Le 11 septembre en mémoire



On se souvient toutes et tous de cette journée.

Où on était, ce qu’on faisait. À 14h46, heure française.
Moi, j’entrais en maîtrise d’histoire (bac + 4 pour les plus jeunes qui ne connaissent aujourd’hui que le LMD / Licence, Master, Doctorat).
Et avant la rentrée universitaire, j’attaquais un mois de stage au journal Le Monde, dans la séquence Culture. Celle de journalistes que j’avais l’habitude de lire depuis longtemps déjà (Harry Bellet, Bruno Lesprit, Samuel Blumenfeld, Josyane Savigneau…).
Le journal était alors rue Claude Bernard. Jean-Marie Colombani en était le directeur et Edwy Plenel, directeur de la rédaction.

14h46

En début d’aprem, on était enfermés, comme tous les jours, pour la "réunion de séquence". Dans cette salle de réunion, pas d’ordi, pas d’internet, pas de smartphones (on était en 2001, hein).
La réunion durait une heure environ. Le débat, au moment où le téléphone fixe de la salle a sonné, portait sur les notes de frais des journalistes auxquels il était demandé de réduire la voilure et d’arrêter de descendre dans hôtels à 300 balles la nuit.
Je ne sais plus qui a décroché le téléphone. Mais on est tous sortis dans la foulée.

Ça bipait dans tous les sens

En temps normal, dans les couloirs du journal, à chaque fois qu’une dépêche AFP tombait, ça faisait un petit bip. 
Là, quand on est sortis de la salle, ça bipait dans tous les sens, les écrans de télé étaient tous branchés sur LCI et/ou CNN.
Les 3/4 des journalistes étaient au téléphone, soit en interview, soit avec leurs collègues sur place, soit en quête de nouvelles de proches là-bas.
Une vingtaine de minutes plus tard, alors qu’on était sidérés face aux écrans, un 2e avion s’est écrasé sous nos yeux dans la 2e tour.

Sur Ordre

L’après-midi s’est déroulé je ne sais plus comment. Je me souviens seulement qu’en fin de journée, Harry Bellet m’a envoyée quérir le bouquin "Sur Ordre" de Tom Clancy, paru en 1996 et qui raconte, entre autre, comment un Boeing 747 s’écrase sur le Capitole.

Il fallait rebondir sur l’actu.

Le soir, tard, car on avait fait des heures sup, je dormais chez ma sœur à Montreuil. Les gens dans le métro me paraissaient téléguidés et pressés.
Mon père est arrivé pour dîner. On était en boucle. Tout le monde avait compris qu’il y aurait un avant et un après et que le XXe siècle s’était achevé ce 11 septembre 2001. Comme le XIXe avant lui en 1914.
C’est ce jour-là je crois, alors que j’étais en stage au Monde depuis 10 jours, que j’ai su que je ne deviendrais pas journaliste, mais historienne.

Et je le suis devenue 10 ans plus tard, presque jour pour jour.

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3 commentaires

  1. Ouh la la ! mais vous avez connu Le Monde à sa pire période, dites donc ! Colombani, Plenel, Savigneau : le trio directement vomi des enfers ! Avez-vous eu l'occasion d'y croiser ma vieille et chère amie Sylvie Kaufman ?

    Cela dit, après une expérience pareille, on comprend que vous ayez fui le journalisme à toutes gambettes !

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    1. Je vais être très honnête, je ne me souviens pas pour Sylvie Kaufman.

      Pour les autres, Bellet est un grand monsieur que j’ai adoré.

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    2. Je n'ai pas connu Bellet, quant à moi.

      Pour ce qui est de Sylvie K., elle était au service "étranger" (qui doit sans doute s'appeler autrement) et elle fut ensuite une éphémère directrice de la rédaction du journal, à une époque fort agitée de son existence, justement après le départ du duo Colombani-Plenel.

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