Confinement. Episode 10. Retard à l'allumage


"Je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard sur la prise de décision du confinement"

Ainsi s'est exprimé Edouard Philippe hier soir.
À l'heure où on réclame des masques pour nos soignants, nos aidants, nos aides à domicile, nos enseignants d'astreinte, et tous les salariés, employés, manutentionnaires qui continuent de bosser dur, notre Premier Ministre distribue des muselières.
Ou sinon quoi ? Il va se passer quoi quand on va énumérer les bourdes, l'insouciance, l'impréparation de nos responsables politiques qui ont fait tout et son contraire, dit tout et fait l'inverse depuis plusieurs semaines ?
On va venir nous chercher ?
Il va faire quoi Edouard Philippe quand Emmanuel Macron lui-même reconnaît des erreurs ? Il va aller le chercher ? Le gronder ?
Hier soir, au moment de cette grande déclaration, j'était occupée. J'ai enchaîné deux apéros et j'en ai même loupé un. Tu comprendras donc pourquoi, après tout ça, je n'ai pas rédigé l'épisode confiné d'hier.

"Chaque jour, on essaie de corriger les erreurs qu'on a faites la veille"

Nous ne raisonnons plus en semaines. Nous raisonnons en mois. Il y a plusieurs mois maintenant, on regardait de loin, très loin, la Chine qui comptait ses premiers morts. On regardait de loin, de très loin la Chine qui construisait un hôpital d'une capacité de plusieurs milliers de lits en seulement quelques jours.
Quelques semaines plus tard, on regardait de loin, très loin, l'Italie, pourtant si proche, qui prenait des mesures drastiques, très drastiques comme en Chine.
Pendant que l'Italie s'enfermait et comptait ses morts, nous, en France, on assistait à des messages politiques déconnectés, à des déclarations dénuées de sens, à des mesures paradoxales et des injonctions contradictoires, pendant que l'Italie, médusée, regardait ses voisins français continuer à vivre comme si de rien n'était.

Résumé des épisodes précédents

26 février - Le match opposant l'Olympique lyonnais et la Juventus de Turin se déroule sans mise en garde.

28 février - Passage au stade 2 de l'épidémie.

7 mars - Rupture de stocks des gels hydro-alcooliques dans toute la France.
12 mars again - Fermeture d’écoles au cas pas cas selon les régions.
13 mars au soir - Annonce de la fermeture de toutes les écoles jusqu'au 4 mai.
14 mars au soir - Fermeture de tous les restaurants et bars.

Nuit du 14 au 15 mars - Passage au stade 3 de l'épidémie.

15 mars - Tous aux urnes! Allez voter! C’est un grand rendez-vous démocratique!
16 mars - Emmanuel Macron annonce le confinement. pour 15 jours, sans prononcer une seule fois le mot "confinement" mais en prononçant 6 fois le mot "guerre".
17 mars - Agnès Buzyn lâche une bombe dans Le Monde
28 mars - Prolongement du confinement pour 15 jours. Edouard Philippe déclare "Je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard sur la prise de décision du confinement".

* Résumé non exhaustif. Un seul billet de blog ne suffirait pas => Crise sanitaire : dans la tempête, les cinq moments où l’exécutif a viré de bord.

Retard à l'allumage

J'entends déjà d'ici les gens dire que c'est facile de râler quand on est confinée au chaud derrière son ordi. Oui, j'avoue. C'est pas faux. C'est facile.
Mais gouverner, c'est prévoir.
Gouverner c'est anticiper.
Ce n'est pas courir après les autres pays.
Ce n'est pas réagir avec 4 trains de retard.
Ce n'est pas dire qu'on est en guerre quand on est totalement à poil et désarmés.
Le retard à l'allumage est évident et le Gouvernement en sortirait grandi s'il le reconnaissait.
Mais plus ça va, plus il est trop tard.

Enfin... Heureusement pour nous, on peut compter sur Gaspard Gantzer, grand communicant devant l’Éternel, avec des convictions politiques solides, pour redonner le sourire au pays :
Emmanuel Macron ne pourra pas se contenter d’appeler à la mobilisation générale. Il faut aussi qu’il donne de l’espoir, qu’il montre le bout du tunnel, qu’il réintroduise de la joie de vivre [...], par exemple d’"annoncer dès maintenant que des soignants défileront sur les Champs-Elysées le 14 juillet". Où ils pourront crier "On l’a eu !" (Source)

Heureusement qu'il nous reste l'humour, hein.

Résumé des épisodes précédents

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11 commentaires

  1. J’avais oublié l’épisode du théâtre !
    Ils sont graves quand même ! Totalement confinés dans leur tête 😳

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  2. Mais quand on te dit que c'est à cause des gens qui font des stocks ou portent des masques alors qu'ils ne devraient pas hein, c'est ce qu'ils disent, c'est à cause des gens, c'est pas moi c'est l'autre.

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  3. J'ai toujours adoré ces phrases qui commencent par «Je ne laisserai personne, etc.». Envie de demander à ces petits Mussolini de préau : « Ah ouais ? Et tu comptes m'en empêcher comment, guignol ? »

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    1. On est vraiment dans une drôle de période. Tout fout l’camp, je suis encore d’accord avec vous.

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  4. Réponses
    1. Euh... C’est-à-dire ?
      Vous n’êtes pas en train d’insinuer que j’ai un jour soutenu cette bande de baltringues qui nous gouverne?

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    2. Il est vrai, j'en témoigne, que vous ne les avez jamais soutenus, ces Mickeys…

      Mais est-ce que vous n'auriez pas tout de même voté pour eux, histoire de "faire barrage au fascisme" ? Hmm ?

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    3. Parfaitement. J'ai fait le castor.

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    4. Ben oui mais c'est pas bien malin : plus on fait barrage, plus le niveau monte...

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