Réforme constitutionnelle... Un peu d'audace Monsieur le Président!


La réforme constitutionnelle annoncée par Emmanuel Macron pendant sa campagne est donc dans les tuyaux.
Pour les ministres les plus optimistes, elle sera bouclée avant la fin de l'année 2018.
Pour Edouard Philippe, invité sur France Inter ce matin, ce serait plutôt pour 2019.
Mais qu'importe, vous en rêviez, Manu l'a fait. C'était une promesse de campagne donc c'est bien, c'est beau, c'est réglo.

Sauf que.

Plutôt que de surfer sur un antiparlementarisme primaire et franchement démago ("y'a trop de parlementaires, ils sont payés avec nos impôts alors qu'ils font rien que dormir à l'Assemblée et rien glander sur le terrain, tous des feignasses, tous des pourris... blablabla..."), l'audace - la vraie - aurait été de redessiner la carte électorale, non pour réduire le nombre de parlementaires, mais pour obtenir une parité réelle au Parlement.

Car, comme pour les Conseils départementaux, le seul moyen (encore faut-il avoir le courage de se le donner) d'avoir la parité réelle au Sénat et à l'Assemblée nationale, c'est de changer les modes de scrutins.

Comme pour les Conseils départementaux qui ont vu leurs cartes cantonales redécoupées pour élire un binôme femme-homme et ainsi obtenir des Assemblées départementales parfaitement paritaires, il eût été franchement plus ambitieux de se pencher sur cette question pour notre Parlement, qui plus est quand on a fait de la réforme constitutionnelle une promesse de campagne.

Car, les partis auront beau respecter la parité dans la désignation et l'investiture de leurs candidat-e-s aux législatives ou l'alternance femme-homme dans les listes aux sénatoriales, le mode de scrutin étant ce qu'il est, jamais ces dispositions ne permettront la parité réelle au Parlement.

Par ailleurs, réduire de 30% le nombre de parlementaires n'est ni plus ni moins qu'un effet d'annonce démagogique dont le seul effet sera celui d'une illusion progressiste et moderne et / ou d'une modernisation illusoire de nos institutions.

Quand on sait que certaines circonscriptions sont plus étendues que le Val d'Oise par exemple, ou rassemblent plusieurs dizaines de communes, réduire le nombre de parlementaires, c’est prendre le risque d’avoir des députés encore plus hors-sol que Bruno Bonnell... C’est dire...

Le vrai changement, ce n'est pas 30% de parlementaires en moins. Une vraie réforme présentée comme audacieuse ne doit pas seulement être numéraire et / ou comptable.

Mais encore faut-il se donner les moyens d'être audacieux.

Mais bon... Comme on va encore dire que je suis mauvaise langue, réjouissons-nous, le vote du budget va passer de 70 à 50 jours, 15% de parlementaires seront élu-e-s à la proportionnelle, et il sera désormais interdit de cumuler dans le temps plus de trois fois de suite le même mandat exécutif. Youpi.

Ou pas.

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2 commentaires

  1. Je crains que vous ne confondiez les adjectifs "numéraire" et "numérique"…

    (Ou alors, c'est moi qui n'ai rien compris à ce que vous écriviez, ce qui est possible.)

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  2. On est d'accord pour le projet de Macron. De là à avoir plus de gonzesses députées.

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