Stages: enfin une loi digne de ce nom!

C'est marrant comme tout le monde (les médias, les politiques) s'en fout.
Parce que quand même, améliorer les conditions de travail des stagiaires dont le nombre a doublé en 10 ans, il était temps! Ils sont aujourd'hui 1,2 millions dont 840 000 étudiants. C'est pas rien quand même.


  • Hier ils étaient des milliers a être stagiaires un mois, puis deux, puis six, puis 11...
  • Hier ils étaient des milliers à se demander s'ils auraient une "récompense" à la fin de leur stage.
  • Hier ils étaient des milliers à abattre le boulot d'un salarié lambda, voire plus.
  • Hier ils étaient des milliers à être exploités par des patrons ravis de profiter de cette main-d'œuvre motivée, jeune, dynamique, "qui en veut", et qui coûte pas un rond.
Et bien demain, ce sera une autre chanson.

N'en déplaise à l'UMP qui, comme d'habitude, a pourri les débats par des dizaines d'amendements, tous rejetés les uns après les autres.
Quant à l'UDI, elle était aux abonnés absents de cet hémicycle qui comptait à peine une quinzaine de députés quand la loi a été adoptée.

Tout le monde s'en fout j'vous dis.
Mais moi, pour avoir été stagiaire un mois dans un grand quotidien national en septembre 2001, je dois dire que cette loi me ravit.
Même si je n'étais pas à plaindre et qu'en dépit d'une convention de stage qui stipulait que celui-ci ne donnerait lieu à aucune rémunération, je n'ai pas caché ma joie lorsque le directeur moustachu de la rédaction, est venu nous remettre une enveloppe avec un chèque de 150€.

Portée par la députée socialiste Chaynesse Khirouni, la loi adoptée hier prévoit:
  • la limitation du nombre de stagiaires par rapport aux effectifs d’une entreprise. Elle sera fixée par décret et devrait tourner autour de 10%. Proportion souvent pulvérisée comme l’a dénoncé à plusieurs reprises le collectif Génération Précaire.
  • la limitation de la durée des stages à 6 mois afin que les stages ne remplacent pas un job. Les missions de l'inspection du travail seront renforcées pour contrôler le respect de cette disposition (amendement FdG).
C'est là où je suis un peu perplexe dans le sens où les offres de CDD sur Pôle Emploi tournent toujours entre 4 et 8 mois... On est déjà dans la durée maximale d'un stage. Mais bon.
  • Obligation d’inscription des stagiaires dans le registre unique du personnel.
  • Protéger les droits des stagiaires en leur accordant des autorisations d’absence en cas de grossesse, de paternité ou d’adoption, des «protections concernant les durées maximales de présence et les jours de repos», ainsi qu’une exonération d’impôt pour les gratifications versées aux stagiaires. 
  • En cas d’interruption du stage, l’établissement d’enseignement supérieur de l’étudiant pourra valider le stage.
  • Interdiction que le temps de travail des stagiaires soit supérieur à celui des salariés. 
  • Interdiction de leur confier des tâches dangereuses.
  • Tickets resto et prise en charge des transports pour tous.
  • Gratification, toujours obligatoire pour les stages dépassant 2 mois, sera due dès le 1er jour de stage.
  • Réduction des délais à un mois pour que les prud’hommes se prononcent sur la requalification de certains stages en contrats de travail (amendement FdG).
Même le Front de Gauche a voté pour compte tenu de "mesures indiscutablement positives", a expliqué Jacqueline Fraysse, députée des Hauts-de-Seine.

Mais l'histoire ne dit pas si elle a été contrainte de se laver la bouche au savon ou si elle a été virée pour avoir dit du bien d'une loi socialiste.

Et l'UMP, notre brave UMP, de crier au loup en affirmant que ces mesures ne sont qu'un copié-collé du statut de stagiaire sur celui de salarié.
Ils sont cons ou ils son cons? 

Le salarié version UMP serait-il un précaire en CDD de 6 mois payé au lance-pierre?
Ils sont affligeants.

Eh Jégoun! T'as vu? Un billet politique!

Sources:


Billet stagiairisé depuis un iPhone

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34 commentaires

  1. Réponses
    1. ça pue la démagogie ! .....
      Le Jégoun présentant la critique , antiicippe (ou anti slippe?) .....
      Comme d'habitude il se cache derriére son pseudo humour qui n'est que mépris et condescendance .... Le Jégoun tappotte depuis le chiottes de son bistro son message cosmo universerl ..... "Il est temps" !!!!! Temps .... pour quoi ? pauvre Jégoun !!!! Pour tenter d'exister un peu ? Avant le néant ? ......

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    2. Tu es vraiment taré. La taulière finit son billet par "Eh Jégoun! T'as vu? Un billet politique!". Je lui réponds : il est temps. C'est tout. C'est de l'humour, un salut,...

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    3. De l'humour ? ..... Mais quel humour ? .....
      C'est ton foutre puant qui coule de ta vieille bite que tu appelles "humour" , pauvre tipe !!! .....
      Tu es Là ! à te branler dans le chiottes de ton bistro .... et ton foutre dégueulasse suinte de ton pénis pourri .... et tu appelles cela de l'humour ? ...... Ton âme est une blennorragie ! Jégoun ! .....

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    4. c'est un réquisitoire à décharge , quelle saillie !

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    5. Stéphanie, si tu viens ici juste pour insulter des commentateurs qui t'ont blacklistée sur leurs propres blogs, c'est pas la peine.
      Je connais Jégoun "dans la vraie vie" comme on dit, alors tes remarques, tu peux te les garder.
      Maintenant, si tu as un avis sur mon billet, il est le bienvenu, comme tous tes commentaires jusqu'à présent.
      Mais là, c'est au moins le 4ème billet sur lequel tu interviens juste pour cracher ton fiel sur Jégoun.
      Perso, j'ai eu ma dose.


      Jégoun: oui comme tu dis! Il était temps!

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    6. Bon allez, j'avoue : en fait, Stéphanie n'existe pas. C'est moi qui ai créé cet avatar afin de pouvoir cracher ma haine du Jegou, tout en continuant, sous mon vrai nom, de me faire offrir des bières.

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    7. Oui, il était temps (bobiyé politique) ;)

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    8. Didier Goux: qui l'eut cru?

      Bembelly: merci

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    9. Quoi? Didier Goux fait son coming-out?

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  2. Petite digression gauchiste (ouais, j'ai encore des séquelles et c'est pas toujours facile à vivre...)

    L'équation insoluble des socialos européens et des baltringues de l'UMP: "Comment rester compétitifs dans une économie mondialisée tout en protégeant notre système de couverture et de droit social?

    1- détruire l'industrie, passque les ouvriers on peut plus les fouetter, passqu'ils sont moins rentables que les chinetoques et que quand ils sont colère, ils cassent la tête des patrons avé des clés à molettes.
    2- mettre les femmes au boulot (donc s'attaquer au patriarcat et à la famille) passque ça fait vachement moderne, passqu'on peut les payer moins cher et qu'elles vont pas casser la tête des patrons avé des clés à molettes (ça marche aussi en politique).
    3- faire rentrer pleins d'immigrés un peu débiles, passqu'y foutent la pression au populos franchouille (cette feignasse qu'est jamais contente), passque vu d'où ils viennent ils vont pas être trop exigeants (enfin, au début...) et puis ils font des gosses (ça fait tourner la machine ça ma ptite dame et ça fait des belles pubs benettone avé des ptits négros dedans qui sont trop mignons) et enfin et surtout ils votent contre les méchants d'esstrême drouate et ça c'est bien.
    4- mentir, mentir et surtout mentir avé les copains de la télé et des journaux subventionnés qui vont raconter aux cons que tout va bien et qu'on est entrain d'inverser ou redresser la courbe de mon zgeg.
    5- Mettre des sparadraps sur des jambes de bois, en faisant des lois pour améliorer les conditions de vie des culs de jatte, des stagiaires (des tickets resto? oh oui je jouis...) et des hermaphrodites de haute montagne.
    5- acheter suffisamment de clientèle électorale (suffrage universel) détourner et arroser à tout va (méthode: le socialisme marseillais, par exemple) pour s'assurer la paix sociale et une marge pour lé copaings.
    6- avec quel argent tout ça? avec l'argent de la dette qu'on n'a pas mais on s'en fout, les banques nous payent pour faire le job et puis les français sont des veaux et nous on finira tranquillou aux Bahamas avé des putes et des cocktails.

    Mais comment peut-on défendre le PS aujourd'hui? (voilà, dès que vous refaites des billets politiques, je me remets à dire des trucs moins sympatoches).

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    1. En fait, j'arrive à m'auto-désespérer avec mes propres commentaires (vous aurez donc l'amabilité de ne pas y répondre).
      Déjà que ceux des autres me remontent pas souvent le moral...
      Je crois que je vais prendre quelques vacances. Portez vous bien.

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    2. Et donc? Votre proposez quoi? Qu'on laisse les entreprises faire n'importe quoi?

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  3. T' es un amour, tu vois que le bien. Oui, il y en a, mais c'est inadmissible que l' obligation de payer ne débute pas au début du stage, il fait quand même le job, le stagiaire.

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    1. Je ne dis pas le contraire Rosa. J'ai même dit que cette loi était insuffisante, dès lors que certaines boîtes proposent des CDD d'un mois.
      Toujours est-il que pour avoir été moi-même stagiaire 1 mois, si je vire la 1ère semaine d'acclimatation, la seconde d'observation, le fait est que je n'ai réellement bossé pour le journal en question que 15 jours.
      Quand des élèves de 3ème font des stages d'observation, ils ne sont pas payés. perso, au risque de passer pour une affreuse réac, ça ne me gêne pas.

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    2. Et bien, il n'y a qu'à supprimer les stages de 3ème, qui ne servent à rien du tout, sauf à bien montrer qu'on peut faire bosser les gens pour que dalle et à emmerder les parents. Surtout que ce n'est pas du boulot.
      Ensuite, même si c'est pas le même boulot, au niveau efficacité, ma grand-mère disait: tout travail mérite salaire, il n'y a qu'à donner une moindre rémunération.
      Mais, au fait, c'est pas déjà comme ça que ça se passe?
      oups...

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  4. Résultat prévisible : les entreprises vont réduire leur nombre de stages (tant pis pour les pauv' gars qui en espéraient un) et elle n'embaucheront pas davantage.

    Le socialisme suit son cours, quoi…

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    1. Alors laissons carte blanche aux entreprises.

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    2. Excessive, tout de suite ! Comme si, avant votre loi, les entreprises avaient eu carte blanche.

      Et puis, je dois dire qu'ayant vu, dans ma carrière, passer des dizaines et des dizaines de stagiaires, je dois bien reconnaître que la plupart ne servaient à peu près à rien – ou disons à fort peu de chose, au moins durant les premières semaines. Par conséquent, ne pas les payer ou les payer peu durant ce temps-là ne me paraît pas spécialement choquant.

      Mais, au fond, la vérité c'est que je m'en branle.

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    3. C'est en substance ce que j'ai répondu à Rosa.
      Enfin, juste pour la 2ème partie de votre com hein...

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  5. il me semble que pour les embauches de stage, se passe le même phénomène que pour les entretiens professionnels, a savoir que les visages ou noms évoquant le sable chaud auraient moins de chances de postuler ou de trouver des stages.
    mais , lorsqu'ils seront sur le marché de l'emploi, ils le constateront

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    1. Oui je suis a priori ok pour la limitation des stagiaires...sauf qu'effectivement pour l'avoir vu et avoir meme subi des pressions en ce sens les pistonnes passeront en priorite alors meme qu'en face les diplomes demandent de plus en plus de stages pour valider. On va donc vers un desequilibre important du "marche".

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    2. Il faudrait une loi contre le piston.

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    3. Et où tu trouves les hommes politiques, sinon?
      Les rois des réseaux, comme Julien Dray, ou d'autres...

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    4. Une loi???? Je ne vois absolument pas comment l'appliquer c'est impossible. Le piston ne vient pas que des chefs c'est à tous les niveaux. Je me suis fait pourrir la vie parce que j'ai osé prendre des stagiaires de l'extérieur qui m'ont envoyé des lettres plutôt que le cousin de la belle-sœur du comptable. La plupart des "gros" pistonnés que j'ai vu sont échangés par leurs parents respectif amis donc aucun lien officiel sur quelles bases juger? (Surtout dans le cas des grandes écoles où ils n'auraient aucun pb a trouver mais avait juste la flemme de faire une lettre et ensuite vont te répéter le mantra de leurs parents csp+ que les chômeurs français sont trop feignant c'est presque mignon à écouter quand t'es stagiaire de l'université ( donc tu vaux rien en dehors de dauphine et la sorbonne) et que tu as un boulot à côté.

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  6. C'est quand même dingue, et il était temps que les stagiaires aient les mêmes droits que les autres salariés qu'en 2014!!!!

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  7. "Mais l'histoire ne dit pas si elle a été contrainte de se laver la bouche au savon ou si elle a été virée pour avoir dit du bien d'une loi socialiste."
    A part ce petit commentaire (puis-je le qualifier "d'anti-communisme primaire"?), je suis entièrement d'accord...C'est une loi progressiste que bien sûr, comme d'habitude, médias et politiques n'ont pas souhaité mettre en avant...Dommage pour la politique...

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    1. Non ce n'est pas de l'anti-communisme primaire! C'est mal me connaître.
      C'est une pique, de bonne guerre, vis-à-vis du FdG qui est dans l'opposition de principe quasi-systématique depuis 2 ans.
      J'ai bien dit "quasi" hein...

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