Jacqueline Sauvage, enfin libre! Merci pour elle. Merci pour elles.

Je suis ravie que Jacqueline Sauvage soit libre, auprès des siens, auprès de ses filles.
L'affect et l'émotion me font dire que François Hollande a pris une sage décision, empreinte de compassion et d'humanité. Oui.
Merci Monsieur le Président.
Oui, il a eu raison de gracier cette femme. D'abord partiellement, ne l'oublions pas. Puis totalement. Il a eu raison de lui rendre sa liberté (si tant est qu'elle puisse un jour se libérer totalement de l'enfer qu'elle a vécu).
Mais gracier n'est pas blanchir. Gracier n'est pas pardonner. Gracier n'efface pas la condamnation.

Car oui, Jacqueline Sauvage a tué son mari. C'est un fait. Et elle a été condamnée pour ça.

Et... On ne peut nier ni balayer d'un revers de main ses multiples condamnations par des jurys d'assises ni les multiples refus de libération qui lui ont été opposés.
À plusieurs reprises, Jacqueline Sauvage a été déclarée coupable de meurtre (et non pas d'assassinat comme on peut le lire ici ou là).
À plusieurs reprises, de nombreuses incohérences ont été relevées dans le récit de son calvaire.
Jacqueline Sauvage a tué son mari. Un mari violent, tortionnaire, pervers, qui a fait vivre à sa femme et ses filles un enfer pendant plusieurs dizaines d'années.

Alors, oui, on peut s'exclamer "Bien fait pour sa gueule à ce gros connard". Oui, on peut.


Mais on peut aussi regretter que cette femme et ses filles aient subi pendant 47 ans les violences de cet homme sans avoir pu se sauver de cet enfer, sans que personne n'ait rien vu ni entendu, sans qu'aucune aide ne leur ait été apportée pendant toutes ces années.
On peut s'interroger sur cette société du chacun pour soi dans laquelle nous vivons. Celle qui fait que nous nous croisons les uns les autres dans l'indifférence générale sans nous soucier les uns des autres.
On peut s'interroger sur cet acte de grâce présidentielle, ce fait du Prince, qui permet à un Président de la République d'effacer en quelques minutes de multiples condamnations et refus de libération émanant d'une justice indépendant et souveraine.

On peut s'interroger sur le pourquoi du comment on en arrive là.

Saluer cette grâce présidentielle et remercier François Hollande ne suffiront pas à faire avancer notre société pour que, plus jamais, nous n'ayons de "cas Jacqueline Sauvage" à défendre, par-delà le cadre légal et judiciaire.

Mais merci Monsieur le Président.

Merci pour elle. Merci pour elles.

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10 commentaires

  1. De rien (De la part de F.Hollande).

    Cordialement.

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  2. Je suis globalement d'accord avec la première partie de ce billet car, contrairement à Nicolas (voir chez lui), je trouve que Hollande, en faisant jouer le droit de grâce, est pleinement dans son rôle de chef de l'État.

    Je suis nettement moins d'accord avec ce qui suit, c'est-à-dire avec cette façon quasi automatique de rejeter sur "la société", sur "les autres", etc. une situation dont cette femme (et ses filles quand elles furent en âge) est au fond la seule responsable. Et je ne vois pas pourquoi on stigmatiserait les voisins pour n'avoir pas agi, alors que la principale intéressée a elle-même laissé faire pendant 40 ans (à ce qu'elle dit).

    Quant à votre chute, elle relève du vœu de Noël : il y aura toujours des gens pour se foutre sur lz tronche, spécialement au sein des couples. Le miracle, à mes yeux, est qu'il n'y en ait pas davantage.

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  3. Elle est belle la séparation de l'exécutif et du judiciaire avec cette décision et celle de Valls concernant la cour de cassation. Faudrait relire Montesquieu.

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  4. Sur le fond je suis à 100% d'accord pour la libérer, elle n'avait rien à faire en prison. Maintenant sur la forme, si c'est l'opinion publique qui rend la justice, je trouve cela, pour le moins, curieux. Les cours d'assises rendent un verdict "Au nom du peuple français". Il y a un décalage dangereux.

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    1. « elle n'avait rien à faire en prison »

      C'est l'évidence même ! Qu'avait-elle fait, à part abattre froidement son mari ? Si on se met à chicaner les gens pour des broutilles pareilles, maintenant…

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  5. Visiblement vous n'en êtes pas revenue de sa libération...

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    1. Arg... hélas... mon job (pas fictif) ne me laisse plus guère de temps pour bloguer.
      Mais je reviendrai... ne vous en déplaise!

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  6. Dites donc, Mam'zelle : en ce moment que votre maire bien aimé est à l'honneur dans les journaux, ce serait peut-être le temps de reprendre du service, non ?

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  7. Je n'ai plus le temps de bloguer mais je suis ravie de voir que je vous manque.

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