[ATTENTION SOILER => passe ton chemin si tu n'as pas vu Gone Girl et si comptes aller le voir]
Je viens de lire le dernier billet de Seb Musset. Il y parle de Gone Girl, le dernier film de David Fincher.
Pour faire court, c'est l'histoire d'un couple à bout de souffle au bout de 5 ans de mariage. Madame se fait chier comme un rat mort, Monsieur est au chomdu et passe son temps à jouer aux jeux vidéos. Jadis éperdument amoureux, leurs anniversaires de mariage étaient chaque année un rituel ludique et jouissif. Oui mais voilà, rien ne va plus et un matin, Madame disparaît. Monsieur est accusé. et très vite on comprend que c'est Madame qui a manigancé sa propre disparition pour se venger de son mari fainéant, distant, volage et peu attentionné.
Voilà pour le pitch.
En sortant du ciné, ce film m'a immédiatement fait penser à Liaison fatale en mode Basic Instinct. J'ai passé un bon moment avec tout ce qu'il faut de suspense, d'hémoglobine, de perversion et de flicaille.
Oui mais voilà, Osez le Féminisme! dézingue le film de Fincher et affirme qu'il s'agit-là d'un film misogyne faisant l'apologie de la violence masculine.
Et c'est là que je m'insurge, moi la féministe en carton.
Sous prétexte que l'héroïne du film est complètement fêlée de la cafetière, qu'elle n'en est pas à son premier sabotage de relation amoureuse et qu'elle ressemble davantage à une une mante religieuse perverse narcissique avec pète au casque qu'à une femme blessée, l'association féministe dénonce:
«C'est donc une valse sans fin que Fincher nous donne à voir, qui justifie en fait les pires arguments masculinistes: Amy incarne le cliché patriarcal de la perversion féminine idéale, qui utilise la violence psychologique, soi-disant arme favorite des femmes, pour humilier et blesser son mari».Si je m'appelais Nabilla, je leur répondrais:
"Nan mais allô quoi ?!"Osez le féminisme s'engouffre alors dans une critique sans queue ni tête sur la violence conjugale, les clichés masculinistes véhiculés par le film, les travers psychologiques féminins éculés... etc.
Allô les filles? C'est un film, une fiction, issu d'un bouquin écrit par une femme qui a scénarisé ledit film! Allô?
Je ne comprends pas. Autant j'approuve lorsque des associations féministes s'insurgent contre des publicités sexistes, des prises de position ou de parole publiques vraiment misogynes, autant je ne comprends pas ce qu'elles ont dans le ciboulot lorsqu'elles s'attaquent à ce genre de film. Les femmes n'ont-elles pas le droit d'incarner des cinglées au cinéma?
Sous prétexte que "LA" femme forcément hystérique et névrosée est une idée préconçue largement véhiculée au fil des siècles, l'industrie du cinéma devrait s'interdire de mettre en scène des femmes comme Amy Dunne?
Sous prétexte que tous les deux jours et demi, une femme meurt tuée par son conjoint, le cinéma n'aurait plus le droit de mettre en scène des violences conjugales?
Enfin, la conclusion d'Osez le féminisme me laisse sans voix:
Je ne comprends pas. Non seulement Amy n'est pas une femme de pouvoir puisqu'elle vit des droits d'auteur de sa mère et qu'elle souffre depuis qu'elle est en âge de lire de l'ombre que lui fait l'héroïne créée par sa mère, mais en plus, elle n'est pas brillante et talentueuses puisqu'elle ne glande plus rien depuis qu'elle est venu s'installer dans le Missouri avec son mari."Enfin, faudra-t-il s'étonner après tout cela que le profil de cette femme psychopathe et destructrice soit celui d'une jeune femme belle, brillante, talentueuse, intelligente, en un mot, d'une femme de pouvoir qui pourrait faire de l'ombre à ces messieurs ?"
Je crois vraiment que nous n'avons pas vu le même film.
Seb Musset conclut son billet ainsi:
J'aurais pu conclure pareil. Sauf pour la dernière phrase:"Au fond, Gone Girl est un film miroir qui informe d'abord sur la qualité de celui qui regarde. Moi j'y ai vu une fille dingue et une société qui ne va pas beaucoup mieux.Mais je suis très basique. Normal, je suis un homme."
"Mais je suis très basique. Normal, je suis une féministe en carton."














