Dessine-moi un Conseil Départemental de droite...

Presque de 3 mois après l'investiture de la nouvelle majorité de droite en Essonne, le détricotage du bouclier social commence. Doucement mais sûrement.

Ça pourrait passer pour un cliché dit comme ça, et pourtant. La ritournelle des envolées lyriques sarkozystes qui ont fait les tristes heures de piètre gloire de notre ex-Président résonnent dans les travées de l'Assemblée Départementale.

A peine installé aux manettes, notre nouveau Président du Conseil Départemental s'attaque aux plus fragiles, aux plus modestes. C'est Laurent Wauquiez qui va être content, François Durovray a revêtu sa blouse blanche de chirurgien et entend enrayer le fantasmatique "cancer de l'assistanat".

Fidèle aux valeurs moisies de la droite - cette droite fraîchement rebaptisée "Les Républicains" - la première mesure adoptée ce jour : le contrôle et la traque des allocataires du RSA.
Tellement facile.

6500 d'entre eux recevront sous peu un courrier les enjoignant à (re)prendre contact avec les services d’insertion professionnelle du département. Cela représente un tiers des "bénéficiaires", si tant est que percevoir le RSA soit un bénéfice.

Comme le résume très bien Jérôme Guedj :
"Ce marqueur très à droite de la politique de Durovray me sidère. Alors que l’aide sociale est au cœur des compétences du département, il commence son mandat par un dangereux amalgame. Pour lui, le RSA équivaut à de la fraude. Un bénéficiaire qui ne va pas dans une MDS serait un arnaqueur". (source)
Les allocataires du RSA devront donc se rendre sous un délai d'un mois dans une de nos Maisons des Solidarités (MDS) du Département, déjà engorgées, et dont les agents sont déjà débordés, sous peine de suspension progressive, voire de radiation définitive du RSA.
Tout comme un chômeur qui n'est pas en contact régulier avec Pôle Emploi, un allocataire du RSA, qui ne ferait pas le pied de grue devant les structures départementales de retour à l'emploi, serait un tire-au-flanc, un fraudeur en puissance.

Ce raisonnement est à pleurer tellement il est empreint de clichés et de raccourcis faciles.

Je ne suis pas en train de dire que cette fraude-là n'existe pas et qu'il ne faut pas la combattre dans le cadre d'un vaste plan de lutte contre toutes les fraudes. Néanmoins, j'ai quelques doutes sur les priorités de la droite revenue aux commandes en Essonne. Et elles ne sont pas sans me rappeler celle de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était en campagne roue libre pendant sa campagne en 2012.

Par ailleurs, si la fraude existe, il serait de bon ton de se souvenir que la fraude au RSA ne représente que 60 millions € à l'échelle nationale, face aux 190 millions € pour les travailleurs non-déclarés par les entreprises et 2989 millions € pour la fraude fiscale. Donc, quand François Durovray estime qu'en Essonne, elle s'élèverait à 3,5 millions, soit 17 % du montant de la fraude nationale, m'est avis qu'il nage en plein délire a pris ses rêves pour des réalités.


Et comme si ça ne suffisait pas, en prétendant faire des économies, cette même droite essonnienne vient de décider de supprimer 175 000 € d'allocations familiales aux parents dont les enfants ont été confiés à l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance). Précariser encore davantage les familles les plus fragiles me laisse sans voix. Quel argument valable peut-il être avancé pour défendre une telle mesure? On parle de 175 000 € : un grain de sable dans un budget départemental.

J'attends maintenant les annonces de baisses des subventions aux associations, aux collèges à la culture... etc. Et la boucle sera bouclée.

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23 commentaires

  1. Je ne vais pas faire de publicité pour ton billet, la droite costarmoricaine nouvellement aux commandes du département pourrait s'inspirer de l'essonnienne et même que c'est déjà dans les tuyaux

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    1. Tous les mêmes en somme... C'est lamentable.

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  2. « cette même droite essonnienne vient de décider de supprimer 175 000 € d'allocations familiales aux parents dont les enfants ont été confiés à l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) »

    Je dois être bouché à l'émeri, mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi on devrait continuer à verser des allocations à des gens à qui, par ailleurs, on a retiré la garde de leurs enfants.

    Quant à l'argument bateau consistant à dire : pourquoi s'attaquer à telle fraude alors qu'il y en a d'autres ?, il me semble un peu puéril.

    Enfin, devoir se présenter à un organisme situé à quatre ou cinq rues de chez soi, organisme qui, par ailleurs vous fait vivre, et cela dans un délai d'un mois, voilà qui ne me paraît guère tyrannique. Mais enfin, je comprends bien que, quand on représente l'opposition, il faut bien s'opposer à quelque chose.

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    1. Pour l'ASE, les enfants ont tout de même vocation à retourner dans leurs familles, ne l'oublions pas.

      "Quant à l'argument bateau consistant à dire : pourquoi s'attaquer à telle fraude alors qu'il y en a d'autres ?, il me semble un peu puéril."

      => ça tombe bien, je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas s'y attaquer.

      Une MDS à 4-5 rue des chez soi. Oui Oui bien sûr...Une vingtaine en Essonne. Et leurs agents sont déjà débordés.

      Mais où ai-je écrit que c'était un scandale de contrôler ?

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    2. Pour l'ASE, ma question n'était pas piégée : j'ignore absolument ce que c'est, et, donc, encore plus comment ça marche (ou ne marche pas).

      Pour vos "MDS", vous chipotez sur les mots : vingt agences dans un département français de taille normale, ça signifie que vous en avez forcément une à proximité (même s'il faut prendre le scooter ou la voiture…)

      Pour le reste, si vous n'avez pas dit qu'il ne fallait pas s'attaquer aux fraudes, vous avez dit quoi ? Contre quoi sommes-nous censés nous indigner ? Où se cache la menace fasciste ? Dans le fait que des allocataires vont devoir se bouger une fois dans le mois ?

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    3. Comme vous y allez... Je n'ai jamais parlé de menace fasciste. Je dis juste que les priorités de la droite qui vient juste d'arriver au CG me semblent limite et qu'elles visent une fois de plus les plus précaires.
      Et que 17% de la fraude au RSA soit dans le seul département de l'Essonne, ça me fait doucement rigoler.

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    4. Oh, de toute façon, je disais ça uniquement pour faire mon boulot de troll et ne pas être obligé d'aller pointer. Pour le reste, je me fous aussi bien des traîne-savates de l'Essonne que de ses finances publiques, vous vous en doutez. Comme, de toute façon, ce pays est foutu, tout cela est sans importance.

      Bon, je retourne écrire Paludes, moi…

      (Au fait, j'ai pensé à vous, hier ou avant-hier, relisant le Journal des Goncourt. Il raconte (un jour de 1891) que, en villégiature chez les Daudet, à Champrosay, il part se promener en voiture (voiture à cheval, évidemment) avec Jeanne, la petite fille de Victor Hugo, qui vient d'épouser Léon Daudet, le fils aîné d'Alphonse. Et il note que leur promenade les entraîne jusqu'à Yerres "et ses charmants paysages mouillés".)

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    5. P'tain ,vous pensez à moi... Nous v'là bien.

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    6. Quand je dis "il", je veux parler d'Edmond, le survivant des deux frelots : le cadet, Jules, a défunté de la syphillis dès 1970.

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    7. Faites donc un petit somme.

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    8. C'est au niveau national (et donc, décidé par un gouvernement de gauche) que les allocations de rentrés scolaire 362,63 € pour les enfants âgés de 6 à 10 ans, 382,64 € pour les enfants âgés de 11 à 14 ans et 395,90 € pour les enfants âgés de 15 à 18 ans ne seront plus versées aux familles des enfants pris en charge par l'ASE. Ces sommes seront conservées pour l'enfant sur un compte spécial et lui seront remises à sa majorité.
      Les établissements éducatifs ou les familles d'accueil touchaient, et continueront à toucher, une allocation scolaire bien moindre, mais suffisante pour couvrir les frais réels. Donner aux familles l'allocation de rentrée scolaire sans condition de juste emploi n'était donc pas justifié.
      Il ne s'agit pas de précariser méchamment les familles. Les enfants placés par mesure judiciaire ne le sont jamais à cause de la pauvreté des parents, mais à cause de dysfonctionnements éducatifs. La durée moyenne du placement va de quatre à six ans selon les départements, un placement sur deux dure plus de trois ans.
      Les allocations familiales sont versées aux familles qui continuent à héberger l'enfant pendant le placement (week-ends, temps de vacances) et sont parfois mises sous tutelle: les dépenses se font sous justificatifs. Parfois aussi, les allocations ne sont pas versées aux familles (quand il n'y a aucun désir du parent de s'occuper de son enfant, ou que la maltraitance de la famille interdit l'hébergement et impose un travail de longue haleine pour envisager un retour dans le milieu familial.

      Encore une fois, le versement de l'allocation de rentrée scolaire sur le compte de l'enfant est une mesure de gauche. La prise en charge de l'ASE s'arrêtant aux 21 ans du jeune adulte, ce petit pécule pourra l'aider à continuer ses études, sa formation professionnelle, à passer son permis de conduire, etc.

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  3. C'est tellement cliché...

    Mais bon ! La droite la plus crasse que l'on jamais connue est fidèle à elle-même ! Comme toujours ce sont les plus précarisés qui passent à la caisse !

    Et oui, recevoir le RSA ce n'est pas un bénéfice !

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  4. Salut Elodie, qu'est ce que tu penses de la volonté du gouvernement socialiste de controler les chomeurs, jusqu'à autoriser Pole Emploi à aller fouiller dans les comptes en banques des. bénéficiaires d'allocations chomage ?

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    1. Je suis pour le contrôle si on se donne les moyens de le faire correctement. Ce n'est pas aux agents de Pôle Emploi de le faire pour la simple et bonne raison que je pense que ça relève de l'inspection du travail.
      Je suis contre l'examen des comptes en banque.
      Ça te surprend?

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    2. ca me surprend, oui et non. Je comprends pas comment tu peux etre socialiste au vu des mesures liberticides que ce gouvernement prend ?

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    3. finalement, à part le cynisme des postures, quelle différence entre Valls et Wauquiez ?

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  5. Et as tu manifesté contre l'adoption de la derniere loi de programmation militaire ?

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  6. La droite revient en force, allocataires préparez vos abatis, vous allez déguster !

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  7. Le RSA c'est quoi ? Cinq barettes de shit au doigt mouillé, pas une grosse perte.
    Fredi M.

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  8. Stéphanie .....................24 juin 2015 à 15:26

    Rien que d'imaginer les espions de la NSA essayer de comprendre le fonctionnement du RSA j'en rigole .................

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