Oui, le socialisme a un avenir! Et le Parti socialiste aussi!

On peut passer des heures, des mois, des années à faire le bilan, à revenir sur les échecs, à critiquer tel ou tel responsable de notre parti ou gouvernant du précédent quinquennat. On peut. On le fait. Sur les réseaux sociaux, autour d’une bière, dans nos sections, dans toutes nos instances fédérales ou nationales. On peut. On le fait. 

Mais une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit. 

Je suis socialiste. Oui oui, ça existe encore. Je l’assume et je n’en ai pas honte. 

Je n’ai pas honte d’avoir défendu les 60 000 embauches dans l’Education nationale, la loi sur l’égalité réelle entre hommes et femmes, la prise en charge intégrale de l’IVG et la lutte contre le délit d’entrave, le dispositif embauche PME, les emplois d’avenir, les contrats de génération, le rétablissement des effectifs de police sabrés sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le mariage pour tous, la résorption du trou de la sécu, la COP 21... 

Mais être militant-e au Parti socialiste, c’est aussi assumer d’être en difficulté. Mais pas en voie d’extinction. Les militant-e-s comme moi sont certes moins nombreux-ses, moins audibles, mais ils sont là.

Être militant-e-s au Parti socialiste, c’est assumer de critiquer les échecs, les outrances et les égarements. C’est reconnaître que le CICE était un échec, que le 49.3 sur des enjeux sociaux et économiques majeurs, utilisé à deux reprises, était une faute politique, que le débat sur la déchéance de nationalité était une folie et que ne pas accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales restera une faille béante.

Mais être militant-e-s au Parti socialiste, c’est aussi être là pour dire non à la baisse des APL, non à la suppression de l’ISF, oui à la PMA pour toutes les femmes, oui à la reconnaissance de tous les enfants nés de GPA et à leur adoption par leurs deux parents, oui à plus de justice sociale et fiscale, oui à un véritable accueil digne de ce nom des migrants et des réfugiés, oui à la défense et à la création de services publics, oui à l'accès aux soins pour tous, non à une augmentation des tarifs du Pass Navigo en Île-de-France, oui à une véritable sanction des villes qui ne respectent pas les quotas de logements sociaux, non à une loi anti-terroriste qui met dans le droit commun des lois d’exception et la surveillance de tous, oui à une Europe plus forte, politique et sociale, oui à une écologie offensive...

Parce que ce qui fait notre identité, ce n’est pas seulement de réduire l’injustice sociale et fiscale, mais c’est aussi (et surtout) lutter contre ce qui organise ces injustices.

Rester au Parti socialiste, c’est participer à la refondation, c’est assumer d’être dans un navire qui prend l’eau sans le regarder couler, tout en jetant par-dessus bord celles et ceux qui sont hésitants, perplexes ou déçus. C’est être acteur et actrice de sa refondation, de sa reconstruction, de sa ligne politique.


Ce n’est pas de la rénovation. La rénovation, c’est colmater des brèches, ajouter du vernis, polir, lustrer, redonner de l’éclat à un vieil objet rouillé.
Or, l’enjeu aujourd’hui, c’est de tout reconstruire en commençant par la salle des machines.

Et pour ça, on aura besoin de main d’œuvre, on aura besoin de tous-tes celles et ceux qui croient au Parti socialiste comme force de gauche, celle de la gauche de gouvernement. Et non pas celle des outrances et des coups d’éclat de la France Insoumise.

À nous, militant-e-s socialistes de réanchanter la gauche, de nous faire entendre, de nous (ré)emparer de notre parti, de nous retrousser les manches, d’ouvrir les portes et les fenêtres, de retourner sur le terrain au contact de tous-tes militant-e-s et de notre électorat déçu, perdu, parfois trahi, afin de proposer enfin un nouveau projet de société inclusif.

Du temps, on en a. Pas la peine de se presser. Nous ne pouvons pas nous permettre de bâcler cette refondation qui est la pierre angulaire de notre survie politique. Pas pour nous, mais parce que nos valeurs sont intactes, et que nous croyons qu’un autre monde doit se faire.


Voyons plus loin. Et faisons-le ensemble.
Tous-tes ensemble.

Billet coécrit avec Jérôme Brézillon,
Conseiller municipal et secrétaire de section à Corbeil-Essonnes

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18 commentaires

  1. L'écriture inclusive ne passera pas par moi. Et je suis sérieux : la gauche socialiste se détruit avec ce genre de truc. Je ne suis pas socialiste mais socdem gentil.

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    1. Je ne crois pas que la gauche socialiste en ait fait son cheval de bataille. Ou alors j'ai loupé un truc.
      Mon blog existe depuis 5 ans, et ça fait plus de 10 ans que j'écris ainsi sans avoir jamais forcé quiconque à le faire.
      mais je sais que tu n'es pas socialiste mais socdem gentil... Et moi, je suis les deux!

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  2. Moi, je suis réac méchant. Et en plus, comme tous les réacs méchants, je nauséabonde grave.

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    1. Oui. Mais vous avez échoué. Comme un vieil oncle qui fait chier tout le monde dans les repas de famille, on vous aime bien. Même qu'on ira à vos obsèques.

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    2. Catherine a pour consigne de ne prévenir personne…

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    3. Didier Goux: oui vous nauséabondez grave!

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  3. Tiens ! C'est nouveau ce nom de domaine ? Ou j'ai zappé.

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  4. Félicitations pour le nom de domaine !

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  5. Merci Elodie! Inquiète aussi mais je reste sur la barque, prête à y contribuer.

    Sinon, un petit oubli dans l'écriture inclusive..
    "Rester au Parti socialiste (...) C’est être acteur ou ACTRICE de sa refondation, de sa reconstruction, de sa ligne politique."

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  6. Le PS c'est terminé pour moi. Bonne "refondation" (ça me fait rire car refonder demain avec les fossoyeurs d'hier, c'est comique)

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    1. Je vais essayer d'y contribuer... Advienne que pourra!

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  7. "Advienne que pourra !"
    Ben j’espère bien que ça va pouvoir.
    Nous ne sommes plus très nombreux à y croire....je sais.
    Je ne veux pas me dire plus tard, quand je serai bien vieux, que tout ceci n'était qu'un rêve.

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