Comment dire non à la privatisation d'ADP sans bug ni plantage


J'aurais pu intituler ce billet "Déposer un soutien à la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris pour les nuls", mais ça faisait un peu long... Et ça aurait fait beaucoup de nuls.

Parce que ça y est. On y est. Depuis aujourd'hui, on peut participer au référendum d'initiative partagée et c'est une grande première en France.
Contre la privatisation d'Aéroports de Paris, on a désormais 9 mois pour réunir 4 717 396 signatures (10% du corps électoral), soit un peu plus de 17 000 signatures par jour.

Autant dire que ce n'est pas une mince affaire

Et vu le nombre de bugs et couacs depuis ce matin, faut carrément être motivé pour faire entendre sa voix.
Alors évidemment, on se dira:
On est larges. 9 mois pour signer. 9 mois pour corriger les bugs. Tranquille. Pas de panique.

Sauf que. Quand on voit que le site ne supporte pas la charge et que quand ça bugue, il faut parfois plusieurs heures pour arriver au bout du processus, m'est avis qu'un sacré paquet de gens vont se décourager en mode:
Vas-y, c'est bon, ça me soûle. Ça marche pas leur truc, ça sert à rien.

Du coup, ce qui est marrant (enfin pas vraiment en fait quand on réalise comment on en est arrivés là), c'est que depuis ce matin sur Twitter et sur Facebook, chacun-e y va de son petit tuto, de son petit coup de main pour aider les gens à signer et à remplir le formulaire correctement pour éviter les bugs. Tu vois le niveau. Le bouzin est tellement pas intuitif qu'on en est là.

Ce sont les internautes qui font le S.A.V du site

Alors moi aussi tu penses bien, ce matin j'étais au taquet pour signer le truc.
Déjà, j'ai mis un moment à trouver l'URL du site

Quand enfin:
https://www.referendum.interieur.gouv.fr/
Au début, je dois bien avouer qu'entre mon café et mon croissant, je n'ai pas tout de suite compris où je devais cliquer. Donc, si comme moi, le matin tu es en mode australopithèque, je t'aide. 
Tu cliques là:
https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1
Ouais, je sais, c'est écrit tout petit. C'est à se demander si le Gouvernement ne cherche pas à décourager les gens dès la page d'accueil. Mais faut pas le dire trop fort parce que sinon on va se faire taxer de complotistes paranoïaques.

À cette étape, ce matin, c'était forbidden, erreur 404, not found, aux fraises. Mais là, ça fonctionne. Profitons-en, on a une fenêtre de tir.

Ensuite du coches la micro-case toute petite pour dire que oui tu soutiens

Et là, tu arrives sur LA page qui a fait péter des plombs à tout le monde depuis ce matin. 
Celle qui, pour moi, ne fonctionnait ni sur Safari ni sur Chrome, ni sur téléphone, ni sur ordi. 
Celle qui ne reconnaissait ni la commune où tu votes, ni celle où tu es né.
Donc, je me suis réfugiée sur Mozilla Firefox, et j'ai fini par y arriver en 2 minutes après avoir galéré plusieurs heures. Mais passons.

Entre temps, la solidarité (prononcer "solidaritay") s'est mise en place sur les réseaux sociaux et voilà la recette du succès pour une signature validée en bonne et due forme:

Munis-toi d'une bonne dose de patience et de flegme

Tu peux aussi prendre une clope et un café mais c'est moins bon pour la santé.

  • Désactive ton bloqueur de publicités,
  • Ne mets pas de virgule entre tes prénoms, mais seulement un espace,
  • N'oublie pas les majuscule accentuées aux prénoms,
  • N'oublie pas non plus les majuscules accentuées et les tirets aux noms des communes écrites en toutes lettres (pas de St mais un Saint),
  • Coche les villes proposées dans le menu déroulant... S'il apparaît ! Parce que Chrome par exemple, la suggestion est parfois invisible,
  • S'il n'apparaît pas: n'entre pas le code postal mais le code INSEE de la commune
  • (Et là tu te dis que c'est une vaste blague... mais non),
  • Attention, il s'agit de la ville où tu es inscrit-e-s sur les listes électorales,
  • Comme tu n'es pas une machine, munis-toi de ta carte électorale et recopie les infos sans réfléchir ,
  • En cas d'erreur 404, rafraîchis (la page hein, pas toi),
  • En cas de not found, rafraîchis again,
  • En cas de forbidden, rafraîchis again and again,
  • Recopie le Captcha consciencieusement
  • En cas d'erreur du code de vérification (le captcha avec des lettres et des chiffres le plus long de l'histoire et donc la version audio est inaudible), persévère !
  • Clique enfin sur le bouton bleu "Oui, confirmer mon soutien"

Ensuite, deux cas de figures:

  • Soit tout est OK et tu vois ça. 

Et là tu peux te rafraîchir avec une binouse et inviter toute ta famille, tes amis, tes proches et moins proches à signer.
Et bien évidemment, tu n'oublies pas de retourner sur le site dans 5 à 7 jours pour vérifier que ta signature a bien été enregistrée car comme tu peux le voir
Aucune confirmation de prise en compte de votre soutien dans la liste publique ne vous sera envoyée.

Soit c'est pas OK du tout, et tu vois ça:
Je l'ai chouré à Jegoun car, comme chacun-e sait, je n'habite pas au Kremlin-Bicêtre

Et mon aide s'arrêtera là car, je n'ai pas encore vu passer la solution deux points zéro à ce dernier bug, sinon persévérer en respectant la recette.

Après, tu peux aussi faire ça à l'ancienne en te rendant dans l'une des 2 000 mairies (et ouais... seulement 2 000 sur 36 000) mandatées pour recevoir les signatures. Il s'agit des mairies des villes les plus peuplées de chaque canton.

Tu iras alors y déposer un formulaire Cerfa – téléchargeable en ligne ou disponible en mairie. Un agent municipal se chargera alors d’en reporter les informations sur le site de la collecte en ligne.

Autant te dire que si le Gouvernement avait souhaité décourager la France entière de signer, il ne s'y serait pas pris autrement.

Et sur Twitter, tu peux suivre le compte @ReferendumADP et les hashtags #RéférendumADP ou #3615referendum. Non seulement, tu rigoleras bien. Mais tu te diras que franchement, c'est pas possible d'avoir fait un site aussi merdique.

Vous aimerez aussi

9 commentaires

  1. Bizarrement je suis plus mesuré que toi mais c’est parce que je bosse dans l’informatique. Ils ont des bugs. C’est pas grave. Il faut qu’ils s’assurent de l’identité des gens. C’est logique.

    L’ergonomie est à chier. Les gars ont eu quelques semaines pour monter ça. Les gouvernements précédents ont foiré. Ils auraient dû mettre 5 ou 10 millions sur la table dès que ce machin d’initiative truc a été voté. La démocratie a un coup (et l’informatique aussi : c’est mon job. Une IHM, une base de données fiable, un croisement avec la base des inscriptions sur les listes et celle des CNI. Disons 20 millions. Ils ont fait ça en urgence et ça a sûrement coûté plus).

    Donc bah.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah mais en vrai on est d’accord hein.
      C’est bien l’ergonomie et l’UX le problème.
      La sécurisation est tout à fait normale (encore heureux d'ailleurs)

      Supprimer
    2. Cela dit, se gaver de croissants dès le matin n'est pas très diététiquement correct. Vous devriez essayer les biscottes scandinaves élevées sous la mère (celles qui ressemblent à du carton d'emballage, en moins pratiques quand on veut déménager)…

      Supprimer
  2. On peut aussi tenter le vote à main levée aux résultats truqués comme dans les ag de LFI.

    RépondreSupprimer

Vous qui passez par là, ne restez pas anonyme et choisissez au moins un pseudo.
Et si vous voulez balancer du lien, intégrez cette balise