Ami-e-s de la poésie: Bonjour!

Mon indic a encore frappé en m'envoyant ce lien:


Au menu donc:
  1. Elle est indisposée
  2. Avoir des couilles
  3. La fée du logis
  4. Un garçon manqué
  5. La ménagère de moins de 50 ans
  6. L'heure des mamans
  7. Le chef de famille
  8. Arrête de faire ta fillette
  9. L'école maternelle
  10. Le sexe faible
Captain Haka me souffle qu'ils ont oublié "Bobonne". Expression qui ne manque pas de charme quand on la masculinise:
"Bonbon a fait les courses et le repas, on va se régaler"
Ce qui est marrant, c'est qu'il y a pas mal de débats sur la féminisation de la langue française en ce moment.

Certains jugent que la pompière est moins crédible que le pompier.

D'autres combattent la grammaire française qui inculque dès les premières années d'école  que "le masculin l'emporte sur le féminin", préconisant alors la règle de "proximité". Sous-entendu: si le groupe nominal se termine par une nom féminin, pourquoi ne pas utiliser un adjectifs de genre grammatical féminin?
Exemple:
"Les blogueurs et les blogueuses sont bavardes"
Du coup, j'ai essayé de trouver d'autres expressions dites "masculines" qui, dès qu'on les féminise, deviennent soit ridicules, soit dévalorisantes ou dégradantes. Et surtout, quand on les prend au sens propre, ça devient surréaliste.

"Je m'en bats les couilles" => "Je m'en bats les ovaires"

Imaginez un homme qui se contrefout de ce que vous lui racontez. Il se lève, baisse son froc et se met à battre ses couilles de gauche à droite d'un revers de main. 
L'image ne manque pas de poésie, vous en conviendrez.
Transposée au féminin, ça devient nettement plus compliqué à imaginer.
De son côté, El Camino semble préférer l'expression "je m'en bats les bollocks". Tout aussi difficile à imaginer, de même que moi qui emploie assez facilement "je m'en bats les reins".

"Elle est bonne" => "Il est bon"

Imaginez deux hommes vautrés dans un canap, regardant une bimbo (tiens! Quel serait donc l'équivalent de "bimbo" au masculin? Bonne question) se déhancher langoureusement à la TV.
"Wouah! Elle est bonne!"
Sous-entendu, "j'en mangerais bien".
Par contre le "Wouah! Il est bon", ça devient plutôt un équivalent de "Il est quand même vachement fort".

"C'est pas un sport de tapette" => "C'est pas un sport de gouine"

On imagine alors que la boxe, l’haltérophilie, ou le kickboxing sont donc réservés aux hommes, aux "vrais", ceux qui en ont (des couilles). Par contre, le sport de gouines, là je vois pas. Pourtant j'ai de l'imagination.

"C'est un grand homme" => "c'est une grande femme"

Un grand homme, dans l'imaginaire collectif, est un homme ayant accompli de grandes choses. Alors qu'une grande femme, on peut juste supposer qu'elle mesure 2 mètres.

"Quelle grosse vache!" => "Quel gros bœuf!"
Éventuellement, on pourra opter pour une conversion en "Gros porc", même si la connotation physique est bien moins évidente.

Et parmi celles que je n'ai pas réussi à "convertir", on trouvera entre autres: garage à bites, sac à foutre, bouche à pipe ou "nique ta mère".

Enfin, les insultes les plus violentes sont souvent liées au sexe féminin: fils/fille de pute, salope, enculé.
Car un salaud est toujours moins discriminé qu'une salope. La pute n'a pas d'équivalent masculin avec le même pouvoir insultant, et "enculer" renvoie à la sodomie donc aux femmes ou aux homosexuels (deux catégories souvent souvent associées à des personnes naturellement plus faibles que les hommes, les "vrais", ceux qui en ont, des couilles).

Et souvenez-vous aussi qu'un "cochon" sera toujours plus "mignon" qu'une "cochonne".

D'autres exemples?

Je crois que je vais aller lire Maupassant, ça va me détendre.

32 commentaires

  1. Oh la vache! Encore une expression...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui! C'est chouette... avec les animaux, y'a de quoi faire hein... Tu peux t'en charger si tu veux;-)

      Supprimer
  2. "Je crois que je vais aller lire Maupassant, ça va me détendre."

    je suis en, train de lire ses chroniques
    un réac infâme

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui mais sur la forme c'est plus classe que ma compil graveleuse ci-dessus hein...
      Et puis, les auteurs du XIXe siècle sont pour la plupart des réacs infâmes, à de très exceptions près!

      Supprimer
    2. Ça va bob? C'est toi?

      Supprimer
  3. À propos de la féminisation absurde des noms de métiers, j'ai lu hier une notice à propos de Mme Trucmuche, chercheure au CNRS. Apparemment, le mot “chercheuse” a disparu des écrans radars et on a oublié de m'avertir.

    Je précis que ce n'était pas dans un torchon modernœud du genre de Libération, mais dans la revue Le Débat, par ailleurs d'excellente tenue. J'ai failli me désabonner aussi sec. Pardon : aussi sèche.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Entendu "architectrice", sur fr.inter.

      Supprimer
    2. Superbe !

      Il faudrait, par effet de compensation, que, du côté de l'armée, on se mette à parler d'un estafet, d'un sentinel et d'un ordonnanc…

      Supprimer
  4. On dit d'une femme courageuse qu'elle est couillue. Je crois que je ne connais pas d'expression plus sexiste, finalement, même si elle n'est pas méchamment sexiste. Quelques discussions avec une internaute qui ne parle de de couilles, ces derniers jours, ont failli me filer des cauchemars. J'avais une vision de personnage de jeu vidéo poursuivi par un essaim de couilles volantes géantes hérissées de poils raides.
    "C'est un grand homme" => "c'est une grande femme"
    On dira d'un résistant : c'est un grand homme, d'une femme résistante: c'est une grande figure de la résistance, oui. Mais un grand scientifique => une grande scientifique.
    Pour moi, Colette et Virginia Woolf sont de grands écrivains, et Angot un écrivain détestable. En fait, je m'en fiche un peu qu'on dise un écrivain, une écrivain, une auteur, une auteure si ça fait plaisir à certains, ça ne nuit à personne.
    "Je m'en bats les couilles" => "Je m'en tamponne l'abricot"
    "Quelle grosse vache!" => "Quel salaud, quel bouseux!"

    Pas d'équivalent féminin à
    "kéké des plages", "grand duduche", "jean de la lune"
    mais "bitard" = "chaudasse"

    Tu veux faire un dictionnaire-traducteur des injures mâle-femelle ? Une encyclopédie ?

    Lettre A
    Abruti = Abrutie

    Andouille = Andouillette (mais attention, andouillette est plus affectueux qu'andouille et peut s'employer au masculin aussi. (éviter la graphie andouillettE.)

    âne (bougre d'âne)= ah ben zut, ça commence mal. Je n'ai jamais entendu traiter une fille d'ânesse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Jacques Martin, jadis, avait surnommé Danièle Gilbert “la grande Duduche”…

      Supprimer
    2. Et Claude Pompidou, c'était comment, déjà ?

      Supprimer
    3. Ah, je ne sais plus ! Mais je me rappelle que Beauvoir était surnommée par certains "la grande sartreuse"…

      Supprimer
    4. Ah ben voilà, je savais que ça vous inspirerait.
      Pour ma part, je suis une adepte des tirets "e-s". Et plutôt qu'une architectrice, je préfère dire "UNE architecte" mais je suis d'accord avec Suzanne: "En fait, je m'en fiche un peu qu'on dise un écrivain, une écrivain, une auteur, une auteure si ça fait plaisir à certains, ça ne nuit à personne".

      Supprimer
    5. Quand on emploie le masculin-neutre type "chez les vieux Anglais, on fait ainsi" ça suppose obligatoirement la mixité, et c'est une écriture neutre. Ce pourrait être écrit aujourd'hui, ou il y a trois cents ans, par un petit garçon qui écrit à sa mère, par une reine, par n'importe qui. En écrivant "chez les vieux-ieilles Anglais-es", on sait tout de suite que c'est écrit par un ou une féministe, et maintenant. Celui qui écrit se place avant le texte, se donne plus d'importance que ce qui est dit, ou prévient qu'il faudra le lire d'une certaine façon. Je n'ai pas vu encore de roman avec des phrases style "garçons et filles s'étaient perdu-es dans la forêt."
      Y en a-t-il ?
      (Je m'aperçois que ma remarque est un peu stupide. Une phrase sur CE blog ne peut pas avoir été écrite par un jeune homme du temps de Mme de Sévigné, et on peut adopter un parlécrit bloguesque sans donner de coups de couteau dans le ventre à la littérature )

      Supprimer
  5. Les écrivains des siècles derniers étaient réacs sans le savoir, Bob c'est moi. Ce n'est pas toujours de leur faute. Malheureusement, il nous faudra beaucoup de temps pour expurger leur œuvre de tout sexisme, racisme, et tout et tout. En attendant la réédition de leurs oeuvres améliorées, ne vaudrait-il pas mieux les évincer des programmes scolaires, ne plus les adapter en téléfilms sur la 3 ? Ne pas en faire de la publicité, même sur les blogs ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les écrivains du 19ème sont réacs parce que c'était dans l'ère du temps. La 19ème siècle étant loin d'être émancipateurs. De là à ne plus les lire, je trouve ça un peu radical quand même.

      Supprimer
    2. hum. Bah oui. Je répondais ironiquement à Bobc'est moi. Je ne comprends pas qu'on puisse faire la fine bouche sur Maupassant sous prétexte de sexisme. Quel roman du 19e n'est pas sexiste, raciste, condescendant envers les pauvres, etc ?
      Les retoucheurs de romans "pour les adapter à l'air du temps" existent.
      On a remanié Huckleberry Finn*, par exemple, en remplaçant les mots "nègres" ou "indiens" par d'autres. Il y a des gens qui voudraient faire interdire Tintin au Congo, ou des reproductions de publicités anciennes. Grand nettoyage du passé.

      *http://merle-moqueur.blogspot.fr/2011/01/cachez-ce-negre-que-je-ne-saurais-voir.html
      (et vive Maupassant et Balzac!)

      Supprimer
    3. Oui!
      Tiens d'ailleurs j'avais fait étudié à des étudiants de Licence une planche de Tintin au Congo. Précisément en la replaçant dans son contexte (empires coloniaux, expositions coloniales...etc).
      Je trouve ça con d'adapter des textes aux nouvelles valeurs de tolérance d'aujourd'hui. C'est bien plus formateur et constructif de les étudier tel quels et de comprendre le pourquoi du comment ils s'expriment ainsi.
      Merci pour le lien!

      Supprimer
  6. (lire: "ne pas leur faire de publicité", pardon.)

    RépondreSupprimer
  7. Dans le sens de l'idée, il y a aussi le stketch de Roland Magdane sur l'attribution du genre aux mots.
    Par exemple : unE moustache, unE couille. C'est vachement féminin tout çà.

    RépondreSupprimer
  8. a suzanne
    Je ne comprends pas qu'on puisse faire la fine bouche sur Maupassant sous prétexte de sexisme.

    je redis que je parlais de ses chroniques et non des romans ou nouvelles
    ou il aborde l'art l'architecture la peinture la critique et la place de la femme dans la société (parues entre 1875 et 1885 dans gil blas , le figaro , etc)
    une vraie description de la pensée bourgeoise de cette fin de 19 ème

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bob: "une vraie description de la pensée bourgeoise de cette fin de 19 ème"

      Ce qui est dans ses Chroniques est dans ses romans et dans ses nouvelles aussi.

      Supprimer
    2. certes , mais pas masqué par une histoire "amusante"
      mais affirmé haut et fort en tant que tel et dans davantage de domaines

      Supprimer
    3. Bob, et finalement, vous aimez bien ses romans, ses nouvelles ?

      Supprimer
    4. en terminale (y a près de 50 ans) notre prof de français une ou deux fois par trimestre terminait un cours par la lecture d'une nouvelle
      un vrai bonheur jamais oublié

      "juste un p'tit bout de ficelle" pour la route

      par contre je ne connaissais pas ses chroniques et je les decouvre

      Supprimer
  9. "LA" place de "LA" femme dans la société du 19ème vue par un homme comme Maupassant, c'est loin d'être progressiste c'est clair.
    Maintenant, si je vous dis que j'ai écrit "je vais aller lire Maupassant, ça va me détendre", juste pour conclure ce billet et vous dire que finalement ce n'est pas Maupassant que je suis aller lire mais "Le ravissement de Britney Spears " de Jean Rolin, ça réoriente le débat ou pas?
    ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne connais pas le dernier ouvrage mentionné,(et j'ai comme un doute sur le ravissement de Britney V Stein, donc donc...)
      Mais se détendre avec Maupassant... Faut être vachement tendue, à la base. Quand je lis Maupassant, j'ai froid,j'ai envie de boire un alcool fort et je pleure. Mais j'ai tout lu de lui.

      Supprimer
    2. Ravissement = double sens. béatitude/admiration et kidnapping. C'est assez drôle comme bouquin.
      J'ai conclu par Maupassant parce qu'après avoir lâché tant de vulgarités, je voulais conclure avec un auteur qui écrit dans un style assez proche de la perfection (la forme donc, pas le fond!)

      Supprimer
  10. J'arrive parfaitement à m'en battre les couilles, oui madame, parfaitement!

    RépondreSupprimer