Bosser le dimanche? Merci bien, j'ai donné!

Tiens, voilà un machin dont j'ai pas parlé ici: le travail le dimanche.
Bel oxymore, en ce qui me concerne.

En fait, comme j'arrivais pas trop à me faire une idée au début du sempiternel débat, je me suis tue.
Et puis, en écoutant tous les défenseurs du boulot dominical  (qui sont à peu près les seuls auxquels les médias donnent la parole), j'ai tranché: je suis contre.

Pas pour des raisons religieuses ou familiales, non. J'ose espérer que les gens n'attendent pas le dimanche pour se rappeler qu'ils ont des gosses ou une vieux papa en hospice.
Quant à la religion, je m'en fous. J'imagine que celles et ceux qui ont l'habitude d'aller à la messe le dimanche ont déjà pris leurs dispositions pour pas louper le prêche dominical.

Les salariés qui sont pour annoncent parfois un salaire de 10€ de l'heure pendant la semaine qui grimpe à 25€ de l'heure le dimanche.

Donc les gens bossent le dimanche pour le pognon. Quel scoop!

Mais si leur employeur leur proposait de rester chez eux le dimanche tout en augmentant leur salaire horaire la semaine?
C'est pas possible ça?
Je pose la question.

Que des boutiques ouvrent dans les zones touristiques, j'admets. Et encore. Mais j'admets.
Que des centres commerciaux entièrement dédiés au home sweet home et au bricolage ouvrent tous les dimanches, ça me laisse perplexe.

Je te mentirais si je te disais que je n'ai jamais profité de cette ouverture dominicale pour aller acheter un lit, une planche ou du carrelage.
Mais si tous ces magasins étaient fermés, ça ne bouleverserait pas mon quotidien hein.
J'irais le samedi.

Et puis y'a un truc qui m'agace: le soi-disant volontariat. Comme le rappelle Gérard Filoche:

"il n’existe pas de "volontariat" en droit du travail. C’est toujours le patron qui décide. Aucun salarié ne travaille le dimanche parce qu’il le veut mais parce que le patron le veut. Tout salarié est subordonné. Il n’y a pas un seul salarié de ce pays qui souhaite travailler le dimanche de son plein gré…  C’est la femme pauvre et précaire qui finit par travailler le dimanche. Ou l’étudiant désargenté. Leurs salaires sont trop bas, ils n’ont pas le choix."

Je ne connais pas un seul salarié qui kiffe se lever le dimanche pour aller bosser. Qui kiffe être raisonnable le samedi soir parce que le dimanche "y'en a qui bossent".

Quand j'étais en licence, je travaillais 20 à 25 heures par semaine dans une boutique de prêt-à-porter pour femme d'jeuns et dynamique. 

Et pas n'importe où: au Forum des Halles.
Oui je sais, ça force le respect.

Et bien je n'ai pas eu le choix quand ma responsable est arrivée un beau matin en criant à son armée de vendeuses payées au SMIC:

"Vous vous souvenez qu'on est ouvert tout les dimanches de décembre?"
"Je vous rappelle que vous êtes d'astreinte pendant tous les dimanches des 6 semaines de soldes"
.

Et pourtant.
Et pourtant, on ne vendait ni perceuse, ni carrelage. On n'était ouvert "que" 20 dimanches par an et tous les jours fériés sauf le 25 décembrele 1er janvier et le 1er mai.

Et pourtant. Qu'est-ce que c'était chiant!

Alors, le fait que les heures soient payées double faisait passer la pilule.
Mais personne ne kiffait se lever à 6h du mat pour aller bosser, aller à la gare à pied parce que les bus ne roulent pas le dimanche, faire gaffe à pas louper son train car il y en a moins le dimanche.

Non vraiment, c'est pas kiffant.

Alors commençons par augmenter les salaires hebdomadaires de celles et ceux qui sont payés au lance-pierre et on verra s'ils ont encore "besoin" de bosser le dimanche.
Commençons par leur donner des contrats de travail dignes de ce nom.
Commençons par aider un peu plus les étudiants pour qu'ils n'aient pas besoin d'aller bosser dans des boutiques de fringues plus de 20h par semaine.
Commençons par arrêter de nous ruer dans les boutiques le dimanche. Arrêtons de créer ce besoin.

Et puis, si le travail le dimanche était vraiment interdit sauf cas précis (zone touristique, commerces de bouche, médecine, sécurité... etc.), la question ne se poserait plus.
Mais avec des si... hein...

Et j'ai quand même peine à croire qu'on n'ait pas autre chose à foutre le dimanche.
Et c'est une ancienne chômeuse qui parle. 

Le contexte économique, la crise... tout ça... Ils ont bon dos.

Pas question que je bosse le dimanche.

Source:


Et sinon, si tu passes plutôt tes dimanches en forêt avec ton chien, tu peux aller lire le beau billet de Jégoun:


Billet endimanché avec un iPhone.

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16 commentaires

  1. il y a des métiers ou la notion du travail le dimanche n'existe pas (infirmières, métiers de bouche, spectacle) et ou il n'y a parfois pas de compensation financière à travailler le dimanche .
    Il serait donc intéressant que personne ne travaille le dimanche
    Des lors que certains travaillent le dimanche , ( tiens les infirmieres qui recousent les doigts des andouilles qui ont fait du bricolage)
    nous devrions pouvoir tous choisir de travailler ou non.

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    1. Tiens ! Tu trolles ici, toi ?

      Les chômeurs devraient avoir le droit de travailler aussi. Relis donc le billet d'Elooooody. On ne choisit pas les jours de travail. Le patron les impose. Et évidemment que les salariés acceptent. Un smicard gagne 240 euros de plus par mois, ainsi. Il n'a pas le choix, il est baisé.

      Que le loisir et la sécurité bossent le dimanche, c'est logique. Par contre, le reste, non...

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    2. D'ailleurs, c'est précisément ce que j'ai écrit. Je vais prêter mes lunettes à Fidel pour qu'il lise un peu mieux les billets.

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    3. Je compte sur ta mansuétude ! Fidel est un excellent copain de blog. Tiens '! Il faudrait que j'en fasse un billet. Je résume : un jour, je fais un billet pour dire que je passais des vacances dans le Gard. Didier a dit : vous n'avez qu'à vous faire inviter par les Castor (que je ne connaissais pas). J'ai dit ok. Eux aussi. Le bonheur. Par contre, ces andouilles habitent loin et je ne les vois pas assez souvent.

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    4. Je sais faire preuve d'une grande mansuétude. Surtout ici d'ailleurs!

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    5. Merci Elodie, j'ai zappé le paragraphe en question
      Nicolas, je viens de lire ton billet sur "le chien" mon souvenir d'Elstir remonte a votre passage ( les Goux et toi) au vallard

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    6. Ah oui ! J'avais oublié le nom.

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  2. Arrêté de recopier les fautes d'orthographe de Filoche. Il est pire que moi... Corrige, par pitié.

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    1. Ah merde. Les joies du billet sur iPhone.
      Si tu savais combien de temps ça m'a pris pour le rédiger entre les pertes de réseau et les fausses manip... Et Blogger... Bref.
      C'est corrigé!

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    2. Et merci. je l'avais même pas relu tellement j'ai galéré.

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    3. Bah ! (Le signe de la mansuétude)

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  3. Je partage entièrement ton point de vue.

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  4. Tiens, j'avais zappé?
    Beau billet! (D'actu) ;-)
    (Qu'est ce qu'on rigole)...

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