35 heures, retraites, jours fériés: au boulot, bande de feignasses !


Il y a presque un an jour pour jour, Emmanuel Macron déclarait vouloir "remettre le pays au travail".

Le pays. Tu sais ? La France, ce grand pays "aux racines chrétiennes" cornaqué par les fainéants, les assistés, les profiteurs, les cancers de la société qui font rien que buller sur leur canapé en cuir acheté 7000 balles grâce aux allocs qu’ils accumulent dans leur bas de laine?

Et depuis un an, Emmanuel Macron, ses Ministres et ses "porte-flingues" auront tout dit. De déclarations en petites phrases, d’attaques mesquines contre les plus précaires et les plus fragiles, en grandes envolées lyriques sur la valeur travail, on aura tout entendu.

Ils auront tout dit, mais encore rien tenté.
Sauf le coup de rabot sur les pensions de retraites avec la baisse de la CSG pour ensuite rétropédaler et la rembourser.

Entre les deux, le "mouvement des gilets jaunes" dont tout le monde ou presque a oublié d’où il était parti, pourquoi et comment.

La France traverse une crise sociale. Et qui dit "social" dit "travail", "salaires", "chômage" & co

Alors que Jupiter devait s’exprimer pour annoncer une flopée de mesures sociales et économiques, Notre Dame brûlait.
L’allocution du Président a donc été annulée, et par on ne sait quel truchement fort habile, les mesures ont "fuité" dans la presse.

Ainsi, alors qu’on pensait avoir tout entendu sur le chômage et ses solutions démagos et culpabilisantes pour l’enrayer, voilà que les marronniers du temps de travail, des 35 heures, de l’âge de départ à la retraite et de l’éventuelle suppression d’un jour férié pour travailler plus mais gagner moins, refont surface.

Nicolas Sarkozy en rêvait. C’est formidable.

Il faudra qu'on travaille davantage pour pouvoir mieux soutenir nos aînés.

Voilà la petite phrase qu’aurait dû prononcer Emmanuel Macron le 15 avril dernier. Soutenir nos aînés qui se sont vu amputer d’une partie de leurs revenus en 2018.

Depuis cette "fuite", Aurore Bergé s’est agitée, convaincue que les Français étaient d’accord pour travailler plus.
J’ignorais qu’Aurore Bergé dirigeait un institut de sondages et qu’elle avait questionné tous les actifs de ce pays. Mais passons.

Car, moi, je n’en connais pas un seul qui veut travailler plus. Surtout pas quand le chômage est à un tel niveau. Surtout pas quand la crainte du chômage plane au-dessus de la tête de tous-tes celles et ceux qui bossent. Nous connaissons tous-tes quelqu’un qui galère parce qu’il n’a pas de boulot. Alors, non. Tant que le chômage sera à ce niveau, bosser plus pour gagner moins ou, au mieux, pareil, c’est un non-sens.

Fort heureusement, d’autres dont c’est le métier, se sont penchés sur la question. Et sans surprise "Un peu plus de la moitié des Français sont opposés à l'idée de "travailler plus". Quant à l’autre moitié des sondés, ils sont pour les 3/4 déjà à la retraite. 

Vaste blague d’Aurore Bergé, Prix de l’humour politique du printemps 2019

Parce que si débat il doit y avoir sur le temps de travail, c’est plutôt sur son partage que sur son augmentation.

En décembre 2018, la France comptait 6,5 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi (catégories de A à E) sans compter ceux qui n’y sont pas ou plus inscrits, par radiation, par découragement, et qui sont estimés à 1,5 million.

Alors, l’urgence du moment, ce n’est pas de travailler 39 heures sans RTT, de bosser le 8 mai gratuitement ou de partir à la retraite à 67 ans.

Non, l’urgence du moment, c’est de permettre à tout de monde d’avoir accès à un travail digne et décent, comme le stipule le préambule de la Constitution de 1946 et la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

L’urgence, c’est le partage du temps de travail et non son augmentation.

Voilà un chantier qui serait disruptif pour la startup nation de Jupiter !

Mais restons calmes et attendons, avec une impatience non dissimulée, à l’Élysée jeudi 25 avril à 18h:

Un horaire innovant pour un exercice classique. C’est la signature d’Emmanuel Macron, un président rebelle mais qui reste dans les clous. (source)

Emmanuel Macron, ce punk...

To be continued...

Ou pas.

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2 commentaires

  1. Bon, allez, je laisse un petit mot, histoire que vous vous sentiez un peu moins seulabre… Le problème, c'est que je m'en fous tellement, de votre sujet du jour, que je ne trouve même pas de trucs réacs à vous balancer…

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    1. Ça va... Vous êtes à la hauteur des commentaires que vous avez l’habitude de laisser ici donc...

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