24/09/2012

Bye bye CDI! Bonjour hyper-précarisation!

Précrarité
La fin du CDI?

On peut légitimement se poser la question, car:
En 2011, sur 21 millions de contrats signés (hors intérim), il y avait 17,3 millions de CDD, soit plus de 80%.
Précarité et mini-jobs sont le pain quotidien de celles et ceux qui rament. 
Le coup de pagaie entraînant les difficultés qu'on imagine.

Mais attendez, c'est pas tout:

Sur ces presque 55% de CDD, plus de 31% d'entre eux sont des contrats d'une journée. 24 heures. Un contrat de 24 heures.

Quand je relis ce que je viens d'écrire, j'ai l'impression de faire un non-sens, de raconter un truc impossible.

Et pourtant. Ce ne sont pas des affabulations puisque que c'est l'ACOSS elle même qui l'affirme. L'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale fournit en effet depuis plusieurs années des études statistiques autour des sujets suivants: paiement des cotisations, assiette salariale et effectifs,entreprises individuelles,montée en charge des politiques d'emploi... 

La tendance au CDD éphémère, au CDD éclair, s'est accentuée depuis 2000 environ.

Entre 2000 et 2011, ceux qui ne durent qu'une semaine ont augmenté de 133%.

Pour expliquer ce phénomène, Alain Gubian, directeur des statistiques de l'ACOSS, évoque le développement des "CDD d'usage" dans certains secteurs d'activités qui peuvent se passer de CDI:
"Le déménagement, l'hôtellerie restauration, les centres de vacances, le sport professionnel, les spectacles, l'action culturelle, l'audiovisuel, la production cinématographique, l'enseignement, l'information, les activités d'enquête et de sondages".
Du coup, je me dis: "Mais comment faisaient ces secteurs d'activités avant?"

Je n'ai pas la réponse, mais j'aurais tendance à penser que la précarisation des travailleurs est devenue une mode des années 2000.

Priorité au travail, quelle que soit sa durée, quels qu'en soient les conséquences sociales.

Bon alors évidemment, entre temps: la Crise. D'accord. Mais je reste malgré tout sceptique face aux politiques qui n'ont rien fait pour ralentir cette tendance puisque le nombre de mini-jobs a explosé ces dernières années.

Elle a bon dos la Crise mais je peine à croire qu'elle soit seule responsable. 

Je comprends bien que certaines entreprises galèrent et que leurs projets sont souvent à court ou moyen terme, mais quand même. Je trouve ça flippant.

Surtout quand je lis l'analyse qu'en fait Philippe Askenazy, économiste du travail au CNRS, explique :
"Aujourd'hui, on a une classe de travailleurs qui sont en situation d'hyper-précarité, qui enchainent une semaine de travail au maximum, suivi d'un semaine de chômage, trois jours de travail, quatre jours de chômage [...] donc une hyper- précarité permanente qui se concentre sur des populations pas nécessairement peu qualifiées, mais souvent plus jeunes. La moyenne d'âge est [...] de l'ordre de 35 ans". 
Merde! Je suis en plein dedans (dans la merde et dans la tranche d'âge)!

Et sinon, est-ce que je peux dédier ce billet à Nicolas Sarkozy ou est-ce que c'est abuser? 


15 commentaires:

  1. Vous ne pouvez certes pas le dédicacer à Nicolas, mais vous pouvez en revanche lui dédier.

    Et, ça, ce ne serait pas abusER…

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    1. Abusé comme participe passé employé comme adjectif c'est pas possible? Un peu comme "est-ce que ce serait risqué? Vendu? Perdu?" Ok pour "dédier" sinon.

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    2. Non. Là, ce serait plutôt l'infinitif, comme dans : « Est-ce que ce serait FAIRE preuve d'outrecuidance que de… »

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    3. J'ai le droit d'être sceptique ou pas?

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  2. Pour les CDI tu as raison !
    Pour l'orthographe, c'est Didier.

    1 - 1 balle au centre.

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    1. Ah, mais je n'ai rien dit sur les CDI, moi ! Non seulement je ne suis nullement compétent, mais en plus je m'en bats plus ou moins les gonades…

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    2. Les gonades! Comme c'est charmant...
      Bon j'ai compris, faut que j'arrête de parler le "d'jeuns" qui dit tout le temps "P'tain c'est abusé, truc de ouf!"

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    3. Aussi ne vous parlé-je pas cher Didier.
      Je répondais à Elooody.

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    4. Et j'ai modifié le ABUSER.
      Billet consensuel donc!

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  3. Après le cours d'orthographe, le cours de maths ...
    17 sur 21 => un peu plus de 80%

    Chiffre inquiétant !

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    1. Ah oui dites-donc c'est encore pire! Je ne sais vraiment pas compter!

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