Modulons les allocs!

Ça fait des jours que je me dis que j'ai encore rien glandé sur ce blog...
Sauf hier. J'ai publié une capture d'écran sans texte ni rien et le billet en question a explosé les compteurs des visites. Faut que j'arrête d'écrire en fait.
Je voulais écrire sur la Manif des dingos de dimanche dernier et puis le temps à passé... Et comme cette manif bleu blanc rose est retombée comme un soufflé au fromage moisi, je m'abstiendrai de répéter encore et toujours ce que j'ai déjà maintes fois dit sur ce blog.

Par contre, depuis quelques jours, il y a un sujet qui m'intéresse particulièrement, c'est cette histoire de modulation des allocations familiales selon les ressources. Comme je l'ai déjà écrit en avril 2013, j'y suis favorable.
J'avoue que j'ai un peu du mal à comprendre, et carrément à admettre, que, quel que soit le revenu des parents, toutes les familles touchent la même somme pour leurs enfants. Ça m'échappe complètement.
  • 129,35 euros pour deux enfants,
  • 295,05 euros pour trois enfants,
  • 460,77 euros pour quatre.
Je reste convaincue que certaines familles en ont davantage besoin que d'autres. Du coup, quand les députés PS ont approuvé l'idée d'amender le PLFSS pour proposer que les allocations familiales soient soumises à des conditions de ressources, j'ai applaudi. Pour deux raisons. La première, parce que c'est une preuve de bon sens. La deuxième, parce qu'il y avait longtemps qu'une idée n'avait pas fait consensus chez les socialos.
 
Mais au nom du sacro-saint principe d'universalité, François Hollande a repoussé cette idée. Mais je ne doute pas qu'il examine sérieusement l'idée puisqu'il a juste dit que c'était "un principe qui pour l'instant est en discussion et n'a pas été retenu". 
François Fillon, quant à lui a carrément dit qu'il s'agissait là d'une "attaque contre les familles". Bah voyons. Venant d'un type de droite dont le camp envisageait de fiscaliser les allocs en 2012, c'est cocasse.
 
Cela dit, l'idée n'est pas nouvelle. Ça fait des lustres qu'on en parle.
J'ai souvenir de ma mère, il y a des années de cela, qui bossait dans une grosse boîte informatique américaine à 3 lettres. Elle bossait aux RH et gérait les salariés qu'on appelait alors "détachés internationaux". Les salaires étaient en francs mais s'ils avaient été en euros, on aurait alors dit qu'ils étaient à 5 chiffres. Bref. Et bien je me souviens de ma mère qui s'étranglait à chaque fois qu'elle avait à gérer leurs dossiers d'allocations familiales. "Je ne comprends pas que des gens qui gagnent autant touchent les allocations familiales", disait-elle. Et ma mère n'est pas de gauche, sache-le.

C'est pourtant une sacrée bonne idée selon moi et je suis convaincue que ça ferait faire de sacrées économies à la Sécu.

Et sinon, rien avoir avec la choucroute, mais je me suis toujours demandé pourquoi on continuait de rembourser les médocs qui ont des génériques. Pourquoi on ne rembourserait pas que les génériques, quand il en existe, dès lors qu'ils ont exactement le même conditionnement?

Je pose la question.

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26 commentaires

  1. Ben on est d'accord a quelques minutes près 😀

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    1. Je viens de réaliser que tu n'étais même pas dans ma blogroll. Incroyable. Oubli réparé.

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  2. On est d'accord.

    Je te réponds pour le volet "génériques". Ma sœur est migraineuse. Elle a un médicament qui lui soigne ça. Elle est allergique aux génériques (à cause des excipients).

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    1. OK. C'est vrai. Océane m'en avait déjà parlé. Mais alors: ne pourrait-on pas envisager que seuls les génériques tolérés par le patient soient remboursés?
      Pour les "originaux", on pourrait imaginer un remboursement au cas par cas sur avis médical uniquement, non?

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  3. Moi ce que je ne comprends c'est d'oser présenter cette mesure comme égalitaire alors qu'elle est profondément injuste.

    Si l'on compense par des allocations accordées aux seuls pauvres l'inégalité de revenus avec les plus aisés alors j'ai envie de dire à quoi bon être riche ? Cela va accentuer encore davantage l'impression des classes moyennes légèrement supérieures d'être des vaches à lait. De travailler beaucoup, de payer beaucoup (pour les autres) et de ne recevoir rien parce qu'on leur expliquera qu'ils en ont pas besoin.

    Parce que c'est bien gentil de nous parler de "riches" mais concrètement c'est quoi les riches ? A partir de quel salaire mensuel va-t-on considérer qu'on a plus besoin d'allocs ? Une telle mesure peut créer de véritable difficultés pour des "petits riches" touchant 3000 euros par mois à 2, alors que de vrais riches à plus de 10 000 euros par mois par foyer n'en auront rien à faire.

    "Les riches" aussi payent des cotisations familiales, ils doivent donc payer mais ne rien recevoir en retour ? C'est de l'extorsion pure et simple.

    Vous devriez réfléchir plus longuement au sujet. Le fait que vous trouviez absurde que des gens avec des salaires à 5 chiffres touchent des allocations familiales peut se comprendre. Mais il est ridicule de croire que la mesure proposée va se limiter à ces gens là, elle va impacter les classes moyennes qui en réalité sous une apparence de revenus corrects doivent faire attention tous les mois et ont déjà le sentiment que tous les efforts qu'ils ont fait pour se créer une situation ne sont que maigrement récompensés.

    Enfin en supprimant l'universalité de ces allocations vous allez détruire leur légitimité, et elles finiront par être intégralement remises en cause pour tout le monde.

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    1. "Les riches" aussi payent des cotisations familiales, ils doivent donc payer mais ne rien recevoir en retour ? C'est de l'extorsion pure et simple.

      => n'y a-t-il pas d'autres cotisations et / ou prélèvements qui "ne nous servent pas"? Par exemple, on cotise pour le droit au chômage, mais si on n'est jamais au chômage, on cotise pour les autres. Je cotise pour la Sécu mais je ne suis jamais malade et si je vais chez le médecin, c'est 3 fois par an à tout casser.

      Bon OK, l'exemple est un peu extrême mais n'est-ce pas la le sens même du partage et de la solidarité?

      De même qu'on paie plus d'impôts quand on gagne plus, pourquoi ne toucherions-nous pas moins d'allocations quand on gagne plus?

      Je pose la question.

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    2. @ Elody,

      "De même qu'on paie plus d'impôts quand on gagne plus, pourquoi ne toucherions-nous pas moins d'allocations quand on gagne plus?

      Je pose la question."

      Surtout, trouve la réponse.

      Prends la liste des transferts sociaux qui sont soumis à une condition de revenu... et tu trouveras que passé certains plafonds, qui sont d'ailleurs aussi minimalistes qu'un bikini de starlette à Cannes, le montant des transferts diminue très vite en fonction des ressources.

      Bref ta question a une réponse: c'est déjà notre monde (augmentation des cotisations, diminution de la couverture).

      D'où la conclusion de PL:

      "Enfin en supprimant l'universalité de ces allocations vous allez détruire leur légitimité, et elles finiront par être intégralement remises en cause pour tout le monde."

      Dans le jeu de la redistribution, il y a un effet de seuil: celui où on touche plus rien du tout, alors qu'on cotise. Et là on se dit: "merde! cékoi ce truc?"

      L'idée qu'il y a derrière le principe d'universalisme (mon cul) des alloc familiales est la suivante: la redistribution, en termes économiques, est fondamentalement pifométrique. Elle renvoie donc aux système pifométriques qui se définissent ainsi:

      Les systèmes pifométriques sont ceux qui adjugent une rétribution au pifomètre, c'est à dire qu'ils donnent en réalité une récompense ou une indemnité en fonction des circonstances et/ou de la gueule du client,alors qu'ils se présentent officiellement comme des systèmes à fort contenu moral, sur le terrain de l'égalité.

      Les systèmes pifométriques sont fondamentalement injustes.

      Tout le monde le sait, mais chacun ferme sa gueule et supporte le truc, parce qu'il en retire au moins un petit quelque chose. Les alloc familiales font partie du "petit quelque chose" qu'on retire d'un système injuste. Et on le sait.

      Ce qui fait péter les systèmes pifométriques, c'est la logique économique et en particulier la contrainte budgétaire. Pas notre désir de justice, puisque par définition le truc est injuste et on le supporte.

      C'est la privation de la petite récompense qui fait que le truc s'écroule.

      Parisien Libéral a raison de te dire de faire gaffe, même si la logique économique, à l'évidence, exige de moduler ce transfert en fonction des revenus de ses bénéficiaires, surtout en contexte de contrainte budgétaire aiguë (Bruxelles commence à taper).

      Il est effectivement nécessaire de tailler dans de la dépense, surtout lorsqu'elle correspond à des effets d'aubaine (les gens ne font pas des gosses pour percevoir les allocs, donc, les allocs, c'est du beurre dans les épinards, mais c'est pas les épinards).

      On peut donc les supprimer, comptablement, mais on prend aussi le risque de révéler que notre système est pifométrique.

      C'est ça l'enjeu.

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    3. le but premier des allocs créées par Marc Sangier dans les années 30 étaient de rembourser aux familles les taxes supplémentaires entraînées par les dépenses liées aux mômes

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    4. Certes... Mais on peut quand même admettre que ces dépenses pèsent plus ou moins lourdes selon les revenus des parents non?

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    5. Il se rait plus judicieux d'admettre qu'elle pèsent plus ou moins lourd

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    6. Ah oui tiens. Elle est belle celle-là!

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    7. @ Bob,

      Vous êtes sûr que c'est Marc Sangnier qui est Le Créateur Dieu tout Puissant des Allocs?

      Le type qui peut revendiquer les royalties sur l'invention? Perso, j'avais compris que c'était plus diffus et que c'était une œuvre collective sur une période longue.

      Autre question: vous parlez de rembourser des taxes supplémentaires, entrainées par les dépenses liées à l'enfant. Je parlerais plutôt des charges, en général, pas des taxes en particulier.

      Mais il y avait l'idée que, dans un système de retraite par répartition qui n'existait d'ailleurs pas encore, le couple avec enfant était désavantagé par rapport au célibataire sans enfant.

      Dans la vie, soit vous faites good money mais vous n'avez pas de gosses, comme font les Allemands, soit vous faites des gosses mais pas good money comme font les Français, avec un fort taux de chômage des jeunes, soit vous faites à la fois good money+ des gosses comme le font les Américains, avec des gosses super riches, comme Mark Zuckerberg.

      L'idée des allocs était alors d'inciter les Français à faire les deux, en prenant en compte, dans un souci d'équité et pas d'égalité, la charge que représente les gosses dans le cadre d'un projet de développement familial, par ailleurs destiné à fournir:

      - aux guerres militaire et économique les soldats, les ouvriers et consommateurs dont elles ont besoin pour prospérer
      - à la république des citoyens pour voter et ainsi donner corps au rêve républicain
      - à l'Eglise des fidèles pour prier (d'où l'implication des cathos dans l'affaire)

      M'enfin bref, c'était une histoire d'équité et pas d'égalité. Un système pifométrique quoi.

      Point intéressant: ajd, les allocs se posent en termes d'égalité. Du coup, on applique le principe de progressivité de l'IR à ce système. Pas la même logique.

      "De même qu'on paie plus d'impôts quand on gagne plus, pourquoi ne toucherions-nous pas moins d'allocations quand on gagne plus?"

      Elody, Affichage Libre, 11 oct. 2014.

      That is the question, comme dirait l'autre.

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    8. Marc Sangnier n'ayant jamais exercé la moindre responsabilité, on voit mal comment il aurait pu créer quoi que ce soit, à part d'éphémères journaux.

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  4. Christine Boutin attend ce truc pour se refaire une santé médiatique.

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  5. Dans la mesure où, à 90 %, les pauvres engendrent de futurs abrutis inutiles voire parasites, alors que les riches mettent au monde l'avenir de la France, il me paraîtrait plus judicieux de supprimer totalement l'allocation des pauvres ; qui, de toute façon, dépensent tout en mauvais pinards.

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    1. Monsieur Tonton Didier le pinard ce n'est que de l'eau avec un peu d'alcool éthylique et diverses saloperies genre colorants et aromes .....
      Le pinard ça peut se fabriquer entièrement chimiquement en laboratoire ....
      Il y a eu des expériences de dégustation de pinards divers avec des pro' du pinard et ils ont été incapables de reconnaitre les divers pinards et se sont même fait piéger par le pinard 100/100 chimique ......
      Le pinard est une drogue assez banale parmi d'autres drogues que l'on peut également produire par la chimie ......
      Tant qu'à boire de l'alcool autant boire de l'alcool pur .....
      Le pinard n'existe que par tout le décor et l'emballage , les traditions débiles qui enrobent tout ça et surtout par le prix de vente : Plus c'est cher plus c'est bon .....
      Donc , Monsieur Tonton Didier , plus les riches payeront cher pour leurs moutards , leurs chiards , leurs rejetons consanguins plus ils les trouveront formidables ......
      Donc il faut supprimer toute allocation aux gosses des riches et il faut les taxer encore plus .
      Ils n'en apprécieront que mieux leur progéniture de petits bâtards ......
      Oui ! petits bâtards car la bourgeoise se fait sauter par le jardinier , le cuisinier , le ramoneur , le facteur ..... pendant que Monsieur trime pour gagner le fric du foyer .....

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    2. Le monsieur du film a l'air plutôt d'accord avec ce que dit le monsieur Goux.

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  6. Me souviens qu'au Sénégal, pour se rendre sur l'île de Gorée ou je ne sais plus quel autre piège à cons touristique, il y avait deux files avec des tarifs différents selon que vous étiez un local (tarif réduit) ou un touriste (une file peu diverse, avec que des blancos qui devaient payer plein tarif...).

    Possible que la taulière eut trouvé cette mesure totalement justifiée.
    Possible qu'appliquée en France, elle l'eut trouvé totalement scandaleuse, ségrégationniste, inégalitaire, anti-républicaine, pas jolie jolie, bouh caca froid dans le dos etc.
    Possible enfin, qu'elle n'y voit aucun rapport.

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  7. On est en 2014. En 2012, ma voisine gagnait bien sa vie, et son mari encore mieux.Elle était en CDD et elle a eu un 3ème bébé, elle touche maintenant uniquement les indemnités de congé parental. Qui sait quand elle retrouvera un emploi ? Le patron de son mari est parti avec la caisse fin 2013 : pas d'indemnité de licenciement et des mois avant de toucher les assedics par manque des papiers nécessaires... Sans les allocs, Dieu sait comment ils auraient mangé. Avec le système de ressources basé sur l'année n-2, tant pis pour eux....
    A la rigueur les fiscaliser, mais mettre en place une énième usine à gaz qui enfonce les gens dans la précarité : non !!!!!

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    1. Il existe une solution simple : Pauvres de tous les pays ! Mangez vos enfants ! .....
      ça réduira la surpopulation , ça résorbera le chômage , ça évitera de verser des allocs .......
      L'avenir appartient aux cannibales ......

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    2. Anton, je ne nie pas les difficultés liées au système administratif (n-1 / n-2 ...etc.)
      En revanche, c'est un peu le même problème avec les impôts. Quand, comme moi, on se retrouve à alterner emploi - chômage - emploi - chômage tous les 10 mois et bien on se retrouve à payer les impôts de l'année où on bossait pendant celle où on gagne 3 fois moins.
      Ce qui ne répond pas à votre commentaire, j'en ai bien conscience.

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    3. rien n'est idéal en effet, mais il est quand même plus logique et en tous cas faisable de prévoir de payer des impôts sur des revenus reçus (certitude) que de prévoir que peut-être dans 2 ans on n'aura plus les mêmes revenus donc il faut économiser au cas où (incertitude). Parce que dans le cas que je décris, il y aurai cumul de précarité (impôts à payer + arrêt des rentrées)
      Personnellement, j'ai toujours été pour la fiscalisation des allocations familiales (même si ça revient à payer 2 fois puisqu'on cotise déjà en fonction des revenus). Et aussi la personnalisation (suppression du quotient conjugual) mais c'est encore une autre histoire :-)

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  8. Je suis tout à fait d'accord avec vous. Il y a des ménages qui arrivent très bien à subvenir à leurs besoins sans allocations familiales. Donc, il vaut mieux augmenter un peu ceux des plus démunis. C'est ce que j'appelle la justice.

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