31/10/2013

A l'heure où j'écris ce billet, les deux filles de Daniel Larribe sont sur le plateau du Grand Journal pour nous donner des nouvelles de leur père, ex-otage depuis hier après 3 ans de détention au Niger.
Il va bien. Il est en bonne santé. Il n'a pas subi de violences physiques... Ses camarades de détention non plus.
Mais "simplement" de la violence morale.
Simplement hein... Entre guillemets, cela va de soi.

Ce matin sur Europe 1, Marine Le Pen, fille de Jean-Marie du même nom, s'interrogeait sur la dégaine des otages à leur arrivée sur le tarmac de Villacoublay.

Barbes, chèche, vêtements.
La Fashion Police version Marine.

J'ai envie d'insulter Marine Le Pen.
Mais je ne le ferai pas. Je ne voudrais pas qu'elle me tombe sur le paletot pour injure publique comme ce fut le cas pour mon camarade Politeeks.

A l'heure où Rachida Dati, que je suis loin de porter dans mon cœur, en appelait à l'union nationale en saluant le bon boulot du gouvernement dans la libération des 4 otages, Marine Le Pen n'avait d'yeux que pour la dégaine de nos ex-otages.
Détestable rhétorique que celle de Marine Le Pen qui exige des explications de la part de ces 4 hommes.
  • Pourquoi la barbe?
  • Pourquoi le chèche?
Parce que. Marine.
Parce que ces mecs viennent de passer 3 ans entre les mains de fous de Dieu. 
Parce qu'on imagine aisément qu'ils étaient en plein désert et qu'ils n'avaient ni coiffeuse, ni rasoir Wilkinson, ni after shave Mennen "pour nous les hommes".

Marine regarde trop la télévision.
Marine voit des islamistes partout.
Marine me donne envie de vomir.

Marine, si je ne me retenais pas, je t'insulterais copieusement.
Mais ça ne changerait rien.

Car tu es Marine Le Pen, fille de Jean-Marie du même nom. Que tu es présidente du Front National et que le Front National sera toujours le Front National.

Va chier.  



A lire ailleurs:
Depuis que ce blog existe, je n'ai jamais rien écrit sur la prostitution.
"Rien. Zéro. Nada." Comme le dit si bien le commentateur de Monster Garage sur ABMoteurs.
Un comble pour une blogueuse qui se revendique féministe et qui se doit d'avoir un avis sur le sujet.

Mais peut-être suis-je une féministe en carton comme on me l'a souvent balancé dans certains commentaires de certains billets.

Il n'y a pas un féminisme, mais des féminismes. Là-dessus, je crois que tout le monde sera d'accord.

Donc, au risque de m'attirer les foudres des vraies féministes en béton armé, je crois que je suis contre la pénalisation systématique des clients.

Problème: je suis aussi contre la tribune des 343 teubê qui concluent leur cri du cœur cul ainsi:
"Touche pas à ma pute!"
Mais alors, c'est quoi mon problème?

Mon problème, c'est que je n'aime pas du tout le parallèle merdique entre le manifeste des 343 (rebaptisées "salopes" par Charlie Hebdo, ne l'oublions pas) et celui paru hier dans Causeur. Sur ce point, je suis d'accord avec Najat Vallaud-Belkacem. Alors qu'il y a une quarantaine d'années, ces 343 femmes revendiquaient le droit de disposer de leur corps comme elles l'entendaient en déclarant avoir avorté illégalement, nos 343 bouffons aujourd'hui ne revendiquent pas le droit de disposer de leur corps, mais de disposer de celui des autres, à savoir celui des femmes (majoritairement car il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que des femmes qui sont putes).
Il me semble que ça fait déjà une sacrée différence de sémantique.
1er point.

2ème point, l'article possessif "MA pute" me pose un sérieux problème. Et c'est un euphémisme. Sauf erreur de ma part, je n'ai jamais lu nulle part que les putes appartenaient à ces 343 propriétaires auto-déclarés. Et là-dessus, je rejoins sans l'ombre d'une hésitation la déclaration de Morgane Merteuil, secrétaire générale du STRASS:
"Abjecte, enfin, mais dans uns style qui n’a rien à envier aux abolitionnistes que vous prétendez combattre, votre paternalisme, lorsque vous énoncez "touche pas à ma pute" : nous ne sommes les putes de personne, et encore moins les vôtres."
En revanche, et c'est bien là le fond de mon problème, c'est qu'on ne peut pas nier non plus que nombre de prostituées (vous me permettrez de mettre de côté le vocabulaire fleuri de ces 343 crétins) appartiennent contre leur gré à des proxénètes, à des réseaux, à des mafias organisées qui leur imposent la prostitution.
Et donc, double problème, je me retrouve à moitié d'accord avec Basile de Koch, signataire de cette tribune et cher époux de notre illustre Frigide, défenseuse du mariage tradi, un papa, une maman (et une pute accessoirement), on ne ment pas aux enfants. Hier soir invité du Grand Journal, entre 3 conneries, il a balancé un truc juste: celui de se donner les moyens de lutter contre les réseaux mafieux qui traitent les femmes comme du bétail sexuel.
Qu'il y ait des femmes victimes de réseaux prostitutionnels, c'est indiscutable. Mais c'est surtout condamnable et la France doit se donner les moyens de lutter contre ces réseaux. Oui je sais, j'enfonce une porte ouverte.

En revanche (bis repetita), on ne peut pas nier non plus qu'il existe des femmes, des hommes, des trans qui ont choisi de leur plein gré de vivre du sexe, et d'être des travailleurs et des travailleuses du sexe. A ce titre, je comprends aussi leurs revendications. Et par conséquent, je comprends aussi leur inquiétude face au projet de loi qui veut sanctionner les clients.

Hier, TNS Sofres dégainait un sondage. En ce moment, c'est tendance. 73% des personnes interrogées sont pour une responsabilisation des clients. Mais seulement 1/3 de ces 73% sont favorables à une amende. Ils sont plus nombreux à pencher en faveur d'"un stage d'une semaine pour comprendre les méthodes des proxénètes et le trafic des êtres humains" (38%) et en faveur d'une publicité dans la presse qui permette de sensibiliser sur le fait que le corps humain n'est pas une marchandise (31%)."
Je crois que si on m'avait interrogée, j'aurais répondu pareil. Même si je serais curieuse de savoir en quoi consisterait ce stage d'une semaine.

Que des hommes (ou des femmes, même minoritaires) fréquentent des prostituées consentantes, autonomes, indépendantes, et qui n'exercent pas ce métier par dépit, je suis d'accord. Je le dis, je l'affirme.

Clouez-moi au pilori si ça vous chante. 
Que ces mêmes clients soient informés, sensibilisés, sur les conditions de travail de la prostituée qu'ils fréquentent, qu'ils soient informés sur qui va réellement percevoir la somme d'argent qu'ils vont débourser me semble indispensable.

Et que la France se donne les moyens de combattre avec acharnement les réseaux criminels, c'est ça, selon moi, la vraie priorité.

Et pourtant, je suis féministe.
Comment diantre est-ce possible?

La France est officiellement abolitionniste depuis 2011.
Un monde sans prostitution, tel est l'idéal qu'elle défend.
3ème problème: je suis d'accord avec cet idéal.
Mais les faits sont là. Les chiffres aussi. Le STRASS existe et son existence est indispensable.
"Une proposition de loi visant à sanctionner les clients par une amende ou un stage de sensibilisation, sera discutée le 27 novembre à l'Assemblée nationale. Défendue par le groupe socialiste, elle est soutenue par l'UMP, l'UDI et les communistes et fait suite à une résolution rappelant la position abolitionniste de la France votée à l'Assemblée nationale en décembre 2011. La députée Maud Olivier sera rapporteur du texte.
La proposition de loi prévoit la possibilité d'un stage, qui pourrait se faire auprès d'associations qui viennent en aide aux prostituées, afin de prendre conscience de la réalité de la prostitution et des réseaux de traite des êtres humains.
Elle propose également une campagne de sensibilisation six mois avant la mise en place des sanctions aux clients"

Je suis féministe et je pense que l'abolition totale de la prostitution n'est pas la solution.

Comment diantre est-ce possible? 

25/10/2013

Et dire qu'il a fallu que j'achète Vanity Fair pour enfin découvrir pourquoi Jean-Louis Borloo n'avait jamais été Premier Ministre... On croit rêver.

Bon après, vous me direz que vous le saviez peut-être déjà hein... Mais moi quand j'ai découvert le scoop ce matin dans le RER, les bras m'en sont tombés!

Donc le magazine a consacré plusieurs pages à un reportage doublé d'une interview de Madame Bruni-Tedeschi, mère de Carlita en direct live du Cap Nègre.
On y apprend... toutes sortes de choses tout aussi inutiles les unes que les autres.

N'allez pas me faire la morale parce que j'achète des magazines qui volent pas haut et qui sont sponsorisés par des marques dont toute une vie ne me suffirait pas pour acheter leurs produits. 

Mais au détour de ma lecture, je suis tombée sur ça:

Jusque là rien de très exceptionnel...
Quoi que...
Mais passons. c'est la suite qui vaut son pesant de cacahuètes:

Merde alors! Si Jean-Louis Borloo n'a jamais été Premier Ministre, c'est la faute de Leonardo DiCaprio et Naomi Campbell.

Quel scoop!

Comme quoi, on ne se méfie pas assez des dommages collatéraux du mélange des genres entre people et politique...

19/10/2013

En bonne gauchiste qui se respecte, j'aurais du réagir au quart de tour lorsque Leonarda a été interpellée lors d'une sortie scolaire pour être expulsée manu militari au Kosovo.
Mais je n'ai rien écrit.
Pas un mot.
Que dalle.
Ma première réaction, limite épidermique, a été de me dire:
"Valls fait mal à la gauche, très mal. Ras-le-bol de ce mec."
Bah quoi? Faut être logique avec soi-même. J'ai critiqué Nicolas Sarkozy, puis Brice Hortefeux, puis Claude Guéant. Y'avait donc pas de raison que je ne fasse pas de même avec Manuel Valls.

Quand je bossais dans un lycée du 20ème arrondissement en 2005-2006, j'ai manifesté contre l'expulsion d'un élève. Nous l'avons même escorté jusqu'au tribunal administratif.
J'ai soutenu RESF à qui j'ai donné pendant plusieurs années.

J'ai un vrai problème avec les expulsions d'enfants scolarisés (ou pas d'ailleurs).
Alors pendant quelques secondes, j'ai maudit Manuel Valls.

Et puis, dans ma pauvre petite caboche, le soufflé est retombé.
Et puis il a enflé de nouveau. Et là, je me suis dit que vraiment on vivait dans un drôle de pays.
Valls a été cloué au pilori par des jeunes lycéens au son de "Valls Sarkommence", "Valls expulsion".
Je ne suis pas grande fan de Manuel Valls. Je ne l'ai jamais été. Je vis dans l'Essonne, et déjà lorsqu'il n'était qu'élu local, je n'étais pas fan. Ça n'a pas changé. Et puis, pas d'bol, il a hérité du Ministère le plus ingrat du Gouvernement.

Un homme à la droite de la gauche, devenu Ministre de l'Intérieur, le combo gagnant.

Et puis, j'ai lu une tonne de trucs sur Leonarda, sa mère, ses frères, ses sœurs, son père, l'absentéisme des enfants à l'école, la violence du père, les demandes de régularisation refusées, le fait que ces enfants ne seraient pas kosovars mais italiens...
Et je me suis demandée pourquoi Leonarda était devenue une "affaire d'Etat" comme on a pu le lire, l'entendre, le voir dans tous les médias, en long en large et en travers, en dolby surround et en direct live.

Et à nouveau on nous a sorti des sondages pas piqués des hannetons.
  • Plus de la moitié des Français seraient contre le retour en France de la jeune fille.
  • Plus de la moitié des Français seraient contre l'interdiction des interpellations en milieu scolaire.
  • Plus de la moitié des Français seraient-ils cons?
Non.
Ces sondages sont une abomination mais ils sont très à la mode depuis le débat sur le mariage pour tous. Sonder les gens sur une catégorie de personnes voire carrément sur telle ou telle personne clairement désignée est devenu LE nouvel argumentaire des chaînes d'infos continues.

Et moi? J'en pense quoi?

  • J'en pense que la loi est moche, que dans un monde idéal tout le monde pourrait aller et venir et s'installer où bon lui semble.
  • J'en pense aussi que cette loi que Manuel Valls n'a fait qu'appliquer, il n'en est pas l'auteur, jusqu'à preuve du contraire.
  • J'en pense qu'il vaut mieux être au chômage ou mendiant en France qu'au Kosovo.
  • J'en pense que si le père en situation illégale est un violent et un menteur, et bien, au risque de me faire clouer au pilori moi-même, j'en pense qu'il ne peut plus rester en France.
Sous le précédent quinquennat, à chaque fait divers, à chaque évènement, Nicolas Sarkozy prenait la parole, tranchait, se mêlait de tout et de rien, H24.

Cette façon de faire de la politique, nombre de ceux qui ont voté pour François Hollande l'ont fait parce qu'ils voulaient aussi une autre façon de faire de la politique, parce qu'ils ne voulaient plus de Nicolas Sarkozy et de son omniprésidence.
Les mêmes qui ont critiqué le sarkozysme ont immédiatement exigé que François Hollande intervienne pour trancher sur cette affaire soit-disant devenue une "affaire d'Etat".
Ceux-ci ont exigé que l'expulsion de Leonarda soit annulée et que la jeune fille puisse revenir en France. Ils ont gagné.
François Hollande a tranché. Si Leonarda veut revenir, elle peut.
Mais seule.
Sans ses parents.
Sans ses frangins.
Sans ses frangines.

Et elle fera quoi Leonarda? Elle ira en foyer? A la DDASS?
Super. Génial.
Cette affaire est ubuesque.

Et Harlem Désir qui souhaite, qui exige que Leonarda revienne avec sa mère et ses frangins. Harlem, mon ami, tu n'es pas ministre, souviens-toi. Tu es Premier Secrétaire d'un parti dont les militants attendent depuis des mois que tu t'occupes de leur donner du grain à moudre. Et là, tu tends le bâton pour te faire battre.
 
Et ce matin, immédiatement après l'intervention de François Hollande, j'ai assisté médusée à l'assaut médiatique dans une bourgade du Kosovo, autour d'une famille larguée, aux interviews spontanées et maladroites d'une gamine de 15 ans à qui on demande de choisir entre sa scolarité en France ou sa famille au Kosovo, dans un pays dont elle ne sait rien, un pays qui n'est pas le sien.

Médusée.
Ou horrifiée, c'est selon. 

Et puis, ce soir on apprend que Manuel Valls a adressé aux préfets une circulaire durcissant l'interdiction faite aux forces de l'ordre d'intervenir "dans le cadre scolaire" lors des expulsions d'étrangers en situation irrégulière.

On marche sur la tête.
Et dans quelques mois, on pleurera quand le FN sera à 30%.
Et on aura vite oublié qu'au même moment une candidate du FN tenait des propos racistes en direct live sur une chaîne du service public. Et on aura aussi vite oublié que Manuel Valls a œuvré pour accélérer et simplifier les procédures de naturalisation.

Et ça me fout la nausée.
Exister politiquement quand on a été tour à tour, Ministre, Députée, Maire et qu'on n'est plus que Conseillère Municipale de l'opposition et présidente de groupe dans un Conseil Régional, c'est pas facile.

Ne plus faire la Une que pour des envolées lyriques creuses, c'est pas facile.

Être constamment comparée à une poissonnière, c'est pas facile.

Tweeter des bêtises 9 fois sur 10, c'est pas facile.

Se faire traiter de conne et de salope par un humoriste de gauche, c'est moche.
C'est moche, c'est lâche, c'est sexiste...

Mais en être réduite à se confier à Closer parce qu'aucun autre canard ne vous accorde plus aucune Une, c'est, selon moi, le niveau zéro de la politique.


Mais quand on sait qu'il s'agit de Nadine Morano, est-on vraiment surpris? 


Et quand on réalise que Guy Bedos l'a insultée parce qu'elle est fille de routier, on se dit que, là vraiment, c'est trop injuste.

15/10/2013

Confiture Bernard Ronsin
Prenez un bon kilo de patates... douces les patates.
Pelez-les.
Mais gardez-en sous le coude, ça peut servir, vous verrez après.

Plongez-les dans une grande casserole d'eau et quand ça commence à frémir, laissez cuire une trentaine de minutes.
Quand ça commence à réduire, ajouter un bon kilo de sucre.
Il est important que cette confiture soit très sucrée.
Pendant la cuisson, allez chez l'apiculteur du coin et empruntez-lui une ruche en pleine activité.

Invitez Bernard Ronsin, député divers droite de l'Aisne en prétextant un goûter politique.
 
Quand votre confiture est à point, ne la laissez pas refroidir.

Tartinez Monsieur Ronsin du délicieux mélange et lâchez les abeilles.

Récupérez quelques patates douces (souvenez-vous: celles que vous avez mises de côté au début de la recette) et mitraillez-le.

Pourquoi tant de haine? Vous demandez-vous.

Pour ça:
"La parité, c'est une connerie!", a-t-il déclaré, jugeant bon d’ajouter que des femmes, "Il y en a de très compétentes, mais elles nous pourrissent la vie. Elles seraient mieux avec des casseroles à faire de la confiture." Source
Et aussi ça:
"On va forcer les femmes à faire de la politique alors qu'elles n'en ont pas forcément envie." Source
Voilà.

"Il me semble que nous sommes enfin à une période où les choses, dans la société, changent. Et là où elles ne changent pas encore, la pression s'exerce pour les faire se bouger. Ce n'est pas encore une généralisation mais on assiste bien à une montée en puissance des femmes en tant que décideuses. Il était temps que soit reconnu que, bien que dépourvue de pénis, la femme est capable d'un tas de choses."
Sur le fond, c'est pas faux (je parle de ce passage hein, parce qu'il sait que je ne suis pas d'accord avec son billet dans son intégralité), ça change.

Ça change, mais à la rame, ça rame sévère.

Surtout quand des élus de la trempe de Monsieur Ronsin balancent ce genre de conneries.
Ceci dit, une fois qu'il sera venu chez vous à votre goûter politique, il réalisera qu'il y a des femmes (et oui! Incroyable) qui sont nulles en cuisine, qui ne savent pas faire la confiote et qui assument.

Quant au fait qu'on "force les femmes à faire de la politique", euh... Comment dire.

Non.

Rien.

Tout est dit.

12/10/2013

Jégoun a rédigé un billet avec lequel je suis bien d'accord:
La manière dont il pose la question est intéressante aussi.
A défaut de savoir quoi faire contre le FN, il nous propose une liste de conneries à ne pas faire.
Bien vu.
J'en parlais encore jeudi soir avec mes camarades de Yerres. Notamment à propos de la dernière couv. du NovelObs.

Dans les trucs à pas faire, je crois que la couv du NouvelObs en fait partie. 

N'en déplaise au NouvelObs, cette Une contribue au travail de dédiabolisation auquel Marine Le Pen s'attèle depuis qu'elle a hérité du parti de Papa. En titrant ainsi, finalement qu'est-ce que certains se disent?
"Bah... Après tout, si 24% des Français ont l'intention de voter pour le FN aux Européennes, pourquoi pas moi?"
Et voilà. C'est bien tout le problème.

Enfin, y'a aussi les sondages qui sont un problème. Les sondages ça fait vendre, on sonde sur tout et n'importe quoi: les présidentielles 2017, les Municipales et les Européennes, le moral des Français, les préoccupations des Français.

Sans les sondages et sans Twitter, j'en arrive à me demander comment les journaleux trouveraient leur inspiration. Mais je m'égare.  

24%. Oui le chiffre fait peur. Pour les sales gauchistes comme moi, il fout les jetons oui. Mais pas pour droitistes (ça se dit ça "droitistes"?).
  • Copé avoue qu'il n'appellera pas à voter PS en cas de duel FN-PS aux prochaines élections.
  • Dupont-Aignan affirme que Marine Le Pen n'est pas d'extrême-droite.
  • Fillon déclare que le FN peut être moins sectaire que le PS.
La boucle est bouclée.

Et pendant ce temps-là, que fait le PS?
Il distribue des pin's façon "Touche pas à mon Pote" comme il y a 20 ans. Et il organise des sauteries pour dire que le FN c'est tabou en viendra tous à bout. En mode, il faut sevrer les Français de la tentation frontiste.
Voilà un autre truc qui ne sert pas à grand chose à mon avis.

Ce week-end, Libé a pondu ça comme Une:
Personnellement, je préfère la Une de Libé à celle du NouvelObs. Il est bon de rappeler à qui veut l'entendre que le FN c'est l'extrême-droite. N'en déplaise à Nicolas Dupont-Aignan dont le programme est à "95% identique à celui du FN", dixit Florian Philippot himself.

Sauf que.

Le lectorat de Libé étant majoritairement de gauche, j'imagine qu'ils ne convaincront pas grand monde et qu'il prêchent des convertis.
Mais bon.
J'aime bien cette Une quand même.

Sauf que.

Encore une fois, Marine Le Pen fait la Une de l'actu.
Et ça, c'est encore un truc à ne pas faire me semble-t-il. 

Marine Le Pen dédiabolise le parti.
La presse le banalise.
La boucle est bouclée.

Revenons sur ces 24% de Français qui sont tentés par le vote FN.
Sont-ils tous d'extrême-droite?
Non.
Sont-ils tous des truies?
Non plus.
Sont-ils blasés? Se sentent-ils oubliés des politiques? En ont-ils ras-le-bol que les gens pour qui ils votent depuis 20 ans ne changent pas leur quotidien?
Sans aucun doute.
Ça ne sert à rien de souffler dans les bronches de ces Français qui votent FN par contestation et non par conviction.
Mais leur expliquer que:
  • sortir de la zone euro causera la ruine du pays,
  • stigmatiser et sanctionner les immigrés contribuera à diviser le pays encore plus qu'il ne l'était sous Sarkozy,
  • faire de la viande halal un combat est inutile,
  • le FN soutient tous les autres partis d'extrême-droite européens, et que certains d'entre eux sont bien plus extrémistes que le FN,
Je ne sais pas trop ce qu'il faut faire.
Mais comme Jégoun, je crois savoir ce qu'il ne faut pas faire.

Et la première chose: arrêter de croire que le FN est un parti comme les autres. 

Et même Facebook s'y met:
Trouvé sur le Facebook d'une blonde

08/10/2013

Depuis que j'ai retrouvé une vie active normale, avec un temps de trajet anormal de 2h30 minimum par jour, j'ai forcément le temps de lire plein de trucs.

Et aussi des lectures "normales" comme tous les moutons que nous sommes lorsque nous nous engouffrons tête baissée, le casque vissé aux oreilles, dans le RER.
Donc, en bonne usagère lambda du Réseau Express Régional qui, plus ça va, plus il n'a d'Express que le nom, je lis les journaux gratos.

Hier, c'est 20 minutes qui m'est tombé dans les mains.

Et je suis tombée sur ça:

Article plus creux, tu meurs.

J'ai encadré le passage qui m'a interpellée. 

Notre brave Franck Meyer se demande "comment" ces mariages auront lieu.

Comment?
Je ne comprends pas.

Avec un élu, 2 témoins minimum, des amis, de la famille. Un truc normal quoi.
Voilà ce que j'ai envie de lui répondre.

Finalement, moi, je me demande de quoi il a peur le brave homme.
  • Que des drag-queens juchées sur des talons de 25 se pointent en jarretelles résilles et en body SM?
  • Que des camionneuses tatouées viennent perturber la cérémonie?
  • Que le jeune couple décide de faire son entrée dans la salle des mariages sur "Macho Men" des Village People ou sur Lady Gaga?

Donc, le collectif des maires pour l'enfance souhaite que le Conseil Constitutionnel statue en leur faveur en leur accordant le droit à la liberté de conscience.

Sur leur site, ils affirment que "la liberté de conscience n'empêchera pas les mariages d'être célébrés".

Certes, ça tombe sous le sens.

Sauf que je serais curieuse de savoir quelle sera la proportion de mariages homos pour laquelle ils l'invoqueront.

Ils ne veulent pas être taxés d'homophobie.
Soit.

Sauf que s'ils invoquent ce droit à la liberté de conscience à chaque fois qu'un couple homo se pointe dans leur mairie, on aura quand même me droit de crier un peu à la discrimination non?

Et puis la discrimination envers les homos, c'est un peu de l'homophobie non?

Ah! J'oubliais! Les "maires pour l'enfance" veulent aussi l'abrogation de la loi. Mais ça, vous l'aviez deviné j'imagine.
Formulaire homme femme autre
Le titre de ce billet est absolument nul mais tant pis. J'assume.
Disons que c'est une spéciale dédicace à celles et ceux qui me racontent parfois des trucs incroyables et que je leur réponds: "Genre!"

Et puis j'avoue qu'à force d'écrire des billets sur le genre, je suis à court d'inspiration pour les titres...

Depuis que nous avons une Ministre en charge des Droits des Femmes et que le mariage pour tous a été adopté il y a plusieurs mois, on a entendu tout et n'importe quoi sur une soit-disant fumeuse "théorie" du genre.

Dans l'absolu, je n'ai rien contre le mot "théorie". Mais quand il est accolé au "genre", ça donne lieu à des fantasmes complètement délirants.
  • Que nous allons inculquer à nos enfants des cours sur la théorie du genre.
  • Que nous allons leur lire dès la maternelle Michel Foucault ou Judith Butler.
  • Que nous allons dire aux petites filles qu'elles ne sont pas des petites filles et aux petits garçons qu'ils ne sont pas des petits garçons.
Tout ceci est d'une connerie sans nom.

Le genre, ce n'est pas une théorie.
Le mot "genre" n'est pas synonyme de "sexe biologique".

Le genre est une catégorie d'analyse, une manière d'envisager le sexe non plus seulement dans sa seule dimension biologique mais dans sa construction sociale.
Autrement dit, le genre permet d'envisager qu'une construction sociale des sexes (biologiques) existe.
C'est un outil.

Un genre de clé à molette qui permet de déboulonner les stéréotypes sexués.
Histoire de ne pas sombrer dans une théorie fumeuse, on pourra parler de "sexe social".

Ainsi, il existe:
  • des hommes (au sexe biologique masculin) qui ont également un sexe social masculin.
  • des femmes (au sexe biologique féminin) qui ont également un sexe social féminin.
Mais, on ne peut nier l'existence - n'en déplaise à nos amis de la Manif Pour Tous - de:
  • femmes (au sexe biologique féminin) qui ont un sexe social dit "masculin"
  • hommes (au sexe biologique masculin) qui ont un sexe social dit "féminin"
Et on ne peut pas nier non plus que ces catégories dans lesquelles notre société aime bien caser les gens, sont perméables, changeantes. Qu'elles évoluent.
Et que les individus concernés par ces comportements jugés jadis subversifs ne sont ni des malades qu'il faut soigner, ni des tarés qu'il faut enfermer.
 
Le genre sert à démontrer que ni le gêne XX "rose", "vaisselle", "tricot", "douceur" ni le gêne XY "bleu", "tuning", "muscles", "violence" n'existe.
 
Prendre en compte le genre dans la construction des identités, dans celle des enfants, c'est permettre la déconstruction - non pas du sexe biologique - mais des stéréotypes sexués auxquels notre sexe biologique nous prédestine depuis la nuit des temps.
  • Est-ce vraiment mal de dire à une petite fille qu'elle a le droit de tomber amoureuse d'une petite fille?
  • Est-ce vraiment délirant d'expliquer à petit garçon qu'il a le droit de jouer à la poupée alors que tous ses copains vont au foot?
  • Est-il vraiment normal d'entendre des parents dire à leur garçon: "arrête de pleurer comme une fillette?"
  • Est-il vraiment choquant que des gens en aient ras-le-bol de n'avoir le choix qu'entre "homme" ou "femme" dans les formulaires d'identité?
  • Pouvons-nous, sommes-nous capables, d'accepter que des hommes ou des femmes "biologiques" ne se sentent pas comme tels et n'aient pas envie, n'aient plus envie, de rentrer dans l'une des deux seules cases qui leur sont proposées?
Je pose la question les questions. 

04/10/2013

Bougez pas je reviens, je vais chez le libraire...

Ça tombe bien ça fait longtemps que je me suis pas acheté un bon dico, le dernier c'était Le Dictionnaire critique de la République dirigé par Christophe Prochasson.

Et bien cette fois, c'en sera un dirigé par Pascal Ory:

Manuel Valls
Picasso
Emile Zola
Léon Zitrone
Charles Aznavour
Le Corbusier
Samuel Beckett
Pierre Cardin
Joséphine Baker
Jacques Brel
Annie Cordy
Apollinaire
...etc.
...etc.

J'aime bien l'idée de ce dico. 

J'aime bien l'idée qu'on puisse tordre le cou à quelques idées bien idées moisie du FN. Qui, malgré le balayage appliqué de son pallier de porte, est toujours bien moisi à l'intérieur.

J'aime bien l'idée que ce soit Manuel Valls qui l'ait présenté à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration.

Pour une fois que j'aime bien un truc fait par Manuel Valls...

Hum. 

Sinon, puisqu'on parle d'écriture et de lecture, ce week-end, ce sera un billet manuscrit que vous donnerai à lire... Conformément au défi lancé par Bembelly!

03/10/2013

J'ai adoré Noir Désir. J'ai adoré les chansons, les paroles, la musique et la voix de Bertrand Cantat.

Une fan. Voilà ce que j'étais.
Et je le suis toujours.

Pas plus tard qu'il y a deux semaines je m'égosillais sur la piste de danse en sautant dans tous les sens sur le titre "Un homme pressé".

Je te mentirais si je te disais que du jour au lendemain, en 2003, j'ai bazardé tous mes CD de Noir Dés'.

Mais par contre, ce jour d'août 2003, 45°à  l'ombre au bas mot, je m'en souviens.
Je me suis assise. L'idole de mon adolescence était devenue un meurtrier.
À mains nues, il venait de tuer Marie Trintignant.

Le choc.

Le tapage médiatique. Déjà en 2003. 
Toute la presse était mobilisée. J'étais en vacances et les plages étaient jonchées de Paris-Match, Gala et autres lectures de bon goût.
Passées les premières réactions de stupéfaction, on a commencé à entendre par ci par là:

"Toutes façons elle était pas claire la meuf."

Et là j'ai je me suis dit:

"Nan mais attends, c'est quoi ça? On s'en fout qu'elle soit chelou ou pas la nana, c'est pas la question!"

Oui je sais, je donnais dans le dialecte d'jeuns quand j'étais plus d'jeuns.

Bref. On avait notre feuilleton de l'été: TV, presse, café du commerce, apéros... On ne parlait plus que de ça.

Et puis Bertrand Cantat a été jugé.
Puis condamné.
Puis enfermé.

Pendant ce temps-là, Orelsan inventait de verbe "Marie-Trintigner".

Et puis on a oublié Noir Désir.
J'ai plaint le reste du groupe d'avoir un leader aussi con qui, en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, a détruit leur carrière. À eux tous.
J'ai plains la famille Trintignant d'avoir eu à subir ce matraquage médiatique sordide.

Et puis Bertrand Cantat est revenu sur le devant de la scène:
- à sa libération
- à la mort de son ex-compagne qui s'est suicidée après avoir dévoilé à qui en doutait (encore) que Bertrand Cantat avait la main lourde. Très lourde.
Particulièrement sur les femmes.

Bertrand Cantat hantait le showbiz comme un zombie dans le purgatoire, attendant sagement que ceux qui font la pluie et le beau temps dans le monde de la musique lui rouvrent ses portes.

Et Bertrand Cantat revint.

Sous le nom de "Détroit".
Et le tapage médiatique recommença: flashes back, sondages à la con, micros-trottoirs.
Faire de l'audience.
Clouer TF1 au pilori quand on est sur France 2.
Éclater iTélé quand on est sur BFM.
Bertrand Cantat est un musicien, un chanteur. C'est un fait.

C'est aussi un meurtrier.

Il a purgé sa peine. On pourra toujours se demander s'il a assez fait de taule ou pas.
Comme chaque détenu revenu à la liberté, il a le droit de reprendre un job. Son job.
Mais moi, ce que j'en pense, c'est qu'il eut été appréciable qu'il se fasse discret.
Ce que j'en pense, c'est que je plains encore une fois la famille Trintignant, qui voit revenir sur le devant de la scène, le meurtrier de leur fille,  sœur, mère, tante, cousine.
Ce que j'en pense, c'est que je suis toujours fan de Noir Désir, le groupe de ma jeunesse. Celui d'avant 2003.

Et que Détroit ne fera jamais oublié Cantat.

À lire ailleurs:
Chez Crêpe Georgette, Cantat ou l'insurmontable pardon:http://www.crepegeorgette.com/2013/09/30/cantat-ou-linsurmontable-pardon/

Billet pogotté depuis un iPhone.