La fraude: un sport de riche pour les riches

Vendredi soir, les camarades de Montgeron, qui ont l'immense privilège d'avoir hérité d'un Nicolas Dupont-Aignan bis à la tête de leur mairie, avaient invité plusieurs copains des sections voisines (Brunoy, Yerres, Vigneux...etc.) à assister à une conférence de Philippe Watrelot sur la crise, ses diagnostics, ses enjeux et ses solutions.
C'était vachement intéressant.
Tu connais ma passion pour les chiffres et l'économie hein. Donc autant te dire que, si moi j'ai compris tout ce qu'il racontait, tout le monde a compris aussi.
Bref.
Il avait apporté avec lui le dernier numéro d'Alternatives Economiques, dont la Une m'a tout à fait interpellée. Une fois n'est pas coutume, je me suis plongée dans la lecture de chiffres, graphiques et autres données statistiques.
Comme quoi... Quand on veut, on peut.

La grande question soulevée par Alternative Eco était la suivante:
Qui sont les vrais fraudeurs?
Je te vois venir ami réac et je sais que tu as la réponse à cette question:
  • Les fraudeurs sont les chômeurs qui profitent du système et qui pioncent confortablement sur le matelas de leurs allocs si élevées qu'ils n'ont aucun intérêt à cherche du taf. 
  • Les fraudeurs sont les immigrés qui font des gosses à tour de bras pour profiter des allocs.
  • Les fraudeurs sont ces feignasses de fonctionnaires qui glandent rien et passent leur temps à se coller en arrêt maladie.
Et bien non! Perdu. Tous ces gens-là sont des petits joueurs à côté des vrais fraudeurs: ceux qui en ont fait leur fond de commerce, leur raison de vivre; ceux pour qui frauder est devenu un mode de vie.

Et là, figure-toi que ce connard d'assisté que tu conchies au Café du Commerce le dimanche matin n'y est pour rien.

Car comme le rappelle Alternatives Eco, ce sont les entreprises qui sont les vraies championnes de la fraude sociale. L'arnaque en bande organisée aux cotisations sociales pèse 6 fois plus lourd que celle aux prestations sociales. T'as vu?

Le dernier rapport de la Cour des Comptes, qui n'est pas réputée pour être une affreuse organisation socialo-compatible, estime le manque à gagner pour la Sécu à 21 milliards d'euros pour 2012, et jusqu'à 25 milliards si on l'étend à l'assurance chômage et aux prestations complémentaires.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le fraudeur professionnel ne pousse pas sous le sabot d'un cheval à tous les coins de rue. Il n'est pas non plus dans un processus de prolifération incontrôlée. Il n'y a pas plus de fraudeurs qu'avant. Simplement, le système de détection de la fraude est plus efficace que jadis: en 2013, les 2/3 des entreprises contrôlées ont fait l'objet d'une régularisation à hauteur de 1,36 milliards d'euros. T'as vu?

Concernant les cancéreux de l'assistanat comme les décrivait il n'y a pas si longtemps notre cher Laurent Wauquiez, ils sont bien moins nombreux que les gus qui mettent en place des systèmes bien huilés de fraude fiscale ou aux cotisation sociales. Et plus hallucinant encore, le non-recours aux droits sociaux est supérieure à la fraude. C'est fou hein?

En 2011, le taux de non-recours au RSA avoisinait 68% et en 2010, cela représentait un manque à distribuer de 5,2 milliards d'euros. Idem pour la CMU ou l'ACS qui suit la même tendance.

Alors je te vois venir ami réac. Tu vas te dire que si les pauvres sont pas foutus de faire en sorte de bénéficier des aides auxquelles ils ont droit, c'est tant pis pour eux et c'est tout bénéf pour les finances publiques. Et bien c'est faux! Encore perdu!

Car en réalité, ce non-recours pèse très lourd à long terme sur les dépenses de l'Etat car la dépense n'est en fait que reportée et elle s'en trouve accrue:
"Lorsqu'une personne arrive aux urgences sans s'être fait soigner pendant des années, elle coûte beaucoup plus cher à la Sécurité Sociale. Le Secrétariat Général pour la Modernisation de l'Action Publique (SGMAP) avait ainsi calculé, dans une étude sur le gisement d'économies "moins de maladies", que le recours à la CMU-C permettait de générer pour l'Etat une économie de 1000 € par foyer concerné, et 300 € par foyer pour l'ACS."
C'est fou hein?

Et le champion de France toute catégorie de la fraude aux cotisations sociales est l'employeur qui se livre au travail dissimulé. A lui seul, il représente entre 18,5 et 22,9 milliards de manque à gagner par an.

Enfin, et là on aborde la catégorie des super poids-lourds: la fraude au fisc, une affaire de puissants, comme le souligne Alternatives Eco qui rappelle que la fraude et l'évasion fiscale représentent 20 % des recettes budgétaires. Et 2/3 des responsables de cette fraude massive sont les entreprises, loin de devant les riches particuliers.

Mais les préjugés ont le cuir solide. Et il est bien plus facile d'aller taper sur son voisin de palier que sur son boss ou sur le PDG de sa boîte, c'est sûr.
C'est plus facile de s'attaquer à celui qui est au fond du trou qu'à celui qui a creusé le trou.

C'est plus facile d'aller faire chier la quasi-totalité des chômeurs qui passent 200% de leur temps à chercher du boulot, sous prétexte qu'une infime minorité d'entre eux seraient d'affreux fraudeurs. Car comme le résume très bien Alternatives Eco:
"La fraude des pauvres et une pauvre fraude".
Mais comme les chiffres, ça va bien 5 minutes, rien de tel que de jolis graphiques pour enfoncer le clou.

François H., Manuel V., Emmanuel M., Michel S. et Pierre M., si vous me lisez: au boulot bordel!



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32 commentaires

  1. pour citer Gwen Stefani : that's not a sweet escape. C'est du très lourd quand les entreprises et les banques planquent leur fric dans des paradis fiscaux. Sans oublier les richous qui changent de nationalité juste pour ne pas payer un kopeck je pense au PDG de Total qui a cané y'a quelque temps : je trouvais déplacé qu'on rende hommage à un homme qui n'a rien payé en France et qui représentait plusieurs millions d'indus en France par an. Sans oublier LVMH, cette connerie qui me fait mal au dents à moi, l'amateur de vins. Pinault est une épine dans le pied aussi (Latour a atteint des prix stratosphériques ces derniers temps). Donc cessons de croire en l'assistanat et de faire le lit de la lie qu'est le FN et de L'UMP.

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    1. Finalement, j'en arrive à me demander si les riches ne sont pas plus assistés que les pauvres.

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    2. absolument et Gattaz trouve que c'est pas encore assez et que ce ne sera jamais assez

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    3. Pfff ces assistés ! Oui je bitche sur ces friqués qui s'engraissent toujours plus. J'adore les conchier ^^. Gattaz est l'individu qui se rapproche le plus du sombre crétin le moins en prise avec la réalité.

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  2. J'aime bien quand vous vous inventez un réac fantasmé (un peu comme le loup qui est caché dans l'armoire de la chambre : votre côté petite fille sans doute…), uniquement pour pouvoir lui attribuer des choses qu'un réac de chair et d'os ne dirait jamais. Car enfin, présentez m'en un qui soutienne que les patrons sont vertueux, que tous les chefs d'entreprises paient scrupuleusement leurs cotisations, que les riches ne tentent pas par tous les moyens d'échapper au matraquage fiscal, que les entrepreneurs du bâtiment ne font jamais bosser de clandestins pour trois francs six sous, etc. Faites-moi signe dès que vous l'aurez trouvé, hein ?

    (Sinon, il me semble aller de soi que l'argument d'Alternatives économiques (laissez les chômeurs tranquilles, puisqu'il y a des gens qui font pis qu'eux) est nul et non avenu. Le jour où vous irez porter plainte pour le vol de votre voiture et que le flic de service pour répondra d'un ton sévère : « Vous n'avez pas honte de stigmatiser un simple voleur de ferraille alors qu'il y a des gens qui assassinent leurs semblables ? », on verra quelle tête vous ferez.

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    1. Tiens, j'ai oublié de fermer ma parenthèse…

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    2. Alternatives Eco ne dit pas qu'il faut laisser tranquille les chômeurs qui fraudent puisqu'il y a pire, il est juste question de dire que le plus gros de la fraude n'est pas de la responsabilité des seuls chômeurs et / ou pauvres et / ou immigrés.
      Enfin, j'ai des amis réacs (et oui!) et le refrain du chômeur qui se complaît dans sa situation, je l'ai entendu. Ce refrain m'était même personnellement adressé.
      J'en ai aussi rencontré qui défendaient les patrons en expliquant que s'ils fraudaient, c'est qu'ils avaient de bonnes raisons.
      Je vous promets que des gens qui tiennent ce genre de propos existent.

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    3. Mais il y a aussi des chômeurs qui ne quitteraient leur état pour rien au monde ! Il faut prendre en compte la diversité (ce mot que vous aimez tant…) et la complexité des choses. Et l'on peut admettre que certains patrons se retrouvent dans une situation telle qu'ils n'ont (ou ne voient) plus d'autres solutions que la fraude. Ce qui, du reste, ne les excuse en rien.

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    4. Mais je ne dis pas le contraire. Il y a en effet "des" chômeurs qui se plaisent chômeurs. Mais l'intérêt que les médias ou les politiques leur porte est inversement proportionnel à leur nombre.
      Et j'admets aussi que "certains" patrons n'ont parfois pas le choix. Eux aussi sont minoritaires. Il faut sanctionner tout le monde mais il serait de bon ton qu'on s'attaque à tous ces fraudeurs de la même façon et arrêter le "deux poids, deux mesures" selon que l'on s'attaque aux puissants ou aux précaires.

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  3. Oui bon, si tu veux.

    Il y a tjrs la même logique d'analyse de la fraude dans les systèmes redistributifs:

    - Côté recettes, on recherche la fraude de ceux qui peuvent contribuer le plus, donc la fraude des "riches"

    - Côté dépenses, on recherche la fraude de ceux qui peuvent bénéficier le plus des transferts, donc la fraude des "pauvres "

    Comme en France on est très clivé gauche/droite, je te le donne en mille, la répartition des rôles sociaux, dans le discours, se fait ainsi:

    - quand on est de droite on focalise sur le côté dépenses, donc la fraude des "pauvres", qu'on fustige, of course,
    - Symétriquement, quand on est de gauche, on focalise sur le côté recettes, donc la fraude des "riches", qu'on fustige aussi, normal.

    Ca amuse 5 mn mais le truc, c'est d'avoir une approche globale. Je sais pas si cette analyse globale a cours dans les DIRRECTE (où tu bosses, non?) dont les missions relèvent plus du contrôle et de la sanction des entreprises dans le cadre d'un droit qui est conçu pour les baiser quoi qu'elles fassent.

    C'est un droit qui est conçu de telle sorte qu'il y a toujours quelque chose à trouver si on cherche, de façon que l'entreprise soit un sujet conscient de devoir sa survie à la bienveillance d'un Etat qui retient la sanction (principe de bienveillance de Ruwen Ogien).

    Un truc de tordu, donc les gens fraudent.

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    1. Démonstration imparable, il me semble.

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    2. Je ne bosse plus à la DIRECCTE.
      Le côté gauche / droite n'est pas faux. On ne se focalise pas sur les mêmes fraudeurs. Cela dit, rien n'empêche la droite d'ouvrir les yeux 2 secondes et d'arrêter de ne se focaliser QUE sur les fraudeurs pauvres.
      Concernant le contrôle des entreprises, c'est ainsi. "Quand on cherche, on trouve"... Il arrive aussi qu'on cherche et qu'on ne trouve rien. Maintenant, si on trouve, c'est que les entreprises déconnent non?

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    3. Ben, en matière de droit du travail, le code du travail fait 3.000 pages. S'y ajoute les textes annexes, genre conventions collectives et autre accords, plus les directives européennes et, bien sûr, la jurisprudence qui va avec tout ça.

      Dans ce bordel, une entreprise, même de bonne volonté, ne peut pas tout respecter à la lettre. Mais il est clair qu'il y a aussi des pro de la fraude, ou simplement des gens qui négligent leurs obligations et qui n'ont pas compris que ces obligations sont souvent sanctionnées par des peines de prison et des amendes.

      Ceux-là, une fois qu'ils se sont fait aligner, ils n'y reviennent plus. Il y a peu de récidives et beaucoup de primo délinquants dans ce domaine, alors que la délinquance de droit commun présente un profil quasi inverse: relativement peu de primo délinquants et un contingent important de multi récidivistes (au sens de réitérants) avec des casiers longs comme le bras.

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    4. Thierry Mandon va simplifier tout ça!

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  4. Bien d'accord avec l'analyse de Didier Goux sur le Réac fantasmé...
    Je peux vous livrer quelques éléments de compréhension qui vous permettront d'améliorer votre vivre-ensemble avec cette classe de la société à l'encontre de laquelle vous affichez un vif mépris.

    D'abord, le réac ne pense pas que "les chômeurs profitent du système et pioncent confortablement sur le matelas de leurs allocs si élevées qu'ils n'ont aucun intérêt à cherche du taf".
    Il pense que le chômeur subit un système qui le dissuade de reprendre une activité du fait du niveau des indemnités chômage (calcul rationnel du chômeur).
    Le réac pense aussi que l'ARE suffit rarement aux besoins du chômeur; de ce fait, si ce dernier a quelque talent manuel ou simplement, s'il est courageux, il se trouvera une activité non déclarée qui complétera son ordinaire. Et on retombe sur les milliards de fraude sur les cotisations sociales non déclarées. Et ce n'est pas seulement le patron qui insiste pour que le travail ne soit pas déclaré. Cela m'étonnerait qu'un torchon gauchiste comme Alternatives Economiques établisse ce lien.

    Depuis que votre blog est sur la blog list de Didier, je suis souvent venu vous lire et j'aimerai vous dire/rappeler le point suivant: critiquer un système n'implique la critique des personnes qui le constituent. Dire que l'indemnisation du chômage en France est mal foutue (le système) n'implique que tous les chômeurs sont des branleurs.
    Dire que la gestion des RH et de l'évolution salariale dans la Fonction Publique et que son organisation globale sont désastreuses et que la conséquence est une démotivation et un sous-travail chronique n'implique pas que tous les fonctionnaires sont des feignants et des sangsues de la société. C'est le système qui est mis en cause.

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    1. N'empêche que les chômeurs sont des branleurs, et notamment les petites gauchistes à lunettes de la banlieue sud.

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    2. Non, le réac pense que le chômeur ne travaille pas alors qu'il y a du travail. Le réac croit qu'il y a du travail alors qu'il n'y en a tout simplement pas suffisamment pour supprimer le chômage. Le réac croit à la fable postes vacants .

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    3. Le réac pense surtout que les anonymes sont des cons et des sans-couilles.

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    4. Les cons pensent que Goux est un gros crétin crasse qui comprend rien à rien en se croyant un gros malin. Goux est un réac bas du plafond, ce qui a le mérite de faire marrer les anonymes.

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    5. Didier: je ne suis plus chômeuse... Je ne sais donc pas de quelle petite gauchiste à lunettes vous parlez.
      Pulcino, vous dites "Il pense que le chômeur subit un système qui le dissuade de reprendre une activité du fait du niveau des indemnités chômage (calcul rationnel du chômeur)."
      Je suis aussi d'accord sur le revenu d'appoint non déclaré indispensable aux chômeurs pour joindre les deux bouts.
      Dès lors que près des 2/3 des salariés français sont au SMIC (à +ou- 10%), leurs ARE sont plus proches des 900 ou 1000 € que d'ARE qui le dissuaderaient de reprendre une activité. Donc j'admets que les patrons ne sont pas les SEULS responsables du travail non-déclaré. D'ailleurs, je ne crois pas avoir écrit le contraire.
      Oui le système est à revoir mais je vais vous dire comme à Didier: j'ai entendu, vu, rencontré des gens pour qui les chômeurs et / ou les fonctionnaires sont vraiment vraiment des feignasses. Le cliché a le cuir solide, je vous assure.

      Anonyme: prenez un pseudo. Et j'ai beau ne pas être du même bord que Didier Goux, et être les 3/4 du temps en désaccord avec lui, c'est pas en insultant les gens qu'on va réussir à débattre sereinement.

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    6. Remettons les pendules sur la cheminée, c'est Goux qui a commencé à insulter, "cons" "sans couilles" c'est bien lui ? Je lui renvoie la balle, hein !

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    7. Ah oui tiens, j'avais loupé le commentaire de Didier Goux.
      Oui bon bah arrêtez de tous-tes vous insulter hein, ça ne sert à rien.
      Et prenez un pseudo quand même!

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    8. Vous noterez, chère amie, que, moi, je n'ai insulté personne, puisque, par définition, un anonyme n'est personne.

      De la même façon, personne ne m'a insulté non plus.

      Il y a l'être, et il y a le néant : aucune communication entre les deux.

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  5. Très bon billet qui met en perspective les escroqueries des uns et des autres en relativisant les montants sans excuser les auteurs. Quant au réac imaginaire, il n'est que caricatural mais existe. Évidemment, toutes ses pensées ne sont pas présentes dans le même cerveau mais c'est l'idée. En plus, c'est presque trop gentil, l'ami réac....c'est rare que je lise chez eux l'ami socialiste, l'ami hollandais...

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    1. Oui mais moi j'en ai des "amis réacs"... C'est un peu aussi à eux que je m'adresse ;-)
      Mais c'est vrai, que l'ami hollandais n'existe pas trop chez eux...

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  6. J'ai mieux.
    Le nain agité, le mauvais est venu chez nous. Dans un gymnasme du quatre vingt treize.
    Il va pas tarder a faire les supermarchés celui la. Bon et bien devant un par terre de retraités smicard endimanchés. Mwouai le costume du mariage des petits, bref il s'est fait applaudir, que dis je canonisé, en sortant texto :
    il faut supprimer l'ISF.
    Si c'est pas de l'hypnose je donne ma langue au chat.
    Heureusement que j'etais pas sur place j'aurai du me faire prêter une couche. Merde un costume de vingt ans :.)))

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  7. Il y a une façon de ne plus être ponctionné par les paradis fiscaux, c'est de supprimer l'impôt sur les bénéfices, au lieu d'attendre la Saint Glinglin quand tous les pays auront signé des accords concernant l'évasion fiscale :

    L'économiste Laurence Kotlikoff a récemment simulé l'impact d'une suppression de l'impôt sur les sociétés aux USA, pour constater un impact très positif sur l'investissement et la croissance économique (8 points de PIB supplémentaires à moyen terme). En effet, le capital est très mobile, contrairement au travail et aux individus; et il est très sensible aux écarts de rendement déterminés par la fiscalité. La France se retrouverait d'un coup avec l'impôt le plus bas de l'Union Européenne, deviendrait étant donnée sa position centrale un attracteur massif d'investissements.

    http://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2014/02/03/et-si-on-supprimait-limpot-sur-les-benefices.html

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    1. Intéressant en effet.

      Mais que ça ne vous empêche pas de prendre un pseudo.

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    2. Certes, mais en France voilà les données du problème:

      Taux nominal théorique de l'IS: 33%

      Taux réel constaté:

      - Entreprises du CAC 40: 8%
      - PME: 22%

      On constate donc un écart respectivement de 25 points et de 11 points entre le taux réel et le taux nominal de l'IS. Pourtant l'investissement est faible et l'outil de travail vieillissant. Les gains de productivité sont obtenus soit par une meilleure organisation de la structure, notamment financière, soit par des délocalisations.

      Baisser l'IS est donc une si bonne idée qu'on l'applique déjà dans la réalité, mais on ne voit le résultat escompté (redémarrage de l'investissement, hausse du PIB).

      On veut donc aller plus loin et le supprimer complètement, histoire de voir si on atteindra enfin le Graal...

      Soit dit en passant le taux réel de l'IS français est un des plus bas d'Europe: la France est déjà un paradis fiscal, sur ce plan là du moins.

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Vous qui passez par là, ne restez pas anonyme et choisissez au moins un pseudo.
Et si vous voulez balancer du lien, intégrez cette balise