Délit d'entrave à l'IVG: le pitoyable spectacle offert par la droite

...Je pose la question.
Aujourd'hui, les député-e-s ont débattu sur la proposition de loi relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, sur le web, afin de lutter contre les sites internet et pseudo blogs qui propulsent de la contre-information, des conneries sans nom, des fantasmes moyennâgeux, tout en étant noyautés de l'intérieur par des associations dites "pro-vie", anti IVG, catholiques intégristes, la Manif pour Tous, Sens commun, Civitas et autre joyeusetés réacs.
 
En ligne de mire, le site qui sort, un jour sur deux, en premier dans les résultats Google quand on tape "IVG" dans la barre de recherche.

Ce site n'est qu'une compilation de contre-vérités et de culpabilisation des femmes qui cherchent des renseignements sur l'IVG.

Affichant fièrement en page d'accueil un numéro vert pour "une écoute strictement gratuite et anonyme pour vous apporter un soutien sur votre IVG en toute discrétion, y compris auprès des mineurs", il profère toutes sortes d'inepties sur les conséquences d'un IVG sur les femmes, leurs corps, leur mental, leur compagnon et, tiens, pendant qu'on y est, sur l'Univers.
  • risque accentué de fertilité
  • risque majeur de frigidité
  • dérèglement hormonal
  • sautes d'humeur
  • solitude et renfermement sur soi-même
  • risques de troubles sexuels
  • perturbations endocriniennes
  • séparation du couple
  • perte des repères sexués
Et j'en passe. Je n'irai pas jusqu'à vous infliger les pires pathologies 100% féminines auxquelles s'exposent la femme qui souhaite avorter.

Bref, non seulement elle brûlera en enfer, mais en plus elle ne sera plus une femme, une vraie, au sens où l'entendent les plus réacs, et les conséquences de son acte auront des répercussions sur ses proches, sa famille, et la civilisation toute entière.

Et je n'exagère pas.

Pour preuve, le témoignage d'Aurore Bergé qui a piégé ce site en se faisant passer pour une femme souhaitant avorter. Et je suis fair-play, Aurore Bergé est de droite.

On peu aussi réécouter Guillaume Meurice qui a procédé de même sur France Inter.


Les débats à l'Assemblée étaient carrément affligeants. Les propos tenus par la droite qui invoque Simone Veil et Simone de Beauvoir alors que c'est grâce aux voix de gauche que la Loi Veil a été adoptée, sont une honte pour les partis, dits républicains, dont ils se revendiquent.

Tout y est passé. Tous les clichés les plus lamentables.

Mais:
  • Cette loi n'a pas vocation à entraver la liberté d'expression.
  • Cette loi a vocation à lutter contre la désinformation voire le mensonge.
  • Cette loi n'a pas vocation à faire taire celles et ceux qui sont contre.
  • Cette loi vise à empêcher que ces sites se fassent passer pour ce qu'ils ne sont pas. Ce ne sont pas des sites d'information. Ce sont des sites militants. Ce sont des sites d'opinion.
Et la nuance est de taille.
  • Personne à gauche n'a jamais dit que l'IVG était une partie de plaisir.
  • Non, on n'avorte pas comme on va au supermarché.
  • Non, les IVG de confort n'existent pas.
  • Non, l'IVG n'est pas un moyen de contraception.
  • Oui, on peut être contre l'IVG.
Mais non, la société n'a pas à être trustée par celles et ceux qui se répandent en contre-vérités.

Des contre-vérités qui étaient valables dans un autre temps, une autre époque: celle des cintres.

Il est 18h48 et la loi a été adoptée.

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16 commentaires

  1. Il est 18h48 et la liberté d'expression vient encore de se prendre un sale coup sur la tronche.
    Les socialistes auront été des nuisibles jusqu'à la fin.
    PS : on ne doit pas dire "IVG" mais avortement.

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    1. Ce n'est pas de la liberté d'expression, c'est de la désinformation.

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    2. Vous, vous êtes mûr pour vivre en dictature et aimer ça.
      Charlie va...

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    3. Ben non, les anti-IVG pratiquent la désinformation, ce sont eux qui veulent une dictature. Une femme doit être libre de pouvoir avorter ou pas.

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    4. Fredi M., prouvez-nous que toutes les inepties avancées par les sites anti-IVG sont véridiques et on en reparle.

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  2. Ben voyons... C'est cela votre "liberté" ? Le fait de prôner qu'il n'y a pas d'alternative à l'IVG ? Comment expliquez-vous qu'une femme qui veut avorter doute de plus en plus de cette décision au fil du temps qui avance et qu'elle souhaite parfois garder son enfant ?... Je ne remets pas en cause l'IVG, je trouve scandaleux le fait que vous vouliez interdire la parole à ceux qui essaient de convaincre une femme de ne pas procéder à un tel geste. Force est de constater que ce sont souvent ceux qui se prétendent le plus tolérants qui le sont le moins !

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    1. L'IVG est déjà une alternative.
      Donc l'alternative à l'IVG, c'est la grossesse.
      Encore une fois, on peut tout à fait être contre. Mais débiter des inepties sur les conséquences d'une IVG, des inepties basées sur rien de fondé, ça c'est de la désinformation.

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  3. « Cette loi n'a pas vocation à entraver la liberté d'expression.
    Cette loi a vocation à lutter contre la désinformation voire le mensonge. »

    Il reste que, chaque fois qu'un pouvoir a voulu museler ceux qui ne pensent pas strictement comme on leur enjoint de penser, il a aussitôt transformé la liberté d'expression en "désinformation", voire tout simplement en "mensonges". Aujourd'hui, cette intimation au silence a pour thème l'avortement, demain ce sera l'immigration, après-demain encore autre chose. À chaque fois, pour faire taire les voix tant soit peu dissonantes, on invoquera la "désinformation". Et vous applaudirez des deux mains, tant la liberté de parole (des autres) vous est insupportable.

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    1. J'ajoute que, à titre personnel, comme on dit, je suis tout à fait favorable à l'avortement. Mais je suis également favorable à ce que ceux qui sont contre, ou en tout cas le considèrent comme un pis-aller à n'utiliser qu'en dernier recours, puissent l'exprimer librement.

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    2. Les gens peuvent être contre mais pas avec des arguments infondés qui ne tiennent pas la route.

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    3. Je suis désolé, mais la liberté d'expression ne peut en aucun cas être subordonnée à une exigence de vérité ! À plus forte raison lorsque cette vérité est pour le moins contestée, comme c'est le cas ici. La liberté d'expression inclut le droit de raconter n'importe quoi. Sinon, les neuf dixièmes des blogs devraient être interdits, pour cause de "désinformation", comme vous dites.

      Le seul moyen acceptable de combattre une prétendue désinformation, c'est l'information. Ensuite, à chacun de juger. En tout état de cause, rien ne peut justifier cette loi scélérate, dont j'escompte fermement qu'elle sera supprimée par le prochain gouvernement (je parle de celui de mai 2017, vous l'aurez compris…). Et dont je m'attriste (pour vous) de vous voir la soutenir.

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  4. Contrairement a ce qui peut être "affirmé" ici ou là, ce n'est pas le gouvernement qui agira contre ceux qui pratiquent la désinformation mais la Justice. Et dans ce domaine le gouvernement actuel respecte la séparation des pouvoirs.
    D'autre part, pour montrer à quel point ces sites peuvent être nuisibles, nombre de députés favorables à ce supplément de texte ont reçu un mail d'un prêtre (par ailleurs aussi exorciseur) leur affirmant que le soutien de ce texte les amènera en enfer. Rien que ça.
    Au fait, les délais de réflexion existent et la décision finale qui appartient à la femme, ne se fait qu'après plusieurs entretiens avec des personnes qualifiées dont la qualité professionnelle ne peut être mis en doute.
    Ici, c'est le mensonge avéré, médical et psychologique qui est sanctionné et personne n'est POUR l'avortement à tout prix.

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  5. La loi concernant l'information des patients prévoit que :
    Le médecin doit à la personne qu'il examine, qu'il soigne ou qu'il conseille, une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu'il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension.

    Ces sites dont il est question, respectent ils cette loi ? J'en doute fort, il y a trop de considération d'ordre relmigieux dans les réponses lues ou entendues et dans le texte de l'article 35, reproduit ici, il y a le mot "LOYAL".

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  6. Et contre toute attente, le Sénat a voté en faveur de la proposition de loi.

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