Syrie: on en est où? Qu'est-ce qu'on fout et où on va?
- 1.9.13
- Par Elodie Jauneau
- 47 Commentaires
La Syrie prend beaucoup de place dans les blogs.
Normal.
On n'est pas tous d'accord.
Encore heureux.
Perso, je ne sais plus quoi en penser.
On est tous d'accord pour dire qu'on ne peut rester là à rien faire, spectateurs passifs de négociations immobiles et d'un compteur de victimes qui augmente chaque jour un peu plus.
Bachar El Assad était une star chez nous en 2008. Il se pavanait sous les Ray-Ban admiratives de notre ex-président et toute l'UMP applaudissait des deux mains, voire des deux pieds.
Sarko checkait Bachar sur le perron de l'Elysée en mode give me five yo c'est cool.
Aujourd'hui, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut qu'il dégage.
Oui mais comment?
Et pour qui?
- Nicolas Dupont-Aignan, 1,79% aux dernières élections présidentielles, expert stratégique, géopolitique et militaire, plaide pour un départ de Bachar El Assad "en douceur".
- L'UMP, celle-là même qui cirait les Berlutti de Bachar en 2008, ainsi que Jean-Luc Mélenchon, exigent aujourd'hui un vote de confiance à l'Assemblée. Jégoun explique par A + B que non, ça ne fonctionne pas comme ça, et je crois que je suis (encore) d'accord avec lui.
- Le FN qui a tendance à voir dans chaque musulman un islamiste en puissance pense que si on intervient en Syrie, Bachar dégagera sans doute, mais laissera place à un régime encore pire.
On dit que François Hollande est mou du genou, qu'il obéit, tel un caniche, au doigt et à l’œil de Barack Obama comme le fit Tony Blair avec George Bush.
Sauf que tout le monde sait que le caniche est un chien con comme une valise qui n'obéit pas. Non parce qu'il est têtu. Non. Juste parce qu'il comprend que dalle.
Je crois que sur ce coup-là, Hollande n'est pas mou du genou. Par ailleurs, je ne pense pas qu'un président, quel qu'il soit, qui approuve ou suit un président américain, soit forcément son clebs.
Mais bon.
Donc aujourd'hui, on en est où? Qu'est-ce qu'on fout et où on va?
La France réclame depuis des semaines une intervention. La Russie et la Chine sont contre. On est kéblo. Et on attend. Et on compte les morts. Et on compte les exactions des deux camps.
La guerre c'est mal. Ça tue des gens.La pluie ça mouille.La belle affaire!
Je crois que je me pose les mêmes questions.
Nicolas Dupont-Aignan propose qu'on négocie avec la Russie et l'Iran. Soyons fous! Négocions.
Négocier quoi, ça, notre expert en géostratégie politique ne le dit pas. Mais allons serrer la pince de ces gentils dirigeants pacifistes et exemplaires, et négocions. Autour d'un bon bœuf bourguignon.
Et un copain s'interroge sur Facebook:
" Si j'ai bien compris si on est pour la guerre en Syrie on est un impérialiste et si on est contre on est munichois. Et si on n'en sait rien on fait comment ?"
Je crois que vais faire mienne cette question. Il fait référence aux propos d'Harlem Désir qui dénonce l'esprit munichois de l'opposition qui rechigne à appuyer François Hollande, davantage par principe que par conviction puisque Jean-François Copé soutenait les propos de François Hollande il y a encore quelques jours.
Pactiser avec l'ennemi, c'est ça l'esprit munichois.
Donc, je résume:
- Tout le monde veut que Bachar dégage.
- La Chine et la Russie sont en mode blocage depuis le début.
- On en est à plus de 110 000 morts.
- La guerre c'est mal.
Donc, qu'est-ce qu'on fout et où on va?
Si l'intervention française et américaine en Syrie est le seul moyen pour que cessent l’hécatombe et les horreurs et que - accessoirement - Bachar El Assad dégage, alors je suis pour la guerre et ça fait de moi une affreuse belliqueuse impérialiste.
Si le départ de Bachar El Assad doit laisser la porte ouverte à des connards d'Al Quaïda, alors y'a qu'à leur remettre un coup de semonce sur la tronche.
J'ai bon là?
Plus sérieusement, comme le dit très justement Romain, si on ne devait invoquer qu'une seule raison pour intervenir en Syrie, ce serait celle-là:
"Rendre les armes chimiques inutilisables dans les conflits sur la planète. C’est la raison essentielle d’une intervention en Syrie."
Alors? On fait quoi?



