29/12/2016

Je suis ravie que Jacqueline Sauvage soit libre, auprès des siens, auprès de ses filles.
L'affect et l'émotion me font dire que François Hollande a pris une sage décision, empreinte de compassion et d'humanité. Oui.
Merci Monsieur le Président.
Oui, il a eu raison de gracier cette femme. D'abord partiellement, ne l'oublions pas. Puis totalement. Il a eu raison de lui rendre sa liberté (si tant est qu'elle puisse un jour se libérer totalement de l'enfer qu'elle a vécu).
Mais gracier n'est pas blanchir. Gracier n'est pas pardonner. Gracier n'efface pas la condamnation.

Car oui, Jacqueline Sauvage a tué son mari. C'est un fait. Et elle a été condamnée pour ça.

Et... On ne peut nier ni balayer d'un revers de main ses multiples condamnations par des jurys d'assises ni les multiples refus de libération qui lui ont été opposés.
À plusieurs reprises, Jacqueline Sauvage a été déclarée coupable de meurtre (et non pas d'assassinat comme on peut le lire ici ou là).
À plusieurs reprises, de nombreuses incohérences ont été relevées dans le récit de son calvaire.
Jacqueline Sauvage a tué son mari. Un mari violent, tortionnaire, pervers, qui a fait vivre à sa femme et ses filles un enfer pendant plusieurs dizaines d'années.

Alors, oui, on peut s'exclamer "Bien fait pour sa gueule à ce gros connard". Oui, on peut.

15/12/2016

Madame la Présidente du Conseil régional d'Île-de-France,

J'apprends aujourd'hui - sans grande surprise je dois bien l'avouer - que vous avez décidé de mettre un terme aux financements des études sur le genre, les inégalités et les discriminations.
Depuis plusieurs années maintenant, la Région soutient des Domaines d'Intérêt Majeur (DIM) en matière de recherche. Depuis 2006, le genre faisait partie de ces Domaines d'Intérêt Majeur justement. En 10 ans, ce sont près de 90 allocations de recherche de doctorat et de post-doctorat qui ont été financées par la Région que vous présidez depuis un an, à hauteur de 10 millions €.

C'est une somme importante, certes, mais c'est bien peu lorsqu'elle est ramenée à l'échelle d'un budget annuel comme celui de la Région Île-de-France. 

Vous avez donc fait le choix de supprimer purement et simplement les femmes, le genre et les droits des mots-clés directement concernés par les nouveaux DIM portés par la Région Île-de-France.

Mais ce n'est pas une surprise venant de votre majorité régionale, noyautée par la Manif pour Tous et Sens Commun.

08/12/2016

Au commencement, il y avait François Hollande. Président sortant qui, à moins d’une tempête de sauterelles, n’avait aucune raison (si on met de côté sa cote de popularité proche du néant) de ne pas briguer un second mandat de Président de la République.

Il y avait aussi Jean-Luc Mélenchon qui a d’emblée rappelé que jamais Ô grand jamais il n’accepterait de participer à la primaire de la gauche si François Hollande y participait aussi. Sur le principe, il ne semblait pas hostile à une primaire de la gauche mais à condition de pouvoir en choisir les candidats.

En interne, il y avait Manuel Valls. Premier ministre ferme et autoritaire, clivant dans son propre camp et même au-delà, dont le bilan est aussi celui du Président et vice-versa, promoteur du 49.3 pour les lois Macron et El Kohmri, pourfendeur de la déchéance de nationalité, auteur de quelques phrases assassines qui crispent la gauche, accusé d’avoir poussé François Hollande jusque dans les cordes, puis vers la sortie. Lundi dernier, Manuel annonce qu’il est candidat à la primaire de la gauche « pour faire gagner tout ce qui nous rassemble ». Il a donc démissionné dans la foulée de son poste de Premier ministre. Normal. Et il a été remplacé par Bernard Cazeneuve qui, lui par exemple, aurait pu faire un bon candidat pour cette primaire.

Parallèlement, Marie-Noël Lienemann, Gérard Filoche, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, en lice pour cette fameuse primaire, passent le plus clair de leur temps à mettre des tartes à Manuel Valls et François Hollande plutôt qu’à taper sur la droite. En ce sens, ils ont un point commun avec Jean-Luc Mélenchon qui, lui, met des tartes au Gouvernement depuis 2012. Son adversaire, c’est la « gauche de Gouvernement ». OK. Pour Marie-No et Gégé, même combat. Pour Nono et Ben, ça cogne dur sur la « gauche de Gouvernement », mais seulement depuis qu’ils n’y sont plus (au Gouvernement, pas à gauche). Pas fous les types. Pour autant, ils sont eux aussi comptables d’au moins la moitié du bilan.

Au Nord, dans les Hauts-de-France, bien loin de la Terre du Milieu, on a Martine Aubry qui exhorte, à juste titre, la gauche de se rassembler, de faire front commun contre le Front national et le Front filloniste, parce que l’union fait la force. Ça mange pas de pain de le rappeler. Mais Martine n’est pas candidate. 

En périphérie de la Terre du Milieu, on a Jean-Luc Bennahmias, Président du Front démocrate, ancien secrétaire national des Verts et vice-président du MoDem, Pierre Larrouturou, fondateur de « Nouvelle Donne », François de Rugy, Président du parti « Ecologiste ! », Bastien Faudot voudrait bien y participer aussi au nom du MRC, Sidi Hamada-Hamidou, membre du Parti radical de gauche (Mayotte), Maxime Legrand, chef d'entreprise et conseiller municipal d'opposition à Poissy, Fabien Verdier, conseiller municipal de Châteaudun, conseiller régional, et Sylvia Pinel, qui a d’abord été investie par le PRG sans passer par la primaire et qui, depuis que FrançoisHollande a renoncé, a finalement annoncé hier qu’elle participait aux primaires.
Et – toujours depuis hier – on a appris que Vincent Peillon, ancien ministre de l’Education nationale, et eurodéputé, annoncerait sacandidature ce week-end.

Dans l’autre nébuleuse de gauche hors primaire, on a Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Yannick Jadot, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud.

Et m’est avis que j’en oublie. M’est avis aussi que c’est hyper confus mais c’est pourtant bel et bien ce qui se passe à l’instant T.

Les sondages sur les intentions de vote à la primaire de la gauche sortent Manuel Valls vainqueur à 51%.
Et les sondages sur les intentions de vote à l’élection présidentielle sortent la gauche cumulée au 2nd tour des Présidentielles.

Sauf qu’on n’est pas cumulés.

On est dispersés, divisés, bordélisés.

Pour autant, parmi les membres de l’équipe de foot de la gauche, toutes et tous (sauf Jean-Luc Mélenchon, crédité de 14% d’intentions de vote au 1er tour), y compris Emmanuel Macron (crédité lui aussi de 14% d’intentions de vote au 1er tour) ont unanimement salué la lucidité de François Hollande, sa dignité et la clairvoyance de son message lorsqu’il a pris la parole en direct le 1er décembre 2016: 

Comme socialiste, parce que c’est l’engagement de toute ma vie, je ne peux accepter, je ne peux me résoudre même à la dispersion de la gauche, à son éclatement, parce qu’elle priverait de tout espoir de l’emporter face au conservatisme et pire encore, face à l’extrémisme.
[...] Aujourd’hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. 
Toutes et tous ont souligné l’urgente nécessité de se rassembler (sauf Jean-Luc Mélenchon).

Mais comme à gauche, on n’a pas le culte du chef, on aime bien bordéliser les choses.

A croire que c’est un véritable hobby.

01/12/2016

...Je pose la question.
Aujourd'hui, les député-e-s ont débattu sur la proposition de loi relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, sur le web, afin de lutter contre les sites internet et pseudo blogs qui propulsent de la contre-information, des conneries sans nom, des fantasmes moyennâgeux, tout en étant noyautés de l'intérieur par des associations dites "pro-vie", anti IVG, catholiques intégristes, la Manif pour Tous, Sens commun, Civitas et autre joyeusetés réacs.
 
En ligne de mire, le site qui sort, un jour sur deux, en premier dans les résultats Google quand on tape "IVG" dans la barre de recherche.

Ce site n'est qu'une compilation de contre-vérités et de culpabilisation des femmes qui cherchent des renseignements sur l'IVG.

Affichant fièrement en page d'accueil un numéro vert pour "une écoute strictement gratuite et anonyme pour vous apporter un soutien sur votre IVG en toute discrétion, y compris auprès des mineurs", il profère toutes sortes d'inepties sur les conséquences d'un IVG sur les femmes, leurs corps, leur mental, leur compagnon et, tiens, pendant qu'on y est, sur l'Univers.
  • risque accentué de fertilité
  • risque majeur de frigidité
  • dérèglement hormonal
  • sautes d'humeur
  • solitude et renfermement sur soi-même
  • risques de troubles sexuels
  • perturbations endocriniennes
  • séparation du couple
  • perte des repères sexués
Et j'en passe. Je n'irai pas jusqu'à vous infliger les pires pathologies 100% féminines auxquelles s'exposent la femme qui souhaite avorter.

Bref, non seulement elle brûlera en enfer, mais en plus elle ne sera plus une femme, une vraie, au sens où l'entendent les plus réacs, et les conséquences de son acte auront des répercussions sur ses proches, sa famille, et la civilisation toute entière.

Et je n'exagère pas.

Pour preuve, le témoignage d'Aurore Bergé qui a piégé ce site en se faisant passer pour une femme souhaitant avorter. Et je suis fair-play, Aurore Bergé est de droite.

On peu aussi réécouter Guillaume Meurice qui a procédé de même sur France Inter.


Les débats à l'Assemblée étaient carrément affligeants. Les propos tenus par la droite qui invoque Simone Veil et Simone de Beauvoir alors que c'est grâce aux voix de gauche que la Loi Veil a été adoptée, sont une honte pour les partis, dits républicains, dont ils se revendiquent.

Tout y est passé. Tous les clichés les plus lamentables.

Mais:
  • Cette loi n'a pas vocation à entraver la liberté d'expression.
  • Cette loi a vocation à lutter contre la désinformation voire le mensonge.
  • Cette loi n'a pas vocation à faire taire celles et ceux qui sont contre.
  • Cette loi vise à empêcher que ces sites se fassent passer pour ce qu'ils ne sont pas. Ce ne sont pas des sites d'information. Ce sont des sites militants. Ce sont des sites d'opinion.
Et la nuance est de taille.
  • Personne à gauche n'a jamais dit que l'IVG était une partie de plaisir.
  • Non, on n'avorte pas comme on va au supermarché.
  • Non, les IVG de confort n'existent pas.
  • Non, l'IVG n'est pas un moyen de contraception.
  • Oui, on peut être contre l'IVG.
Mais non, la société n'a pas à être trustée par celles et ceux qui se répandent en contre-vérités.

Des contre-vérités qui étaient valables dans un autre temps, une autre époque: celle des cintres.

Il est 18h48 et la loi a été adoptée.

30/11/2016

Hier soir, à la Bellevilloise, s'est tenu le premier rassemblement de l'AG.
AG de quoi? AG de qui? Qu'est-ce donc encore?
Assemblée de la Gauche? Oui, en partie.
"L’AG est le rassemblement de personnes issues d’horizons divers, se reconnaissant dans les valeurs de la Gauche, qui veulent prendre part au débat public et participer à en définir les enjeux et encourager la montée en puissance de la société."
En gros, pour faire court, on devait être 200 à 250 de tous horizons (politique, associatif, culturel, éducatif...etc.) pour débattre des enjeux à relever à 145 jours de l'élection présidentielle.
Et finalement, on était au moins 300.
Très rapidement, je me suis rendu compte que nous n'étions pas qu'entre militants, entre politiques, entre-soi, et que nous n'étions pas toutes et tous des bénis oui-oui du Gouvernement ou des hollandolâtres patentés.
Ça change.
On n'était pas non plus dans l'auto-congratulation, ni dans l'auto-satisfaction masturbatoire, contrairement à ce qu'on a pu lire ici ou là.
Cela dit, dès lors qu'on se réunit à "huis-clos" dans un lieu comme La Bellevilloise et qu'on annonce des participant-e-s tel-les que Julien Dray, Jean-Michel Ribes, Muriel Hurtis ou Patrick Pelloux, forcément, ça attise à la curiosité et ça fait dire n'importe quoi à celles et ceux qui ne sont pas venus, qui n'ont pas vu ni en entendu.

Et comme dirait l'autre, "haters gonna hate".

Donc, non, nous n'étions pas entre bobos, nous n'étions pas entre hollandais, nous n'étions pas non plus en meeting politique, et encore moins en comité de campagne.
Mais on ne va pas se mentir sur la marchandise, dès lors que l'AG se revendique des valeurs de gauche, force est de constater que les fillonistes, les juppéistes ou les frontistes étaient absents du débat hein.

Et comme j'y étais, je peux en parler. Histoire de mettre un terme aux fantasmes empreints de delirium tremens qui circulent sur les réseaux sociaux.

La soirée s'est déroulée en 3 temps: un premier temps avec les témoignages de celles et ceux qui ont rejoint l'AG, un deuxième temps plus politique, un troisième temps pratique présentant la suite des évènements et l'agenda des futures AG ici et ailleurs, près de chez toi.

Comme je suis super sympa, je vais te donner la liste des gus qui ont pris la parole pendant la soirée.
  • Rachid Benzine, islamologue et politologue
  • Jacky Bontems, syndicaliste
  • Nelly Gouandjia, militante des conseils citoyens
  • Eliott Nouailles, animateur du site "Nouveau Souffle"
  • Sakina M'sa, créatrice de mode et entrepreneure sociale
  • Jean-Michel Ribes, auteur, metteur en scène
  • Yacine Bellatar, humoriste
  • Nadège Azzaz, Conseillère régionale d'Ile-de-France
  • Julien Dray, Conseiller régional d'Ile-de-France
  • Jean-Philippe Derosier, Professeur de droit public
  • Stéphanie Scoupé, cadre de direction dans une entreprise publique
  • Alexandre Leroy, ancien président d'un syndicat étudiant
  • Sabrina Aïd, Juriste/consultante RSE (responsabilité sociétale des entreprises
Muriel Hurtis et Patrick Pelloux auraient du être également présents, mais ils avaient poney. A moins que la première n'ait loupé son train et que le second ait été souffrant. Mais finalement, ça ne nous regarde pas, comme dirait l'autre. 
Banlieues, identité, déchéance de nationalité, droit de vote des étrangers, lutte contre le terrorisme, engagement associatif, programme de François Fillon, présence française à l'international, culture, impôts, élection présidentielle... sont autant de sujets qui ont été abordés. Près de 30 personnes ont pris la parole pour susciter le débat avec la salle et les intervenants.
François Hollande s'est pris pas mal de scuds, assez justifiés il faut bien l'avouer. En vrac et dans le désordre:
  • La déchéance de nationalité était, je cite "une sombre connerie".
  • Il aurait du proposer le droit de vote des étrangers, même si la majorité des 3/5e n'était pas acquise. Au moins, on aurait pu taper sur la droite qui l'aurait refusé et ainsi éviter de lui taper dessus parce qu'il a préféré renoncer que de proposer. 
  • Il ne communique pas assez sur ses échecs et ce n'est pas la peine d'attendre d'être en campagne pour le faire. Le droit d'inventaire, c'est maintenant, tout le temps.
  • Loi travail et 49.3.
  • Perplexité générale (euphémisme) à l'évocation du CICE.
Donc, oui. On a été capables - n'en déplaise aux trolls - de reconnaître qu'on a merdé sur quelques points. Mais ces quelques points ne doivent pas effacer tout le reste. Et on est aussi tombés d'accord pour dire qu'on est les seuls à ne pas jouer la carte de la droitisation de la société ni celle de l'aventure personnelle d'un super candidat. Et aussi, le point commun avec le Carrefour des Gauches de samedi à Bondy, c'est l'énergie et le sens des responsabilités. Et je suis convaincue, à titre personnel, que ce quinquennat donnera à François Hollande le recul suffisant pour aborder la profonde mutation de la société que nous attendons tous, mais sans violence et sans haine.

Finalement, pour être tout à fait claire, à défaut d'être dans la salle au moment des débats, le seul moyen d'avoir un écho de ce qui se tramait dans cette obscure réunion de (au choix ou pas), bobos, personnalités déconnectées de la vraie, lamentables gauchistes, la société civile qui veut jouer un rôle dans la campagne présidentielle et peser dans le débat politique et citoyen, c'était de suivre le hashtag #AG2017 sur Twitter. Alors évidemment, c'est un peu juste.

Et comme je suis bonne joueuse, je te fais cadeau de ce qui s'y est dit. Prends la peine de scroller jusqu'en bas avant de troller.

Ça me changera.

23/11/2016

Alors que nos camarades de gauche, de la vraie gauche à la gauche molle, en passant par l'extrême-gauche et la gauche de droite, s'échinent à stratégiser (oui je sais, c'est un néologisme) autour du vote utile à la Primaire de droite de novembre 2016 pour faire barrage à l'extrême-droite aux Présidentielles de 2017, tout en étant déjà convaincus que la gauche, la vraie, la molle, l'extrême ou celle de droite, seront balayées dès le 1er tour (fais un effort pour suivre s'il te plaît, c'est déjà assez compliqué comme ça), nous, peuple de gauche, découvrons avec stupéfaction que la Primaire de droite et du centre n'est en fait que de droite et que le gagnant de dimanche dernier est carrément hyper à droite tandis que celui qui était favori est un peu moins à droite et n'a fini que 2ème.

Passées ces considérations préalables, il était plus que temps de vérifier si celui qui est désormais challenger est vraiment moins à droite que l'autre, et donc un peu plus au centre (pensée émue pour François Bayrou, variable d'ajustement de la chose), mais quand même très à droite pour nous, peuple de gauche.

C'est donc dans une démarche d'abnégation totale que je me suis fadé les deux programmes de droite des deux candidats de la droite et du centre.

Et là, les bras m'en sont tombés car figure-toi, camarade de gauche qui vas aller voter utile dimanche prochain, que les deux candidats sont carrément de droite et que - à la lecture de leurs programmes - la gauche molle qui nous gouverne est carrément de gauche.

Oui je sais, après 4 ans et demi de Hollande bashing, c'est carrément stupéfiant.

Moi, perso, dimanche prochain, j'ai poney.
Comme dimanche dernier d'ailleurs.



21/11/2016

Drôle de soirée hier.
Passée la joie de voir Nicolas Sarkozy se prendre une deuxième veste 4 ans après sa défaite aux Présidentielles, un arrière-goût de Sarkozie tenace m'est resté en travers de la gorge:
François Fillon.
Premier ministre pendant 5 ans sous celui qu'il vient d'éliminer avec 44% des voix aux "Primaires de la Droite et du Centre" (dont on cherche toujours le centre cela dit en passant).
Premier ministre servile et docile pendant 5 ans.
Bras armé de la Sarkozie dure et réac, conservatrice et catholique. 
Un bon vieux gaulois comme les aime tant Nicolas Sarkozy.

François Fillon.
Et non pas "Fion" comme s'est plu à le prononcer hier soir Ruth Elkrief. 
Voter Fillon, c'est l'assurance d'un retour aux racines catholiques de la France. Ces bonnes vieilles racines qui nous ancrent dans la pérennité de l'immobilisme d'un autre siècle.

Fillon, c'est la sécurité.
La sécurité, mais sans les flics puisqu'il est aussi comptable que Nicolas Sarkozy de la suppression de 13 000 postes dans nos forces de l'ordre. Mais c'est un détail de l'histoire.

Fillon, c'est la famille.
Mais avec un papa et une maman, car on ne ment pas aux enfants comme se plaisent à le scander ses amis de la Manif pour Tous et de Sens Commun. Il fermera l'adoption et interdira la PMA aux couples homosexuels.
C'est le rétablissement des allocations familiales universelles pour tous, tout le temps, même pour ceux qui n'en ont pas besoin pour assurer loisirs, vacances, nourriture et confort à leurs enfants.

Fillon, c'est bosser jusqu'à 65 ans minimum.

Fillon, c'est la démocratie avec la mise en place d'un référendum pour entériner la fin des régimes spéciaux.

Fillon, c'est 39h de travail hebdomadaires payées 35, pour tout le monde, tout le temps. Exception faite du secteur privé ou ce sera freestyle. C'est aussi la mise en place d'un "contrat de travail unique à droits progressifs", pour que la protection des salariés soit alignée sur leur ancienneté. Étant donné qu'aujourd'hui, l'ancienneté se résume à 5 ou 10 ans grand max dans la même boîte, on est assuré de... Bah de rien en fait.

Fillon, c'est la liberté patronale. On pourra être licencié pour motif de "réorganisation". 

Fillon, c'est une lutte acharnée contre le "cancer de l'assistanat", si cher à Laurent Wauquiez, bras droit de Nicolas Sarkozy (tu la vois la boucle qui en train de se boucler?).

Fillon, c'est la sécurité fiscale des riches avec la suppression de l'ISF.

Fillon, c'est 500 000 fonctionnaires en moins. Ceux qui restent bosseront davantage.
L'histoire ne dit pas où il tapera en premier... Justice? Education nationale? Santé? Sécurité?

Fillon, c'est la France aux Français. Même combat que Marine Le Pen, la fermeture des frontières en moins.

Fillon, c'est le retour de l'uniforme et des maisons de correction. C'est moins d'enseignants, mais tous pluridisciplinaire. Mais l'histoire ne dit pas où et comment il les recrute et les forme. C'est encore plus d'autonomie pour les universités qui choisiront en toute indépendance les critères d'admission en master.

Bref.

Fillon, c'est la Sarkozie sans Nicolas Sarkozy.
Autrement dit: sa substantifique moelle...
 
Welcome back en 2012.

31/10/2016

On dirait que l'heure est au coming out politique. Entre les sondages qui tombent toutes les 3 minutes et 42 secondes, les soutiens qui s'affichent un peu partout toutes les 5 minutes et les scénarios de politique fiction qui sortent de la tête des uns et des autres, on a de quoi papoter à la machine à café ou accoudé-e-s au comptoir.
Comme Jégoun, je crois que je fais partie des 4% qui "sont satisfaits" de la politique menée par François Hollande. Je dis "je crois" car pour être tout à fait honnête, je ne suis pas satisfaite à 100%. Mais du coup, ça fait trop de pourcentages dans la même phrase. Je ne suis pas 100% satisfaite mais je fais partie des 4% qui le soutiennent à 99%.

Mince, c'est encore pire.

Je ne suis pas 100% satisfaite car, à défaut d'avoir un bretzel coincé dans la gorge, j'ai encore en travers le monumental bad buzz de l'"Affaire Léonarda", les couacs à répétition des premiers mois de mandat, la lenteur avec laquelle le Gouvernement a accouché du mariage pour les couples de même sexe, déroulant un boulevard à tous les réacs, moisis et homophobes de France et de Navarre pendant 9 mois, la déchéance de nationalité, le 49.3, les lois fourre-tout qui portent les noms de Macron et El Khomri, le droit de vote des étrangers aux élections locales, passé à la trappe, le CICE dont on cherche encore les effets...
Quant au best-seller de la rentrée qui frôle avec le ras-des-pâquerettes (j'ai commencé à le lire, j'avoue que je traîne un peu des pieds), on aurait aussi pu s'en passer.

Ça fait beaucoup tu me diras... C'est pas faux.

Et pourtant. Je suis malgré tout satisfaite:
  • Du rétablissement de la formation des enseignants
  • De la création des emplois d'avenir
  • De la mise en place du compte pénibilité
  • Du mariage pour les couples de même sexe
  • De la loi sur le non-cumul des mandats
  • De la prime d'activité étendue aux 18-25 ans
  • De la garantie jeune
  • Du dispositif embauche PME
  • De la création du compte personnel de formation
  • Du remboursement intégral de la contraception pour les mineur-e-s
  • De la prise en charge intégral de l'IVG
  • De la revalorisation des bourses étudiantes et la bourse lycéenne
  • De la revalorisation de l'allocation rentrée
  • De l'encadrement des stages
  • De la lutte contre la fraude fiscale
  • Du rétablissement de l'ISF
  • De la réduction du budget de l'Elysée et de la baisse des salaires des Ministres et du Président
  • Des 60 000 postes dans l’Éducation Nationale
  • De la revalorisation du point d'indice des fonctionnaires
  • Du retour à l'équilibre d'une partie de la sécurité sociale
Et du rattrapage d'un certain nombre de conneries léguées par la droite comme, par exemple, pris au hasard de l'actualité, la suppression de 13 000 postes dans la gendarmerie et la police.
Au hasard.

Ça fait beaucoup tu me diras... C'est pas faux.

Et pourtant, je dois être maso car aucune de ces mesures ne me concerne personnellement.
J'ai le malheur de ne pas être lesbienne en emploi d'avenir, de ne pas payer l'ISF, de ne jamais avoir avorté, d'avoir plus de 25 ans et d'être sans enfant, en CDI mais pas dans l’Éducation nationale, de ne pas être en stage et de n'avoir jamais fraudé le fisc, de ne pas être fonctionnaire dans un emploi pénible.

Mais comme je suis convaincue que l'homme ou la femme providentiel-le n'existe pas et qu'un-e Président-e faisant l'unanimité relève du fantasme sous acide, me voilà dans le camp des 4%... Ou la secte. C'est selon.

Je dois être maso car je me fais insulter à tour de bras. Ou alors, j'ai le cuir solide comme dirait Pépère.

Cela dit, en parlant d'insultes, il serait de bon ton que les "camarades" estampillés FH2017, Montebourg, Hamon, Macron ou MNL2017 arrêtent d'insulter tout le monde à tour de bras. C'est pas comme ça qu'on fait campagne les p'tits chats.

Insultons la droite et l'extrême-droite en chœur et de bon cœur car c'est de bonne guerre et ce ne sont pas les occasions qui manquent en ce moment.

Allez-y, ouvrez les vannes, j'ai enfilé ma combi.

28/10/2016

Hier, un sondage est ressorti des archives du web et m'a interpellée.
Il date de mai dernier et émane d'Amnesty International:
82% des Français-es se disent favorable à l'accueil des réfugiés.
Et soudain, je me dis qu'il reste quelque chose de bon dans l'humain... Que, non la France n'est pas un pays xénophobe et raciste, que non, nous ne sommes pas entourés que de fachos qui déversent par semi-remorques entiers toutes sortes d'insultes paranoïaques et apocalyptiques sur "le migrant", ce voleur violeur qui n'est là que pour profiter du système et poser des bombes, sur cette théorie fantasmagorique du grand remplacement...

Que s'est-il passé depuis mai 2016 pour qu'aujourd'hui, au grand jour et sans la moindre inquiétude, la fachosphère soit devenue la seule nébuleuse audible, écrasant tout sur son passage en polluant le web de ses commentaires nauséabonds?

Que s'est-il passé depuis mai 2016 pour que ces 82% de Français-es déclarent aujourd'hui qu'ils vont voter pour la droite, pour l'extrême-droite, ou pour la droite dure et décomplexée? Ils sont favorables à l'accueil des réfugiés mais vont voter pour des candidat-e-s qui n'ont pour seul programme que de les renvoyer "chez eux", sous les bombes, en passant par la Méditerranée, cette Grande Bleue devenue le cimetière de milliers d'entre eux depuis plusieurs mois.

Hier encore, la rédaction de France 3 Midi Pyrénées est sortie de sa réserve en dénonçant des commentaires insupportables sur sa page Facebook suite à la publication d'un article relatif à l'accueil de réfugiés à Toulouse.

La France, ce pays qui a accueilli par milliers des Italiens, des Polonais, des Espagnols, des Maghrébins, des Russes avant, pendant ou après les guerres qui ont secoué l'Europe au XXème siècle, est-elle (re)devenue un pays raciste, égoïste, parano?
Les ratonnades seraient-elles redevenues le dernier sport à la mode?

Cette ambiance puante n'est pas sans rappeler celle de Gringoire, journal pamphlétaire qui a ouvertement glissé dès 1936 vers l’antisémitisme et la xénophobie.
Sommes~nous le dépotoir du monde?
Par toutes nos routes d’accès, transformées en grands collecteurs coule sur nos terres une tourbe de plus en plus grouillante, de plus en plus fétide.
C’est l'immense flot de la crasse napolitaine, de la guenille levantine, des tristes puanteurs slaves, de l'affreuse misère andalouse, de la semence d’Abraham et du bitume de Judée ; c'est tout ce que recrachent les vieilles terres de plaies et de fléaux.
Doctrinaires crépus, conspirateurs furtifs, régicides au teint verdâtre, pollaks mités, gratin de ghettos, contrebandiers d’armes, pistoleros en détresse, espions usuriers, gangsters, marchands de femmes et de cocaïne, ils accourent précédés de leur odeur, escortés de leurs punaises [...].
Naguère les Russes, ensuite, les Polonais, l puis les Grecs, puis les Italiens qui suivirent les Allemands, précédant les Espagnols [...].
Ouvriers, paysans, bourgeois, anciens combattants, on prend la place de vos fils, on vous mène a la boucherie, on vous impose silence... Et vous n’avez pas honte?
Des vagabonds de grandes routes viennent chez vous, disposer de votre patrimoine, s’emparer de votre gagne-pain, vous bâtonner devant vos femmes... Et vous n’avez pas honte?
Les conseils de l’État se tiennent en yiddish, le Chef du gouvernement salue en riant l’étendard des sans patrie ; à l’heure même où, dans les cabinets ministériels, le drapeau de la France a remplacé le papier hygiénique... Et vous n’avez pas honte?
En 1936, Gringoire publiait ça:


Depuis 2 ans, Valeurs actuelles publie ça:

 Quelle différence?

13/10/2016

Les Françaises ont le droit de vote depuis 1944. Depuis 1944, elles ont donc le droit, comme les hommes, de s'exprimer par le suffrage. Évidemment, comme les hommes, elles ont aussi le droit voter pour tout et n'importe quoi. Il n'y a pas de raison que les hommes aient le monopole de la connerie politique. 
Donc les femmes votent elles aussi pour le FN. Et de plus en plus. Comme les hommes. Et puis, comme dirait Gérard accoudé au comptoir, "Maintenant que Marine et Marion sont à la tête du Front, les femmes, elles se sentent plus représentées tu vois."
Ouais ouais, je vois. Je vois même très bien l'idée.

Sauf que... J'ai un peu de mal à comprendre qu'une femme, un temps soit peu soucieuse de ses droits, de ses libertés individuelles, un temps soit peu consciente de la nécessaire égalité entre femmes et hommes, puisse voter pour un parti dirigé par une femme qui n'a de cesse de faire régresser les droits des femmes. Et dont la nièce écervelée ne fait guère mieux.

Alors autant te dire que quand je suis tombée là-dessus, ça m'a bien fait marrer:


Enfin... "marrer", façon de parler.

Parce que les droits des femmes pour le Front, c'est au foyer, enceintes, mariées et dociles. La liberté des femmes pour le Front, c'est celle de se taire, de faire ce qu'on leur dit et sans broncher.

Entre Marine Le Pen qui considère que les femmes pratiquent une IVG comme elles vont au supermarché et qui va jusqu'à parler d'"IVG de confort" et Marion Maréchal-Le Pen qui compare la suppression du délai de réflexion de 7 jours à un droit de rétractation quand on achète un micro-ondes, pas de doute, le droit des femmes à disposer de leurs corps à la sauce frontiste, c'est du lourd.

 

Et pour leur couper l'envie d'aller au supermarché des IVG toutes les 5 minutes, rien de tel qu'un bon coup de rabot aux subventions accordées au Planing familial.

On pourra aussi se rappeler de la brillante idée de Dominique Martin, eurodéputé frontiste bas du front, au Parlement européen l'année dernière, de (re)donner aux femmes "la liberté de ne pas travailler" pour "s'occuper de leur foyer" et "donner une meilleure éducation aux enfants".

Autrement dit, si on veut que le chômage baisse, il serait de bon ton que les gonzesses arrêtent de bosser en piquant le taf des mecs. Et pour lutter contre l'insécurité, si les gonzesses pouvaient privilégier l'éducation de leurs chiards au lieu d'aller bosser, ceux-ci ne deviendraient des délinquants.

"Les droits des femmes, c'est Marine!"...
C'est à peu près aussi vrai que d'affirmer que "la probité en politique, c'est Sarkozy!" ou "l'avenir, c'est Juppé!". Un oxymore non?

D'ailleurs, les droits des femmes, c'est tellement Marine que Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, les deux députés frontistes qui siègent (quand ils n'ont pas poney) à l'Assemblée nationale, ont systématiquement voté contre toutes les lois qui visaient à protéger et défendre les droits des femmes:
  • Loi pour l'abolition du système prostitutionnel
  • Loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes
  • Loi sur le harcèlement sexuel
Alors non... Vraiment. Je peux entendre le ras-le-bol politique des électeurs et des électrices. Je peux entendre "on a essayé la gauche, on a essayé la droite, essayons l'extrême"... Si si je peux, je t'assure.
Mais qu'une femme puisse aller voter Le Pen aux Présidentielles ou à n'importe quelle autre élection, je l'entends, mais je ne le comprends pas.
Et je ne le comprendrai jamais.
Jamais.