La Rue fracasse. La Rue exclut. La Rue tue. (Ervé)



Je viens de finir la lecture d'un livre particulier : Écritures carnassières, d'Ervé, préfacé par Guy Birenbaum.

Un livre particulier

C'est un livre particulier pour moi car je crois pouvoir affirmer qu'Ervé (plus connu sur Twitter sous le nom de Croisepattes) fait partie des tous premiers twittos que j'ai suivis quand j'ai débarqué sur le réseau en septembre 2011. 
Pareil pour Guy Birenbaum. Je lai suivi très tôt sur Twitter et quand j'ai ouvert ce blog début 2012, le sien a rejoint ma blogroll dans la foulée et n'en est plus jamais sorti (mais ça se voit pas parce que ma blogroll est complètement pétée depuis plusieurs semaines et je ne sais pas pourquoi...)
(D'ailleurs, Guy Birenbaum sort lui aussi un livre prochainement. Et pour chaque précommande, on recevra la photo de couverture en tirage original, numéroté et dédicacé. Une photo qu'il a prise en août 1981. Classe.)

Au ras du sol

Ce livre est particulier aussi parce qu'Ervé vit dans la rue et que, en tant que maraudeuse sociale depuis deux ans, ses écritures carnassières résonnent singulièrement en moi en interrogeant mon engagement et mon bénévolat.
Et en même temps, il confirme ce que je dis depuis deux ans : c'est la décision et l'engagement les plus importants que j'ai pris ces dernières années.

Une sulfateuse

Le livre d'Ervé est une sulfateuse qui te sort de ta zone de confort.
Ses écritures sont carnassières, brutes de fonderie et terriblement poétiques.
Malgré la rugosité de la vie qui ne l'a pas épargné comme on dit, ce livre fait du bien et devrait être lu par tous-tes les adeptes du "Y a qu'à faut qu'on" et du "Quand on veut, on peut".

"La vie, la pute"

Par moment, certains passages ne m'inspiraient rien d'autre que cette expression : "La vie, la pute".

Et enfin, Les Écritures carnassières d'Ervé lèveront enfin le voile sur le pourquoi du comment son pseudo Twitter est Croisepattes.
Comme moi, il ne touche pas le revenu minimum, pas envie d'en faire la démarche au bout de plusieurs refus. Tous les deux, nous sommes d'accord pour constater que bien trop souvent les travailleurs sociaux s'adressent à nous comme à des enfants. J'ai cinquante balais et ce n'est pas une gamine de trente ans qui va me faire la leçon. Je préfère bosser un peu et faire la manche. Lui non. Pas la force.

C'est un beau livre qui se lit aussi vite que la chandelle de sa vie qu'il consume par les deux bouts. 

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13 commentaires

  1. Pudeur et en même temps sans fard, brut, totalement sincère. Avec un supplément de poésie.

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  2. Des écritures carnassières qui interrogent un engagement et un bénévolat ? Fichtre ! vous voilà mûre pour écrire, vous aussi, un livre ! Appelez-le Graffitis végétaliens : vous serez davantage en phase avec l'époque.

    (Vous fâchez pas : je déconne…)

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  3. Merci Élodie... Très touché... Et merci pour ton engagement... Belle continuation. Ervé

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    1. Je ne m'attendais pas autant d'enthousiasme autours de ce livre. Je voulais l'écrire comme un testament, pour mes deux poumons, qu'elles comprennent, plus tard, d'où je viens et le pourquoi de mes si longues absences, mon mal être et mon incapacité à vivre "normalement". Et c'est devenu un OLNI (objet littéraire non identifiable). J'avoue être un peu dépassé par le "succès" qu'il rencontre. J'ai signé pour la suite, "Morsures de nuit", sur lequel je travaille (je finalise en fait, j'ai continué à écrire bien avant la sortie des "écritures carnassières", dans la foulée...) Merci encore pour ton attention qui date depuis un moment déjà. Je te souhaite un bel été et, pourquoi pas, se voir à la rentrée et parler littérature ou autre. Bien à toi et à tes lecteurs... Ervé

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    2. Alors, au plaisir de lire la suite et de te rencontrer, oui. Carrément.

      Je ne doute pas que ce livre atteigne ses objectifs. Il est empli de "ceci explique cela", et il est magnifiquement écrit.

      Prends soin de toi.

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  4. Signalons d'autre part que, même si Maurice Nadeau lui-même n'est plus, les éditions qui portent son nom restent, sinon la garantie, du moins la promesse hautement fiable d'un certain niveau d'exigence et de qualité.

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    1. C'est Gilles, le fils, qui gère le Maison d'édition et la Librairie. Et oui, c'est une Maison mythique, historique. Très honoré d'y être publié et suivi.

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  5. Dans mon commentaire d'hier (visiblement passé à la blogotrappe), je faisais remarquer que, malgré la disparition de leur fondateur, le fait d'être publié aux éditions Maurice Nadeau est, sinon une garantie, du moins la promesse – souvent tenue – d'un livre de qualité.

    (Pour une fois que je m'essayais au commentaire constructif, cépadbol…)

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    1. Rrrrroooo. Il était pas passé à la trappe... C'est juste que je modère pas dans l'instant.
      Faut être un peu plus patient, hein !

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    2. Ah, mais, quand je disais "passé à la trappe", je ne pensais nullement à une volonté de censure de votre part ! Plutôt à un caprice des dieux internétiques ; dont les voies, comme nous le savons tous, sont particulièrement impénétrables…

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