituées consentantes, autonomes, indépendantes, et qui n'exercent pas ce métier par dépit, je suis d'accord. Je le dis, je l'affirme.

Clouez-moi au pilori si ça vous chante. 
Que ces mêmes clients soient informés, sensibilisés, sur les conditions de travail de la prostituée qu'ils fréquentent, qu'ils soient informés sur qui va réellement percevoir la somme d'argent qu'ils vont débourser me semble indispensable.

Et que la France se donne les moyens de combattre avec acharnement les réseaux criminels, c'est ça, selon moi, la vraie priorité.

Et pourtant, je suis féministe.
Comment diantre est-ce possible?

La France est officiellement abolitionniste depuis 2011.
Un monde sans prostitution, tel est l'idéal qu'elle défend.
3ème problème: je suis d'accord avec cet idéal.
Mais les faits sont là. Les chiffres aussi. Le STRASS existe et son existence est indispensable.
"Une proposition de loi visant à sanctionner les clients par une amende ou un stage de sensibilisation, sera discutée le 27 novembre à l'Assemblée nationale. Défendue par le groupe socialiste, elle est soutenue par l'UMP, l'UDI et les communistes et fait suite à une résolution rappelant la position abolitionniste de la France votée à l'Assemblée nationale en décembre 2011. La députée Maud Olivier sera rapporteur du texte.
La proposition de loi prévoit la possibilité d'un stage, qui pourrait se faire auprès d'associations qui viennent en aide aux prostituées, afin de prendre conscience de la réalité de la prostitution et des réseaux de traite des êtres humains.
Elle propose également une campagne de sensibilisation six mois avant la mise en place des sanctions aux clients"

Je suis féministe et je pense que l'abolition totale de la prostitution n'est pas la solution.

Comment diantre est-ce possible? 

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56 commentaires

  1. On est d'accord. La tribune est débile mais la pénalisation n'est pas la solution.

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  2. Il faut surtout lutter contre l'exploitation sexuelle de femmes au profit de proxénètes. Pas contre tous les clients... Même si ce n'est pas la majorité, certaines prostitué es font ça en toute liberté. Que fait- on pour celles qui voudraient en sortir ? Que fait-on pour protéger celles qui en sont victimes ? Là sont les questions...

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    1. Nous sommes tout à fait d'accord.

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    2. Tizel et la taulière, il ne fait pas oublier la prostitution contrainte par la précarité notamment chez les étudiants. S'ils perdent leur job, ils perdent le pognon. Le volet social est très important. La lutte contre la précarité doit rester une priorité (mise à disposition de logements et de repas pour les étudiants par exemple).

      Pour les réseaux de proxénètes, il fait bien sur lutter contre mais aussi protéger les filles qui en sortent, leur attribuer des titres de séjour, protéger la famille au pays...

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    3. Là encore nous sommes d'accord. Il ne s'agit pas de prendre le "problème" à sens unique, il faut envisager tous les angles: combattre les réseaux, protéger celles et ceux qui se prostituent par choix, lutter contre la précarité qui peut contraindre à la prostitution et aider en les protégeant celles et ceux qui veulent en sortir. Et sensibiliser les clients aussi.

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  3. On est d'accord aussi!
    Ce manifeste, comme je l'ai dit hier, m'a mise mal à l'aise dans sa forme, + que sur son fond.
    On oublie qu'on ne démantèlera les réseaux en abolissant , on mettra les femmes victimes encore + dans la clandestinité et l'esclavage. C'est ce qui m'importe.
    Je pense que celles qui le font par choix et sans la contrainte sont assez grandes pour se défendre toutes seules.
    Juste une chose: si effectivement, on ne pouvait que pénaliser ceux qui savent qu'ils voient une prostituée victime de la traite et de réseaux mafieux, ce serait sans doute une bonne chose mais comment le savoir? Les clients peuvent-ils avoir les moyens de se rendre compte que cette femme est prisonnière d'un réseau?

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    1. Merde, je viens de réaliser que je ne t'avais pas linkée.
      Je le fais de suite et je reviens.

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    2. Maintenant que je t'ai linkée, je te réponds. Informer les clients reviendrait à légaliser la prostitution et à sortir de la posture abolitionniste. J'imagine - mais je suis vraiment dans l'imagination là - que si la prostitution était encadrée par l'Etat, il serait possible de veiller au contrôle des prostituées et à la suppression des réseaux.
      Celles qui le font sciemment, je ne suis pas d'accord avec toi, je ne pense pas qu'elles soient assez grandes pour se défendre toutes seules: on les entend trop peu, elles sont marginalisées à cause des tabous qui gravitent autour de la prostitution et de l'hypocrisie qui veut que la conscience morale ne peut pas admettre que certain-e-s soient VOLONTAIREMENT prostitué-e-s.

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    3. Oui, ce doit pas être le coming out facile, j'imagine. Bon, il y a le STRASS et c'est ce que disent certaines. Pas toutes, c'est sûr.
      Mais éduquer les jeunes filles à se prendre en main dès le début, à ne pas subir le sexe comme une soumission, pourrait aider, je crois à ne pas aller pour vendre leur corps en tant que femme ensuite. C'est justement là où le féminisme devrait intervenir, il me semble. Une femme ne devrait pas avoir à se protéger contre les exactions des hommes dans une société évoluée. Mais ça, c'est un travail énorme à effectuer.

      En ce qui concerne la légalisation, ce n'est ni interdit ni autorisé. Mais la législation française en matière de proxénétisme est une des meilleures au monde. Ce sont les moyens qui manquent, et surtout que c'est devenu international.
      Un de mes amis qui bosse à Genève m'a dit qu'ils avaient choppé un réseau clandestin de chinoises, et je crois que le réseau a aussi sauté à Paris.

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    4. Mais je comprends bien tout ce que tu dis et je suis d'accord.
      Je dis juste qu'on doit autant pénaliser les réseaux qu'aider celles qui le font sciemment à la faire dans de bonnes conditions.

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    5. On en revient toujours au même souci: on a besoin de moyens!

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    6. Oui. Et du coup, le projet de loi est trop incomplet.

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  4. Il y a toujours des femmes pour militer POUR la prostitution, sous couvert de ne pas comprendre comment c'est possible qu'il n'y en ait pas. Non mais KOÂ !
    Dans ta blogroll il y a "A dire d'elle" qui explique depuis des lustres que l'on trouvait aussi l'esclavagisme normal comme toi et Rosaelle trouve la prostitution normale.
    Mais vous faites semblant comme les 343 ploucs de la jet set de séparer prostitution "consentie" (ahlala le con-sen-te-ment !) et trafic de femmes. Et prétendez bien que le pauv' client sa bite et ses biftons à la main est la vraie victime.

    Il y avait aussi des esclaves qui niaient l'être quand on a aboli l'esclavage et des rombières comme vous deux qui défendaient le droit de leur mari et maître de donner quelques coups de triques à des trop bronzés et des coups de queue à leurs filles.
    C'est "norme mâle".

    Alors, pour une fois que le gouvernement veut faire quelque chose de bien les leftblogueurs pro-prostitution (pléonasme) en profitent pour faire comme s'ils n'étaient pas d'accord ......."avec tout, hein".

    C'est beau de voir une "féministe" avec une acharnée antiféministe et probablement maquerelle de bordel (vu la hargne qu'elle met à défendre les prosti-tueurs à tout prix) faire quasiment l'amour ensemble.
    Où est Kechicher pour filmer la scène, merde ?
    Vous voulez vous réserver le "droit" de louer vos trois orifices aux pue-de-la-gueule en cas de besoin financier ? Vous trouvez qu'un type bite à la main et biftons dans l'autre aille violer où il veut qui il veut pour du pognon n'a pas être sanctionné alors qu'il finance le trafic et que la prostitution n'existe que pour lui et lui seul ?

    Le projet de loi est très complet pour celleux qui se sont VRAIMENT données la peine de s'intéresser au sujet et qu'on n'a pas d'intérêt dans la prostitution comme c'est apparemment ton cas, celui de Rosaelle et en premier lieu le cas de Jegoun-le-connard puisque ce blog n'est qu'une de ses nombreuses succursales où il entre, sort et fait la loi comme bon lui semble avec les remerciements serviles d'une taulière complètement maquée.

    Comme Stéphanie, franchement tu me dégoûtes et l'autre pétasse itou.

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    1. Merci Euterpe, je n'en attendais pas moins de toi.
      1) où as-tu lu que je trouvais la prostitution normale?
      2) où as-tu lu que j'étais pro-prostitution?
      Enfin merci d'avoir insulté tout le monde sur ton passage, ça élève le débat et ça donne vraiment très envie de discuter.

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    2. Oui , bon ...... Je que je trouve très triste c'est cette Gôche qui abandonne ses utopies : L'utopie de l'égalité des droits humains abandonnée au profit des droits de l'HOMME et puis des droits du MÂLE ...... Et cela au nom de la réal politique ...... Genre : "On ne peut pas empêcher la pluie .... Blablabla ..... On ne peut pas empêcher la prostitution donc réglementons" ........ Et , pour l'hygiéne , faisons contrôler les prostituées par des vétérinaires qui garantiront que la viande et saine et bonne à consommer ....... Parce que c'est cela : de la consommation : la consommation du corps des femmes par les hommes ........ Alors les gens de Gôche qui ne rattent jamais une occasion de dénoncer la marchandisation du monde et le triomphe du fric ...... Tout à coup , voila qu'ils sont pour la pire des marchandisations : celle du corps des femmes en échange de fric , et donc ce fric donnerait le droit de posseder le corps d'un autre être humain ? ....... L'utopie des droits humains est là , abandonnée au nom de la réal politique , celle de la météo machiste qui fait la pluie et le beau temps sur la sexualité des femmes depuis des millénaires .....

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    3. Je m'auto-cite:
      Un monde sans prostitution, tel est l'idéal qu'elle défend. je suis d'accord avec cet idéal."

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  5. "Le client est coupable. Il sait ce qu’il achète ; il consomme.
    Un homme qui achète une fellation dans une cave doit être condamné. Je demande que tout soit fait – et c’est urgent – pour protéger ces jeunes filles. Les clients, ils mentent, ils s’inventent un monde. La prostitution, c’est un gigantesque mensonge ; la prostituée ment, le client ment. L’ouvrier devient patron, le mari célibataire. On a envie de leur dire que ce sont des abrutis mais on est obligée de leur faire des compliments. De devoir supporter ces types, ça me prenait aux tripes. J’aurais pu en tuer un. Je me voyais avec un couteau.

    Tous repartent frustrés. La prostitution, c’est une frustration généralisée. Ils viennent chercher ce qu’ils ne pourront jamais trouver ; ce qui n’existe pas. Pour certains, c’est une forme d’addiction : "il me les faut toutes", en payant ou pas, peu importe. Ça peut être une petite bonne femme de 55 ans, je me souviens d’une dans un bar qui travaillait plus que nous qui étions jeunes. Ça peut être une femme de 150 kilos. Ils ont le pouvoir d’humilier. Les clients sont tous des prédateurs".
    (Témoignage)
    C'est quand même pas compliqué d'aller lire ici : http://abolition13avril.wordpress.com/2013/11/01/rosen-je-me-suis-autodetruite-si-javais-continue-je-serais-morte/
    C'est dans ta blogroll.

    Les clients doivent être pénalisés parce que sont eux les "salauds" ! La preuve le manifeste des 343 salauds qui ne sont que 19 et dont 2 se sont déjà défilés parce qu'en plus ils sont lâches.

    Marteler que "pénaliser le client n'est pas la solution" c'est de la merde dégueulasse qui pue de gros(ses) salauds(opes) foireux(ses). Toute cette bien-pensance de petites bourges maquées n'est que mensonge et hypocrisie et ça ça me dégoûte cent mille fois plus que n'importe quelle connerie d'une Le Pen.

    Ce léchage de cul de clients de la prostitution (comme Goux qui s'en vante) parce que c'est des copains à toi, c'est ça qui est à vomir.
    Pas Marine Le Pen qui CAUSE.
    Marine Le Pen, elle enfonce pas des bouteilles dans l'anus de gamines ou de vieilles en leur giclant sperme ou urine dans la bouche contre une croûte de pain.
    Les clients de la prostitution, ils violent tout le temps tous les jours de toutes les manières les plus abjectes pour du fric.
    C'est ça qui est VRAIMENT gerbant.
    Toi tu vomis pour des mots et pas pour des atrocités.
    T'es quoi comme nana ?
    Et puis Rosaelle. Elle a une fille. Une JEUNE fille. 'tain mais quand on est MÈRE d'une FILLE à moins de la détester à mort et d'être aussi stupide qu'Elisabeth Lévy, on ne vole pas au secours des clients de la prostitution !
    Toute cette complaisance de midinettes pour des misérables, c'est juste honteux.

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    1. Merci de me conseiller des liens qui sont dans ma blogroll.
      Merci aussi de ne pas déformer mes propos. Ce n'est pas parce que je suis d'accord avec certaines déclarations de Morgane Merteuil que ça fait de moi une défenseuse des pires atrocités que tu décris.

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    2. Euterpe, Ta gueule!
      Personne n'ose te le dire, moi si.
      Ta gueule! s'il te plait.
      Merci.

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    3. Ah non! Ça suffit! N'en rajoute pas hein!

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  6. Lis ça : http://www.rue89.com/2013/10/30/appart-contre-sexe-encore-si-avait-violee-dit-police-247060
    Les prosti-TUEURS ne sont pas ces gentils garçons qu'il faut protéger.
    Quant à Rosaelle avec son "puritanisme malsain" (non mais je rêve ! Ou plutôt je la retrouve pareille à elle-même dans ses "meilleurs" moments de combat antiféministe enragé et délirant à la Elisabeth Lévy en pire) qu'elle aille donc tailler des pipes au bois de Boulogne, ça lui fera le plus grand bien. Elle en a urgemment besoin.

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    1. Euterpe, est-ce que tu peux s'il te plaît ne pas insulter à tour de bras les gens qui commentent ici?
      Si tu considères mon blog comme un cloaque, passe ton chemin je t'en prie.

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    2. "Rosaelle avec son "puritanisme malsain"", écroulée de rire!

      Voir Rosaëlle condamner le puritanisme, c'est trop drôle!. Elle devrait s'offrir des vacances en single au baisodrome du Club Med, ça la décoincerait un peu...

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    3. Serait-il possible de discuter sans insulter tout le monde à tout bout de champ. Je sais que c'est un sujet qui peut cristalliser les passions, mais est-ce qu'on peut en parler sereinement ou bien?

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  7. Moi c'est surtout le concept de "liberté de se prostituer" que ces gens placent partout qui me donne envie de mettre des claques. Comment peut-on être libre de se prostituer si on ne donne jamais aux femmes la possibilité d'avoir des boulots assez bien payés pour pouvoir en vivre où on ne soit pas obligé-e de brader sa dignité ou son intimité ? En participant à un atelier chez Pole emploi il y a quelques temps, une femme a dit à l'employée qui nous briefait que c'était complétement hypocrite et ridicule de prétendre avoir fait tel ou tel job pourri parce qu'on avait le choix, que c'était une opportunité de carrière et nanana pour "valoriser" nos compétences, puisqu'en vérité c'était uniquement pour assurer les fins de mois. La plupart des prostituées aimeraient avoir un véritable choix de vie, pour elles il est donc nécessaire de pénaliser les clients. Mesure élémentaire de solidarité.

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    1. Vous dites "La plupart des prostituées aimeraient avoir un véritable choix de vie, pour elles il est donc nécessaire de pénaliser les clients. Mesure élémentaire de solidarité."

      Je n'ai jamais écrit de contraire.

      J'ai dit que je pense que la pénalisation SYSTÉMATIQUE des clients ne me semble pas la meilleure solution.

      Et en ce qui concerne la liberté, comment comprendre la position du STRASS alors? Ses membres sont-ils-elles victimes d'eux-elles mêmes?

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    2. Dans toute situation d'oppression on trouve des formes d'adaptation, ce n'est que mon opinion mais je pense que les membres du Strass se préoccupent avant tout de conserver les avantages qu'ils ont réussit à obtenir, beaucoup sont des hommes et alliés aux macs. Comme c'est écrit sur leur site, ils veulent d'ailleurs la dépénalisation du proxénétisme. Ils ne sont pas solidaires des prostitué-es moins bien loti-es qu'eux. Ils se sont fait une place à peu près confortable et ne veulent pas risquer d'en changer même s'ils sont minoritaires et passent leur temps à minimiser les témoignages des prostitué-es en galère qui souhaitent de l'aide.

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    3. Bon alors, j'ai été victime des déclarations de Mme Merteuil et ses positions sont indéfendables?

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    4. Disons que je peux comprendre qu'elle défende son gagne-pain mais elle tient quand même des propos parfaitement abjects. Dire que les prostituées meurent parce qu'elles ne sont pas reconnues par la société par exemple, alors que des prostituées meurent tuées par des clients violents ou suicidées parce qu'elles n'en peuvent plus. En Allemagne ou en Hollande, pays réglementariste où la prostitution est censée être un job comme un autre, les prostituées n'ont jamais été aussi maltraitées, considérées même pas comme des animaux mais des marchandises jetables...

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    5. Je comprends. Et je le sais aussi. Je ne suis pas dupe. J'ai parfaitement conscience de tout ça.
      Je m'interroge juste sur les quelques rares prostitué-e-s qui revendiquent le droit d'exercer la prostitution. STRASS ou pas STRASS, doit-on leur interdire?
      Et j'insiste, puisque l'une des phrases de ce billet semble occultée par tout le reste: je suis favorable à un monde SANS prostitution. Je crois juste que ce n'est pas possible.

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    6. D'après ce que j'ai lu du projet de loi, le gouvernement ne va pas pénaliser les prostituées qui souhaitent continuer à exercer cette activité. La loi fera juste en sorte que leurs clients soient pénalisés, ce qui devrait dissuader certains d'essayer de les torturer ou de les assassiner. C'est ce qui m'indigne dans les débats actuels : la violence des clients est totalement évacuée. D'accord tous ne sont pas des psychopathes mais la situation de prostitution est en soi d'une violence extrême. Historiquement les prostituées étaient les esclaves des prêtres, des boucs émissaires sacrés chargés d'incarner les forces féminines obscures. La haine des femmes s'est toujours déversée sur elles des façons les plus cruelles qui soient. Je ne crois vraiment pas que ce soit un droit d'être payé-e pour incarner un objet de hargne et de mépris. Que certaines y trouvent leur compte ne doit pas les amener à se désolidariser de celles qui ont vraiment besoin qu'on les protège de cette violence.

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    7. Je suis tout à fait d'accord. Mais on peut comprendre aussi que les rares qui font ça par choix craignent que la pénalisation des clients ne les pénalise aussi. Voilà ce que j'essaie de dire.
      Pour le reste, je suis d'accord avec vous même si Euterpe me prend pour une idiote sans cœur, dont les propos sont à gerber.

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  8. "et qui n'exercent pas ce métier" (J'ai bien lu ce qui est écrit). Ce n'est pas un "métier", mais une "activité", comme cartomancienne ou curé.

    Par conséquent parler de "métier" pour cette activité, c'est déjà se tromper, les mots sont importants et il faut appeler les choses par leur nom. Sinon, pourquoi demain ne devrait-on pas trouver des annonces à Pôle emploi du genre "cherche hôtesse pour bar à champagne"? Et si on refuse le poste on se voit radié aussi? ça peut avoir des conséquences graves, en poussant la logique jusqu'au bout, d'appeler cette activité "métier".
    (Et c'est encore moins "le plus vieux métier du monde", lieu commun qu'on trouve souvent sous la plume de certains à propos et qui perpétue une idée fausse. Le plus vieux métier du monde est "obstétricienne").

    Ce n'est pas parce que certaines femmes (les moins mal loties dans ce secteur d'activité) disent qu'il s'agit de leur "libre choix" que ça l'est effectivement. D'abord l'immense majorité de ces femmes ont eu de graves problèmes dans leur enfance/adolescence, très nombreuses sont celles qui ont été violées, et les études qui ont été faites là-dessus en témoignent). Ensuite, on peut parfaitement comprendre qu'elles préfèrent être putes plutôt que caissières de supermarché, elles gagnent en quelques heures 3, 4, 10 fois plus et ce n'est pas plus chiant que d'être harcelée, coincée et pelotée dans les coins tous les jours par un chef de rayon. Mais si on leur offrait un salaire décent dans des conditions de travail correctes, elles ne pratiqueraient pas cette activité "par choix", elles seraient bien contentes de ne pas se trouver à devoir faire un tel choix, justement.

    A propos du STRASS, pour ce que j'en sais pour l'avoir lu depuis longtemps déjà, ce qu'en dit plus haut Ismène est rigoureusement exact.

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    1. Manquait plus qu'elle ! Oui ! Donnons 3000 euros par mois à toutes les filles ou tous les mecs qui voudraient se prostituer, le problème sera résolu.

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    2. Ah, ça c'est sûr que si les femmes - qui à travail égal gagnent moins que les hommes je vous rappelle - gagnaient mieux leur vie elles seraient moins nombreuses à se prostituer. Mais bon, il est sûr que tant que les enfants ne seront pas mieux protégés et soignés des violences notamment sexuelles des adultes, on trouvera toujours des personnes désireuses d'être brutalisées par leurs partenaires ou de les brutaliser, mécanismes de compensations développés suite aux violences subies.

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    3. Et bien au risque d'en décevoir un grand nombre, Pôle Emploi propose ce genre de "métier", la preuve ici:
      Pôle Emploi de charme

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    4. Pour le coup, ça serrait plutôt "Emploi de charme à Paul emploi, proxénète d'Etat patenté"...

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    5. Jegoun, occupe-toi de ta pomme, veux-tu? Je ne t'ai rien demandé.

      Il suffirait qu'il existe un revenu universel minimum décent, un tantinet meilleur que le RSA, effectivement. ça limiterait certainement la prostitution.

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    6. Il est clair qu'ils-elles sont nombreux parmi les prostitué-e-s à l'être uniquement parce qu'ils ne peuvent pas joindre les deux bouts, c'est évident.

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  9. Jégoun réagit aux commentaires de Floréale .....
    Jégoun a peur de Floréale et sa peur le pousse à réagir .

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  10. On s'emballe à tort sur le titre du manifeste, il me semble. "Touche pas à ma pute" ne signifie pas du tout que l'on s'arroge un droit de propriété sur la pute en question, pas plus que "Touche pas à mon pote" ne signifiait que l'on s'appropriait l'Arabe ou le noir ainsi désigné.

    Et, franchement, s'indigner d'un détournement de slogan, lequel s'est toujours pratiqué et se pratique encore tous les jours, c'est vraiment taper à côté de la cible.

    Sinon, sur le fond (si tant est qu'il y ait un fond dans cette question), je ne vois pas l'utilité d'ajouter quoi que ce soit, tant ce "débat" me semble pipé (oui, je l'ai fait exprès…) dès le départ et, bien entendu, sans aucune solution.

    Dernière chose : j'emmerde Mme Euterpe !

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    1. Ne surenchérissez pas dans l'insulte hein.
      Sinon, je fais une sacrée différence entre "ma" pote et "ma" pute... Et pas seulement dans la voyelle hein.

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    2. Oh mais, entre Mme Mim et moi, ce sont presque des mots doux, vous savez !

      Pour le reste, je persiste à ne pas voir la différence que vous dites (et que vous vous gardez bien d'expliciter, du reste…). De toute façon, c'est insignifiant, dans la mesure où il s'agit d'un simple décalque "clin d'œil". Sans doute un peu gamin, je vous l'accorde, mais c'est précisément ce côté potache qui m'a fait signer l'appel.

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    3. Bon alors ce que je veux dire c'est que "mes" potes, oui ce sont "mes" potes, "mes" amis quoi. Ce sont les miens et pas les vôtres par exemple. Et ils sont aussi les amis d'autres gens, "leurs" amis.
      Par contre, "ma" pute, là non. Et ce pour les raisons que j'explique.
      Quant au côté potache, je considère que ce sujet n'est pas potache. Y compris le clin d’œil aux 343 de 1971 dont les revendications étaient loin d'être potaches.

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  11. 1) l'abolition c'est bien ?

    oui, ça serait formidable de se dire qu'en France (commençons déjà là),
    nul ne serait contraint, par un contexte social ou un mac violent,
    d'en venir à accepter moyennant monnaie d'accorder ses services sexuels et son corps.

    Mais la politique sans idéal perd son sens,
    alors que l'idéal seul, je doute que ça fasse une politique.

    Or j'ai de vives craintes que le texte de loi à venir ne dépasse justement pas l'idéal.

    2) une politique publique de gauche POUR les prostitués, avant d'être contre les clients

    tiens, oui,
    si au lieu de faire des sondages vides de sens à défaut de questions vaguement réfléchies, on se posait celle de ce que serait une bonne loi sur la régulation de la prostitution, avec - soyons fou, voir 1) - qu'on arrive à éradiquer au bout du tunnel la prostitution.

    Protéger les prostitués
    Aider celles en ayant le besoin ou pouvant l'exprimer à en sortir, avec des budgets afférents
    Démolir économiquement et pénalement les macs et les réseaux opaques
    Pilonner les personnes derrière la traite des blanches - j'use à dessein de l'expression, quand on parlait dans les 60's de traite des blanches de la France vers le monde arabe, on criait, quelle qu'en soit la réalité ; désormais, l'import à grande échelle vers l’Europe de l'ouest de jeunes de l'Est, ça fait moins hurler dans les chaumières....

    Bref, qu'on fasse une politique cohérente, qui permette qu'un jour, on puisse faire d'idéaux quelque chose d'atteignable.

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  12. Vous vous êtes faite abuser par le sondage TNS sofres. Sa méthode de questionnement est litigieuse, et donc sa conclusion sans valeur.

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    1. Admettons mais ce n'est qu'un exemple dans mon propos.

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  13. Je ne pense pas qu'on puisse considérer comme fiable le sondage TNS qui affiche 73% d'opinion favorable à la responsabilisation des clients. Leur méthodologie est à mettre en cause. Il faudrait examiner dans le détail ce sondage mais je ne trouve pas trace de sa publication sur internet. Bizarre.

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  14. Consultez plutôt celui là, tout frais, qui dit le contraire. Attention à l'intox.
    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20131128.OBS7496/loi-sur-la-prostitution-comment-le-gouvernement-a-demine-le-terrain.html

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    1. Merci mais je ne crois pas avoir pris pour argent comptant le sondage que je cite...

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