Confinement. Episode 8. Je vais bien. Tout va bien.


Il semblerait que mon billet d'hier ait quelque peu alerté les copains et les copines sur mon état mental (je résume hein). Genre la meuf est au bout de sa vie, elle dort pas, elle est en colère, elle fait que de se plaindre.

Je vais bien

Sachez tout d'abord, pour celles et ceux qui ne me connaissent pas en vrai, que râler est un signe de bonne santé mentale chez moi.
C'est tellement bon signe qu'au boulot, on m'a collé un défi de 48h sans râler ni dire de gros mots. C'est pour la bonne cause, puisque c'est un défi dans le cadre du Téléthon. Il va sans dire que la période du confinement est totalement incompatible avec ce défi puisque je ne fais que râler et insulter le gouvernement chaque jour que Dieu Confinement fait.
Donc on verra ça quand je serai déconfite.
En revanche, les courtes nuits de 5 ou 6 heures, ça non, c'est pas bon signe. Mais bon, en même temps, difficile d'être crevée physiquement quand on fait 500 pas par jour.
Alors... Que tout le monde se rassure - cœurs sur vous pour votre bienveillance - je vais bien. Je suis une pile électrique branchée en continu. Je vais sans doute m'écrouler à un moment et faire le tour de la pendule, avoir une panne de réveil, me pointer à la visio quotidienne du matin avec les collègues avec la marque de l'oreiller sur la joue et les cheveux en bataille... La vie quoi. La vie de confinée, mais la vie.
Donc, pour la première fois depuis le début de ce fucking confinement, je suis aller marcher. Comme je suis une privilégiée avec un jardinounet, je me disais que squatter ma terrasse me faisait prendre l'air et que c'était suffisant.
Et comme j'ai un salon dans lequel j'ai suffisamment de place pour me prendre pour Véronique et Davina sur de l'électro pendant 45 minutes plusieurs fois par semaine, je me disais que c'était suffisant comme exercice.
Mais non en fait.

Foutu pour foutu, épuisée pour épuisée, allons marcher.

J'ai donc parcouru un peu plus d'1 kilomètre dans un pas rapide et cadencé, telle une biche en forêt. En soufflant tous les deux pas. J'ai pris des jolies photos et je suis rentrée chez moi avec les yeux qui pleurent, le nez qui coule, les joues rouge et la peau des mains craquée. Telle un cerf au nez rouge.


Mais force est de constater que l'euphorie était au rendez-vous. Je n'ai pas croisé un chat, deux-trois voitures à tout casser. J'ai vu des oies, des oiseaux, des canards et j'ai profité du petit chemin qui borde la rivière, rien que pour moi toute seule. Je pouvais tousser à volonté et m'essuyer le nez avec ma manche. Donc... On verra si ça porte ses fruits cette nuit.
Cela dit, les effets d'une marche revigorante dans le froid d'un mois de mars qui n'en finit plus ne se feront peut-être pas sentir dès cette nuit. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant bien évidemment. Les Français veulent savoir. Et c'est bien légitime.

Au fait, quel jour on est ?

Quand je me balade sur les réseaux sociaux et les blogs des copains et des copines - que le confinement à ressuscités (les blogs hein, pas les copains et les copines. Fais un effort pour suivre hein steuplê, c'est déjà assez épuisant comme ça), je me rends compte que c'est un des effets du confinement : se demander quel jour on est.
Ce matin, je me croyais mercredi. Je-sais-plus-quand je me suis trompée de numéro d'épisode dans un de mes billets de blogs, je ne sais plus lequel.
Hier je me suis plantée de lieu pour un rdv virtuel. Je me suis pointée dans la mauvaise salle virtuelle, j'étais toute seule, je parlais toute seule. J'ai évidemment insulté les collègues qui n'étaient pas au rendez-vous. Je suis retournée bosser. je me suis reconnectée et j'ai compris que je m'étais plantée de lien dans Teams.

Abribus virtuel

Ma cheffe est un génie. Elle a créé un rendez-vous quotidien qui s'appelle "abribus virtuel".
Je t'explique.
Au boulot, quand tu fumes des clopes, tu es confiné à l'extérieur (tiens... J'ai employé le mot "confiné"), dans un espace fumeur. Et bien cet espace fumeur, c'est un abribus en fait. Et donc, ma cheffe a créé une visio quotidienne en mode pause-clope post-déjeuner pendant laquelle on ne parle pas boulot. On parle de la pluie et du beau temps. On bitche sur les gens. Un peu comme dans la vraie vie quoi. La vraie vie des non-confinés dans un abribus confiné. Tu suis, ou bien ?
Et aujourd'hui, j'ai réussi à les rejoindre. Je ne me suis pas plantée de salle. On ne me la fait pas deux fois.

Et sinon, la France, ça va bien ?

Rien de neuf sous le soleil.
Ça navigue à vue. 
Sibeth Ndiaye est "au front" quotidiennement pour sauver la France et Français.
Emmanuel Macron est devenu thaumaturge et sauve des gens rien qu'en les regardant dans les yeux au-dessus de son masque qui ne sert à rien mais qu'il porte quand même parce que finalement quand on est au contact des gens qui sont malades, ça peut quand même servir.
Les enseignants jettent l'éponge les uns après les autres parce qu'on leur dit de ne pas porter de masques pour ne pas effrayer les enfants de soignants dont ils ont la charge.
Didier Raoult est devenu un héros.
Christian Estrosi est guéri.
L'association Française des Victimes, Malades et Impactés du Coronavirus Covid-19 (Corona Victimes) vient de se créer. et c'est un peu la meilleure nouvelle de la journée. Tu peux les suivre sur Twitter et sur Facebook.

Alors, elle est pas belle, la vie ?

Je dois vous laisser, j'ai une quiche aux épinards à préparer.
A demain. Ou pas.

Résumé des épisodes précédents :
Episode 7. On n'oubliera pas.
Episode 6. La colère

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13 commentaires

  1. Cet abribus virtuel est une horreur. Nous, on a un point quotidien pour ce qu’on pourrait se dire au bureau de manière informelle mais pour le travail. Que pour le travail.

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    1. Ah oui mais nous, même au travail, on a des moments où on parle pas travail.

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    2. Mes collègues aussi mais moi je fuis ces moments. Il faut faire la démarcation entre le boulot et le travail. Bien sûr, on parle de choses personnelles avec les collègues mais surtout pas dans des moments « institutionnels » comme des réunions pour ça. En ce confinement, mes collègues me contactent souvent à titre individuel car ils savent que je vis tout seul. C’est tout. Ma maison mère a mis en place un numéro vert pour que les gens en déprime puissent l’appeler. Mais c’est fou de faire une réunion officielle pour ne pas parler de travail.

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    3. « Il faut faire la démarcation entre le boulot et le travail. »

      Quel artiste vous faites, tout de même !

      De mon côté, j'essaie de bien séparer le repos du farniente, mais je n'y parviens pas encore très bien.

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    4. Ah mais c'est pas du tout une réunion officielle. C'est un truc facultatif dans lequel sont invités les collègues avec lesquels on fume des clopes après déjeuner.
      Chacun vient, ou pas. Comme en vrai quoi.

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    5. Ça y est ! J’en ai gagné un pour lundi.

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  2. Moi aussi je me réjouis des blogs qui refleurissent. je l'ai déjà dit ? Je radote. La bise. J'aime beaucoup l'idée de l'abribus, je l'ai déjà dit ? Je radote. Re-la bise.

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  3. Bon je suis le plus vernis. Mon abribus est hebdomadaire 🚌....

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    1. Bah moi, j'aime bien. Si chui dispo j'y vais, sinon je remets ça le lendemain.

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  4. Tu fais des nuits courtes ? bizarre, alors que moi mon sommeil bipolaire est tombé en mode YOLO : je fais des nuits de 10 heures depuis 10 jours. Le silence de monHLM est la cause. Y'a pas de cris d'enfants, pas de bruits à 2 et 4H du matin par les voisins qui rentrent du travail ou partent.

    Y'a un vrai sujet sur le sommeil des personnes confinées : ceux et celles qui étaient en horaire décalés et sont confinés vont gouter au sommeil complet.

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    1. Mes nuits sont courtes alors que normalement, je dors 8h...

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    2. zut t'es à l'inverse de moi. En fait tu dois etre plus stressée que moi et d'autres (oups): va voir les oiseaux encore cette après-midi.

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