Persévérance. Le mot de la semaine.



Chaque jour depuis mon dernier billet, je me dis qu'il faut que j'écrive sur ça, ou sur ça, ou encore sur ça. Il se passe tellement de trucs sur lesquels il y a matière à disserter, c'est ouf.
Heureusement qu'on est chacun et chacune chez soi à télébosser et qu'on a à peu près zéro loisir, sinon, on aurait vraiment, vraiment, trop de trucs à raconter en plus de l'actu. Bref, on serait déborday.
Heureusement, il y a (la) Persévérance.

Un Maire et ex-Député condamné pour viol et agressions sexuelles

Mercredi 17 février.
Georges Tron, Maire de la commune voisine de Draveil, celui-là même qui m'avait proposé un massage lorsque j'ai eu une fracture de fatigue (oui oui ça existe) du 5ème métatarse, après les départementales de 2015, est condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour viol et agressions sexuelles. Aucun lien de cause à effet entre mon 5ème métatarse et cette condamnation hein. Et évidemment, comme toute personne influente et ayant du pouvoir, il se pourvoit en cassation et bombarde les Draveillois et les Draveilloises d'un communiqué en mode "je ne lâcherai rien, je vous aime. Fidèlement, blabla". Il est persévérant, Georges.

Un robot sur Mars

Jeudi 18 février.
Persévérance atterrit sur Mars. Un petit tour de roue pour le robot, un tour de grande roue pour l'humanité. Mais beaucoup de gens s'en foutent. Moi je trouve ça fascinant. Je n'y comprends rien. Je n'y connais rien, mais je trouve ça fascinant. Un peu comme la série "Away" que j'ai adorée. Je m'y croyais totalement. J'avais carrément l'impression de faire partie intégrante de l'équipage. Et là, crois-moi que c'est pas un robot qu'on envoie sur Mars hein, mais tout une équipe d'astronautes du monde entier. 
Les premières images de Mars nous sont parvenues. En noir et blanc, un peu comme dans la télé qui pesait un âne mort, avec un tube cathodique long comme le bras, de mes grands parents. Les réseaux sociaux et le web se sont emballés et toutes sortes de memes sont sortis, un peu comme avec Bernie Sanders et ses moufles lors de l'investiture de Joe Biden. Souvent, Twitter, c'est vraiment de la merde. Mais des fois, on y déniche quelques pépites pas piquées des hannetons.
Les gens sont persévérants dans la création.

Une star du JT est visé par une enquête pour viols

Jeudi 18 février.
Patrick Poivre d'Arvor est accusé de viols par Florence Porcel. On découvre dans le Parisien que la star des JT et des plateaux littéraires est en fait parfois un gros lourd, souvent un harceleur, visiblement un pervers, et peut-être un violeur. Décrit comme insistant et souvent malaisant, les pratiques du bonhomme et sa façon de se comporter avec les femmes ne sont pas sans rappeler d'autres témoignages du même tonneau (voir plus haut dans ce même billet, voir plus loin avec DSK).
Persévérant dans les agressions, PPDA passe du statut de gendre, père ou frère idéal à celui d'homme de pouvoir qui ne sait pas se tenir et qui abuse de sa position et de sa stature pour intimider, agresser, violer ou humilier des femmes.

Une blogueuse en RTT

Vendredi 19 février
J'étais en congés. Et alors que j'avais tout le temps pour me pencher sur l'actu, rien. Que dalle. Il ne s'est rien passé. J'ai invité 4 amies à déjeuner puisqu'on n'a plus le droit de dîner sans dormir sur place. On s'est fait livré un repas jap, on a refait le monde. On a beaucoup parlé de Richard Berry, PPDA, Olivier Duhamel et on s'est imaginé un paquet de mecs de la même génération, des mêmes sphères d'influence et de pouvoir, en train de faire les 100 pas dans leur salon en serrant très fort les fesses et en marmonnant entre leurs dents, elles aussi serrées: "Pourvu qu'elle(s) ne parlent pas... Pourvu qu'elle(s) se taisent."
Dans l'après-midi, je suis sortie m'acheter des clopes (oui je sais c'est mal) à 800 mètres de chez moi dans la galerie marchande dont j'ai découvert qu'elle devait faire plus de 20 000 mètres carrés puisque le tabac était fermé. J'ai donc pris mon courage à deux pieds et je suis partie plus loin en direction du 2e rade qui vend des clopes. Quand soudain sur le chemin, je me suis rappelé qu'il y en avait un autre dans la vieille ville, la balade serait plus longue, mais plus agréable. Il faisait super beau. Boum. Fermé aussi. Je prends donc la prochaine à droite et j'arrive à la pâtisserie qui fait d'excellents Paris-Brest. Ni une ni deux, j'embarque un Paris-Brest. Et je reprends mon chemin vers le fameux rade Plan B qui vend des clopes.
Quand je te parle de rade, c'est vraiment un vieux rade de merde. D'abord ça pue le tabac froid, pas seulement dans l'espèce de véranda bas de gamme, mais aussi dans le rade. Dans ce rade, limite clandé, les gens picolent de la Kro au goulot. Pas sûre que ce soit hyper légal en ce moment. Dans ce rade, le marquage au sol sert avant tout de déco plus que de geste barrière puisque, clairement, tout le monde s'en cogne, au sens figuré comme au sens propre. On est tellement proches qu'on se cogne vraiment. Les masques sont rares et quand ils sont portés, ils le sont de façon parfaitement aléatoire et fantaisiste. Les gens bourrés à la Kro sont très imaginatifs dans la façon de porter le masque.
Bref, autant te dire qu'en sortant avec mes deux paquets de clopes à la main, j'étais remontée comme une pendule. À deux doigts d'appeler les flics pour balancer tout ce petit monde. Oh ça va hein, pas la peine de lever les yeux au ciel. Détends-toi. La délation a beau être une passion française, je ne l'ai pas fait. Bah ouais, tu comprends, si je les balance et qu'ils se prennent une fermeture administrative, où est-ce que je vais acheter mes clopes, moi ?
De retour chez moi, j'ai englouti le Paris-Brest en guise de récompense de ma persévérance et des 5 bornes à pied pour trouver des clopes.

Manif de fachos à Paris

Samedi 20 février.
Le mouvement facho, raciste et d'extrême-droite, Génération Identitaire, manifeste à Paris pour s'opposer à sa dissolution dans l'acide. Soudain frappé au coin du bon sens il y a quelques jours (semaines ? Je ne sais plus, je m'y perds avec toutes ces contraintes temporelles), Gérald Darmanin, a pris conscience de ce qu'était Génération Identitaire. Un groupuscule de jeunes fachos décérébrés, nostalgiques de l'aryanisme et de la pureté d'une race dont ils sont les seuls à se revendiquer. Réalisant que "Oh mais dis-donc, ils se comporteraient pas un peu comme une milice ? Et puis leur idéologie là, elle inciterait pas un peu à la discrimination, à la haine ou à la violence?", la lumière fut et, notre bon Ministre de l'Intérieur (lui aussi accusé de viols mais c'est un autre sujet), a décrété qu'il fallait dissoudre cette bande de miliciens et de miliciennes en doudounes bleues.
L'histoire ne dit pas si le Préfet Lallement s'est joint aux manifestants.
La persévérance des fachos a pris du plomb dans l'aile ce week-end.

Islamo-gauchisme, la Ministre persiste et signe

Dimanche 21 février.
Bah quoi ? Tu croyais quand même pas que j'allais faire un billet rétrospectif de la semaine sans parler de l'islamo-gauchisme, du catho-droitisme et du printano-républicanisme quand même ?
Fallait bien que je trouve un moyen de le placer, c'est bon pour le référencement de mon blog.
Mais en fait, je ne vais pas en parler. D'autres l'ont fait mieux que moi. Va donc faire un tour chez Jegoun, Boris ou sur le site de l'Express... "Cette équivoque transforme ce qui devrait être un débat exigeant en un concours d'invectives où chacun tente de discréditer l'adversaire idéologique. Oecuménico-navrant". Diantre, je suis d'accord avec l'édito d'Etienne Girard... Deviens-je de droite ?
Décidément, notre Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche fait elle aussi preuve d'une grande persévérance dans le n'importe-quoi-isme.

Les Alpes-Maritimes sous cloche

Lundi 22 février.
Les Maralpins et les Maralpines font la une de l'actu. C'est tellement nawak sur le plan sanitaire et épidémique dans le département, que la France entière scrute la Promenade des Anglais pour savoir à quelle sauce vont être mangés les prochains départements qui afficheraient la même insolence et les même taux d'incidence de réactivité de contagion au virus et ses variants de France et de Navarre.
Stéphane en a fait un parfait résumé.
Clairement imbattables au jeu du grand n'importe quoi, certains Niçois et Niçoises ont placé la barre très haut dans le déconfinement de la connerie.
La persévérance est toujours récompensée. Résultat : un confinement territorialisé, une première. Bravo le veau !

Un monstre sacré de la grande famille du cinéma qui s'aime est mis en examen pour viols et agressions sexuelles

Mardi 23 février.
Et boum. Encore un. Gérard Depardieu, 72 ans au compteur, a été mis en examen le 16 décembre dernier, pour viols et agressions sexuelles.
Les faits remonteraient à l'été 2018. Une comédienne d'une vingtaine d'années affirme avoir été violée à deux reprises au domicile parisien de l'acteur.
Il s'est passé un truc assez remarquable avec cette accusation. Autant pour Richard Berry et PPDA, la surprise, la stupéfaction, voire la déception, furent les premières réactions que j'ai perçues dans mon entourage. Autant avec celle de Depardieu, je ne compte plus le nombre de "c'est marrant, ça ne me surprend pas" que j'ai entendus ou lus.
La persévérance de la plaignante est admirable. Quand on sait quel est le parcours de combattante que les victimes de viols, violences et /ou agressions sexuelles doivent affronter quand elles se lancent dans une procédure judiciaire...

Le gras, c'est la vie

Mercredi 24 février. Aujourd'hui donc.
Le mercredi, je vais physiquement au boulot. C'est à dire que je me lève presque une heure plus tôt, je prends ma voiture et mon badge et je file "sur site" comme on dit. Non pas pour voir des gens ou parler avec eux ou manger avec eux. Non. En bonne misanthrope qui se respecte, je ne sors pas de chez moi "pour voir des gens". J'ai choisi de retourner physiquement au taf, uniquement pour couper la semaine en deux, briser la routine du téléjob et du quotidien, séquencer le rythme de travail. J'aime fermer la porte de chez moi le matin pour aller bosser et la rouvrir le soir après une bonne journée de labeur. C'est comme ça, j'y peux rien. Je crois que mon doctorat m'a traumatisée. Des années d'enfermement pour un travail solitaire, j'en ai soupé.
Ce midi, à la cantoche, il y avait de la tartiflette au chorizo. Comme j'ai super bien géré mon plateau repas, j'avais déjà sélectionné du fromage. J'ai donc mangé de la tartiflette au chorizo, du reblochon avec un morceau de pain et une salade d'oranges en dessert, histoire de rééquilibrer le taux de gras.

Ainsi va la vie dans le monde pandémique. Tenir bon et persévérer.

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14 commentaires

  1. Excellent billet. J’espère que tu vas persévérer dans cette voie et en poster encore plein d’autres 😉

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  2. Tu as blogué trop tôt car voilà-t'y-pas qu'ils confinent Dunkerque dès vendredi soir. Des mesures fortes dit Véran, hahahahahaha (fin de la blague). D'ailleurs Véran va causer dans le poste demain, pour brasser du vent encore ?

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  3. Persévérant je suis allé au bout de ce long papier. Mais j’ai été payé de ma peine : car j’adore lire « le gras c’est la vie » !

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  4. Persévérant oui ! Le gras c’est la vie !

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    1. Mais oui. Le gras c’est la vie et c’est bien là l’essentiel

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  5. Étant en vacances, j'ai loupé des épisodes de lnactu, mais pas bien grave...
    L'important, c'est le reblochon 😁

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  6. Oui que cela fait du bien de te lire, même si ta semaine n'a pas le goût d'un long fleuve tranquille...
    P....n, fais moi rêver, mets des paillettes dans ce cloaque !
    Mais surtout, continue d'écrire !

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    1. Je vais continuer tu penses bien...
      Mais le Paris-Brest et le reblochon, c’est un peu des pailletés quand même hein !

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  7. Je vais encore faire mon petit pion pénible (sinon, je risquerais de décevoir…) : on ne peut pas être "chacun chez nous", mais "chacun chez soi". Dans les deux cas, pensez à bien refermer la porte derrière vous, afin d'éviter les déperditions de chaleur qui risquent de tuer la planète.

    Le problème, en ce moment, avec le Pqaris-Brest, c'est que, quand on a avalé la dernière bouchée de ce machin, on se retrouve en principe à Brest… et plus moyen d'être rentré à la maison avant le couvre-feu !

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    1. C'est corrigé. Merci.

      En effet, c'est le drame du Paris-Brest

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