31/03/2013

Pâques à St Avertin
Comme Nicolas, je suis profondément athée. Mais dans des moments d'égarement, il m'arrive de dire que je suis agnostique.

Donc Pâques, je m'en fous comme de ma première chemise.
Je ne suis pas baptisée et je ne me sens absolument pas concernée.
Sauf que dans ma famille, on a l'habitude de fêter Noël et Pâques.
Pour les cadeaux, la bonne ripaille, le chocolat et les enfants. 

Ce sont mes grands-parents qui ont plus ou moins institué Pâques comme la fête de famille obligatoire après Noël.
Ma grand-mère cuisine le meilleur pâté de Pâques du monde, ma mère se met chaque année en quête de la meilleure chocolaterie, et le tour est joué: 4 kilos pris en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.  
Cette année, Pâques a pris une tournure particulière, mis à part cette météo exécrable qui nous a fait passer Pâques au tison.
 
Si tu suis l'actu de ce blog, tu sais que mon grand-père est très malade.
Il a 91 ans.

En décembre dernier, les médecins étaient formels: quelques jours tout au plus, le temps de nous réunir autour de lui et il nous quitterait.

Nous sommes le 31 mars 2013 et je viens de me goinfrer comme chaque année... En compagnie de mon grand-père.
Les médecins sont toujours formels: ils n'en reviennent pas. Il est une force de la nature.
Il a bien quelques faiblesses qu'ils n'avaient jamais connues. Il fatigue plus vite, il sort moins. Mais il n'a pas perdu la tête, a repris presque tous ses kilos, a retrouvé l'appétit et le goût des bonnes choses: il mange et boit comme au bon vieux temps.
Et surtout: il n'est plus hospitalisé à domicile.
 
Mon grand-père est donc un ressuscité.   

Comme JC, celui dont on est sensé fêter la résurrection ce week-end quand on est chrétien.

Et bien moi, j'ai festoyé pour fêter celle de mon grand-père. 

Et ça valait toutes les messes du monde, ubi et orbi.

30/03/2013

trou de la sécu
Il m'arrive de ne pas être d'accord avec Stef, mais c'est rare.
Mais aujourd'hui, nous sommes sur la même longueur d'ondes.
C'est une sacrée bonne question.
Mais qui en soulève une autre, et non des moindres:
"C'est quoi un riche?"
Parce qu'on est toujours le riche ou le pauvre de quelqu'un. Et quand on entâme ce genre de débat avec quelqu'un, on aura forcément le droit à ce genre de réplique:
"Faut arrêter de croire que quand on gagne 3000€ nets par mois, on pète dans la soie et qu'on est jamais dans le rouge à la fin du mois".
Ce à quoi tu je peux répondre:
"Nan mais d'accord hein. Mais c'est quand la fin du mois pour toi? Et c'est quoi être dans le rouge?"
Parce que tu vois, y'a des gens pour qui la fin de mois, c'est le 15, voire le 5. Voire même: 24h après avoir touché un salaire, une ARE ou un RSA. Autrement dit, les 24 heures légales et minimum pendant lesquelles ton compte doit être positif sur un mois.
Pour ces gens-là, le rouge, il est cramoisi tu vois. Il tourne même au vinaigre.

Après tu peux embrayer sur l'indécence de certains salaires. Attention, je te parle pas du type qui gagne 1 million d'euros par an. Mais par exemple, celui ou celle qui touche ne serait-ce "que" 20 000 € nets par mois.
On va te dire:
"Nan mais c'est normal. Le type est qualifié, diplômé, compétent. Il fait bosser 350 personnes, c'est pas rien quand même."
Admettons.
Sauf que là tu t'interroges deux minutes et tu te demandes combien ils sont sur ces 350 personnes à gagner le SMIC ou 2 fois le SMIC.

Redescendons deux secondes sur terre, et intéressons-nous à celles et ceux qui gagnent 2200€ nets par mois. Ce n'est pas indécent, loin de là.

Et pourtant. Comment expliquer alors que 72% de la population gagnent moins de 2200€ par mois?

Quand tu vas sur le site de l'Observatoire des Inégalité, tu peux utiliser un petit outil qui va te permettre de savoir si tu es riche ou pauvre. Inutile de te dire qu'il y aura toujours quelqu'un de plus pauvre ou plus riche que toi. Donc, dans l'absolu on n'est pas plus avancé.

Toujours est-il qu'à l'heure où le débat est relancé sur une meilleure répartition des allocations familiales, la question du seuil à partir duquel elles seront sucrées se pose.
Et je serais bien mal placée pour y répondre puisque je n'ai pas d'enfant.

Ce débat est une vieille marotte. Il ressort régulièrement.
Je me souviens d'une époque (il y a une vingtaine d'années), où ma mère, alors cadre dans une multinationale informatique, avait en charge les "détachés internationaux". Déjà à cette époque, elle disait:
"Je ne comprends pas que des gens qui gagnent 30 000 francs par mois touchent des allocations familiales".
Donc, ce n'est pas nouveau. Mais à cette époque et selon ses dires, la simple évocation d'une meilleure répartition des allocs provoquait l’ire générale de la population et des politiques. Au nom de son principe universel, il ne fallait pas y toucher.
Et puis ce n'était pas la crise.
Quoique... J'appartiens à la génération qui a été bercée par le leitmotiv du "que veux-tu c'est la crise".

Aujourd'hui, 66% des Français sont favorables à une prise en compte des ressources pour réajuster la répartition des allocs. Profitons-en! C'est le moment!

Et là, c'est vraiment la crise.

D'ailleurs, François Hollande l'a dit:
"Il n'y aura pas de fiscalisation des prestations familiales, parce que c’est absurde. [...] Que les plus hauts revenus aient les mêmes allocations, non! Ça sera revu".
Nous y sommes. Et je suis pour, tu t'en doutes. Je connais pas mal de gens qui le disent aussi:
"Franchement, je touche des allocations familales mais je n'en ai pas vraiment besoin. Ça m'a toujours étonné que j'y aie droit."
Reste à savoir comment cette réforme sera envisagée:
  • Les allocs seront-elles dégressives proportionnellement aux ressources?
  • Seront-elles tout simplement supprimées au-delà d'un certain revenu?
  • Seront-elle alignées sur les tranches fiscales?
Certains sont toujours contre aujourd'hui, au nom des acquis sociaux, au nom d'un universalisme immuable et d'une égalité totale. Sauf qu'aujourd'hui, c'est du blabla.
Les écarts sont tels entre les "riches" et les "pauvres", les mégariches et les hyperpauvres, qu'on ne sait même plus où se situer. Certains ont le sentiment d'appartenir à la classe moyenne alors que plus de la moitié de la population gagne moins qu'eux.

Selon l'Observatoire des inégalités, on appartient à la classe moyenne quand on touche un salaire net mensuel compris entre 1 200 et 1 840€ pour des temps complets. Ce qui paraît assez logique puisque la moyenne serait donc de 1 520€ nets, soit 400€ de plus que le SMIC et que 39% de la population gagne moins.
Logique mais flippant.
Les frontières des niveaux de vie
Source
Du coup, j'en arrive à me demander s'il ne faudrait pas aller encore plus loin dans la réforme des aides en général.
Je vais sans doute m'attirer les foudres de certains et passer pour une fausse gauchiste à qui il manque quelques poils dans les oreilles, mais tant pis. Je pose juste la les questions.

  • Puisque les APL sont déjà basées sur les ressources, pourquoi les allocations familiales n'obéiraient-elles pas aux mêmes critères?
  • Et dans ce cas-là, ne pourrait-on pas envisager sérieusement un alignement des remboursements médicaux selon les mêmes critères? 
Il va de soi que j'exclus direct de cette question les personnes souffrant de pathologies lourdes et qui nécessitent des dépenses considérables au quotidien, justifiant pleinement une prise en charge à 100%. 
  • Mais est-il normal, pour prendre un exemple radical, qu'un exilé fiscal qui pète dans la soie en Belgique, en Suisse ou ailleurs, revienne en France se faire poser une couronne qui lui sera remboursée 70% par la Sécu?
  • Est-il normal que celui qui gagne 5000€ nets par mois soit aussi bien remboursé pour son bridge qu'une personne gagnant le SMIC et qui n'aura peut-être même pas les moyens de s'offrir une complémentaire santé digne de ce nom?
Et je ne te parle pas de soins de confort hein. Je te parle de soins dentaires. 

Je m'interroge. Et mes questions vont bien au-delà d'une simple réforme fiscale. 

Et pour conclure, j'ai bien aimé l'intervention de François Cluzet hier sur Canal+. On me dira que c'est démago, que c'est du blabla de people et que c'est facile à dire quand on est François Cluzet. C'est pas grave: je vais faire mienne sa déclaration.

"Il y a pire que de payer des impôts, c'est de ne pas en payer"
 

29/03/2013

François Hollande
En bon petit soldat, ou mouton diront certains, j'ai suivi la presta de François Hollande hier soir. Comme 8 millions de téléspectateurs.

J'ai tweeté compulsivement puisque chacun sait que nous, blogueurs et blogueuses de gauche, nous recevons nos consignes d'en haut. De tout en haut. Du château. Mais je ne vous dirai pas combien nous sommes payés tellement c'est indécent*.

Je te mentirais si je te disais que j'ai sauté de joie à chaque ouverture de bouche présidentielle.
Mais je te mentirais aussi si je te disais que j'ai été déçue.
Je crois que je suis passée en mode résignée.

Résignée mais confiante.

Oui j'ai confiance. François Hollande n'est au pouvoir que depuis 10 mois. David Pujadas lui est tombé sur le poil dès sa 2ème ou 3ème question qui sonnait un peu comme "l'heure du bilan".
J'ai trouvé ça complètement débile.
Les gens en ont ras-le-bol et je les comprends. Je suis comme les gens.
Les gens voudraient que le bout du tunnel soit là tout de suite, au bout de leur nez, au bout de leur semaine, au bout du doigt.
Les gens sont impatients. Je les comprends, je le suis aussi.
Mais un mandat, c'est 5 ans.

Seb écrit:
"Hollande tricote des mots efficaces pour faire patienter devant l’absence prévisible de résultats positifs sur le chômage au bout de 10 mois (perso, je lui donne jusqu’à fin 2014 avant de sortir le bazooka)".   
Moi aussi. Fin 2014, on sera à mi-mandat. Là on pourra faire un 1er bilan. Mais pas maintenant. C'est bien trop tôt.
Et je ne suis pas d'accord avec celui qui vient m'alpaguer dans Twitter pour me dire:
"Faut-il attendre fin 2014?"
Bah oui. Un mandat, c'est 5 ans. C'est long. Et c'est encore plus long quand on est dans la précarité ou carrément dans la merde.

Alors fin 2014, c'est déjà bien comme ultimatum. Et pourtant, j'en souhaite des trucs. En mode liste de courses, j'ai énuméré tout ce que je voulais, en vrac, sans lien logique, de l'échelle égocentrique de mon petit quotidien à d'autres trucs divers.
  • Je veux du boulot.
  • Je veux que la France crée de l'emploi.
  • Je veux un job qui ne me déplaise pas trop (tu noteras que je suis open, j'aurais pu écrire: "je veux un job qui me plaise") et qui me fasse reculer ma fin de mois du 10 au 20 ce serait déjà pas mal.
  • Je me fous pas mal de bosser jusqu'à 70 ans à condition que mon taf ne soit pas éreintant.
  • Je veux que mes copines lesbiennes et mes potes gays puissent se marier s'ils en ont envie.
  • Je veux que les doctorats en sciences humaines soient reconnus à leur juste valeur.
  • Je veux que les allocations familiales restent universelles mais plus équitablement réparties
  • Je veux que l'administration française soit dématérialisée: je voudrais qu'on ne soit pas obligé de se farcir 2 heures de file d'attente pour récupérer un permis, un passeport ou une carte vitale.
  • Je veux que le genre (qui n'est pas une théorie) soit enseigné plus tôt.
  • Je veux que les mégariches raquent plus
  • Je veux que les médicaments, qui ont des génériques qui leur sont 100% identiques, ne soient plus remboursés.
  • Je veux qu'on arrête de s'ébaubir quand une femme occupe un poste à responsabilité.
  • Je veux que le diesel soit aussi cher à la pompe que l'essence.
  • Je veux pouvoir ajuster mon forfait EDF en cours d'année.
  • Je veux pouvoir résilier tout et n'importe quoi, n'importe quel forfait, à n'importe quel moment.
  • Je veux qu'on avance encore plus vite sur l'égalité salariale entre hommes et femmes.
  • Je veux que les magasins arrêtent de nous gaver de cartes de fidélité à ne plus savoir qu'en foutre et qu'ils baissent tout simplement leurs prix.
  • Je veux que la SNCF propose des tarifs préférentiels aux chômeurs.
  • Je veux que le FDG arrête de taper sur le PS du soir au matin et du matin au soir.
  • Je veux qu'on arrête de nous vendre tout et n'importe quoi avec des femmes nues.
  • Je veux qu'on arrête de me sortir: "quand on veut taffer on peut", "du taf y'en a, faut arrêter de faire les difficiles". 
Inutile de te dire, toi qui n'a pas suivi François Hollande hier à la TV, qu'il est loin d'avoir répondu à toutes mes attentes.
Et encore, je me suis limitée, ma liste aurait pu être bien plus longue.
Mais j'ai confiance. C'est comme ça.
Comme me l'a fait remarqué une charmante commentatrice hier
"tu dois probablement être la femme la plus crétine au monde . Qu'il y a t-il pire me diras-tu, qu'une pseudo féministe à la con de gauche ? Rien ...Tu pues littéralement la défaite"
Ceci explique donc cela: Ça doit donc être ma crétinerie pseudo-féministe de gauche qui me fait croire en François Hollande. "On n'se r'fait pas ma brave dame", comme dirait ma grand-mère.
Et puisqu'il paraît que l'espoir fait vivre, permets-moi, sombre connasse, d'avoir confiance en l'avenir. 
Mais comme je l'ai toujours dit, si François Hollande se plante, je serai la première, même si j'ai voté pour lui 4 fois (Primaires et Présidentielles), à lui taper sur la tronche quand ce sera le moment.
Mais pas au bout de 10 mois. C'est trop tôt.
Je suis patiente et j'ai confiance.
Et pour en revenir à hier soir, mon petit bout de soirée sur Twitter s'est fini en franche rigolade quand j'ai lu ça:
Nadine Morano a encore fait caca dans Twitter
Je me suis donc mise en quête de l'étron laissé sur la toile par Nadine Morano. Et je l'ai trouvé.  
Tweet de Nadine Morano
Passons sur la difficulté de la dame à conjuguer le présent de l'indicatif et mesurons plutôt l'ampleur de sa bêtise. Notons tout de même sa rapidité d'introspection puisque sitôt tweeté, sitôt supprimé.  
Alors, tant que la droite aura des arguments aussi merdiques et que le FdG continuera à se planter d'adversaire, je soutiendrai le gouvernement. 
Aujourd'hui, de toutes mes forces.
Un jour peut-être, par dépit.
On en reparle fin 2014, à l'heure du bilan de mi-mandat.

* Je précise qu'il s'agit-là d'une légende urbaine qui ressort régulièrement sur quelques blogs.