Rosaelle m'interpelle dans son dernier billet.
Elle en relaie un autre (billet) dans lequel il est question de la violence 2.0 faite aux femmes.
C'est donc une violence virtuelle. Une violence contre laquelle les femmes sont protégées par un écran en somme.
Enfin tout est relatif hein.
Mais je sens poindre la remarque du genre:
"Ouais bah c'est bon hein. C'est que des mots. Elle a pas été tabassée non plus la meuf."
C'est en Suède que ça se passe.
La Suède qui n'est pourtant pas un pays complètement "à la traîne" en matière d'égalité femmes-hommes me semble-t-il.
Mais finalement, ce n'est pas trop d'égalité dont il est question, mais plutôt de la banalisation de la violence verbale envers les femmes.
Puisqu'il est question dans ces 2 billets de rap, hip-hop-yo-wesh-wesh, je vais rester dans le thème.
Mais avant toute chose, sache toi qui me lis, que même si je ne suis pas überfan de rap, je te mentirais si je te disais que:
"Oh non! Jamais de la vie je n'écouterai cette musique d'analphabètes, et puis d'ailleurs ce n'est pas de la musique"
Non.
Moi mon truc c'est le rock (heavy, soft, metal, grunge... peu m'importe du moment que je peux pogotter en Doc Martens).
Mais, comme je suis open-minded paraît-il, j'écoute aussi du rap.
Parfaitement. Abd Al Malik, I am, MC Solaar... Mais aussi Snoop Doggy Dog, Coolio ou encore... Et oui j'avoue, quelle horreur, Joey Starr...
Mais seulement certaines de leurs chansons (je me dédouane comme je peux).
Je n'y peux rien: certains de leurs titres me restent dans la tête, leurs paroles sont pas trop connes, le flow est riche et la musique me plaît.
Que veux-tu? Je ne vais pas vivre avec des boules Quiès ou changer de station dès que j'entends du rap hein.
Mais heureusement pour moi, je n'écoute pas de radios qui diffusent Booba ou La Fouine.
Ceux-là mêmes qui te diront que les artistes que j'ai cités plus haut ne sont pas des rappeurs, et blablabli et blablabla.
Alors évidemment, visuellement, c'est un autre délire et c'est là que le bas blesse aussi. Parce que forcément, dans la plupart de leurs clips, c'est bagouses aux doigts, chaînes en or qui brillent et qui pèsent 2 tonnes au bas mot, et surtout, pour faire joli dans le décor viril de ces caïds à deux balles:
Des femmes, des meufs, des gonzesses... des teupus comme on dit.A moitié nues, voire au 3/4 nues, mais jamais pieds nus: toujours en talons aiguilles cela va sans dire.
Mesdames se trémoussent, se frottent près de Monsieur qui les ignore carrément, tant la belle plante est une plante verte qui pourrait trouver sa place en déco de salon près de l'écran plasma de Monsieur le rappeur.
Vérifie par toi-même. Il suffit d'aller sur Youtube, de taper "clip Booba" mais de couper le son.
Enjoy.
Et puis soudain, par un miracle de technologie incontrôlé, la machine se met en route et tu entends ça:
Et qu'on ne vienne pas non plus me dire que la "salope" de La Fouine est en fait sa bagnole. Sans doute sa Benz-Benz est-elle si docile qu'il en fait ce qu'il veut, comme avec une salope finalement. Là n'est pas trop la question en fait.
La question, c'est plutôt de savoir quel est l'impact de ce genre de propos quand ça tombe dans les oreilles de millions d'ados prépubères, puceaux et pucelles la plupart du temps, et qui n'ont que leurs parents (dans le meilleur des cas) pour seule référence hétéro-normée (dans le "meilleur" des cas)...
Et encore, je vous ai épargné la sémantique insultante vis-à-vis de l'homosexualité. Car si nombre de rappeurs ne sont pas women-friendly dans leurs paroles, ils sont encore plus nombreux à ne pas être gay-friendly.
Alors quand j'entends Manuel Valls déclarer qu'il voudrait contrôler davantage les propos de certains textes de rap qui véhiculent: "une image dégradée de la place de la femme au sein de la société", je m'interroge...
Moi qui suis à priori contre la censure, comme je l'expliquais déjà à Rosaelle, en août dernier dans ce billet-ci, je vais finir par être d'accord avec Manuel Valls.
Je crois que je vire réac. Ou indignée.
Ou lucide.
C'est selon.
Mais je m'interroge...
Et puis soudain, par un miracle de technologie incontrôlé, la machine se met en route et tu entends ça:
- "Si t'es sérieuse t'es ma meuf, sinon t'es ma pute" (Booba - Garde la pêche)
- "Sale pute j't'offre pas des fleurs, passe-toi la chatte au rouleau" (Booba - Wesh Morray)
- "Dégage de ma chambre salope si t‘as tes règles" (La Fouine - Fouiny Juice)
- "Salope, j'te lèche la chatte" (La Fouine - Chewing gum)
- "J'ai tant besoin de toi, t'es ma salope à moi!" (La Fouine - Veni Vidi Vici)
- "Suce ma bite pour la Saint-Valentin" (Orelsan - St Valentin)
- "Tu veux baiser sans sucer bouffonne ? Garde la pêche !" (Booba - Garde la pêche)
Et qu'on ne vienne pas non plus me dire que la "salope" de La Fouine est en fait sa bagnole. Sans doute sa Benz-Benz est-elle si docile qu'il en fait ce qu'il veut, comme avec une salope finalement. Là n'est pas trop la question en fait.
La question, c'est plutôt de savoir quel est l'impact de ce genre de propos quand ça tombe dans les oreilles de millions d'ados prépubères, puceaux et pucelles la plupart du temps, et qui n'ont que leurs parents (dans le meilleur des cas) pour seule référence hétéro-normée (dans le "meilleur" des cas)...
Et encore, je vous ai épargné la sémantique insultante vis-à-vis de l'homosexualité. Car si nombre de rappeurs ne sont pas women-friendly dans leurs paroles, ils sont encore plus nombreux à ne pas être gay-friendly.
Alors quand j'entends Manuel Valls déclarer qu'il voudrait contrôler davantage les propos de certains textes de rap qui véhiculent: "une image dégradée de la place de la femme au sein de la société", je m'interroge...
Moi qui suis à priori contre la censure, comme je l'expliquais déjà à Rosaelle, en août dernier dans ce billet-ci, je vais finir par être d'accord avec Manuel Valls.
Je crois que je vire réac. Ou indignée.
Ou lucide.
C'est selon.
Mais je m'interroge...







