Confinement. Episode 15. Et soudain, Jean Moulin...

Je crois que j'ai trouvé mon rythme de croisière. Un billet de blog tous les deux jours. Nous en sommes donc à l'épisode 15 alors que nous en sommes au 25ème jour de confinement. Ou 27ème ? À moins que ce ne soit 28... Plus personne ne sait quel jour on est. Personne ne sait quand on sera déconfinés.
On nous parlait de mi-avril alors que tout le monde savait le jour de l'annonce que ça irait au-delà, Emmanuel Macron devait parler ce soir mais finalement, il parlera lundi. Le lundi de Pâques. Amen. Il était censé nous confirmer le prolongement du confinement ce soir, il le fera finalement deux jours avant la pseudo-fin de cette deuxième prolongation dont tout le monde savait que ce ne serait pas la dernière (tu suis ?).

Vivement Lundi !

Va-t-il nous refaire le coup du saupoudrage calibré à 15 jours ou va-t-il nous annoncer qu'on en a encore pour 6 semaines? Personne ne sait. Peut-être que lui-même ne le sait pas non plus. La communication du président fait douter jusque dans son propre entourage. Personne ne comprend plus rien et personne ne sait s'il est Clemenceau, de Gaulle, saint Louis ou Jean Moulin.
On ne voit pas où il veut aller, soupire un conseiller ministériel. À l'Élysée, un collaborateur le reconnait: La hauteur, cela a ses limites. Dans une crise, il faut aussi que les problèmes soient résolus.
Parce que Jean Moulin vient d'apparaître dans le tableau. On nous annonce dans tous les sens un grand discours, un immense discours, un discours historique, de la refondation, du renouveau, de la renaissance (Ah non ! Pitié hein... Pas ce concept !), du jour d'après, du monde d'après, de la France d'après... du quinquennat d'après, prononcé par Emmanuel Macron, on ne sait pas quand, peut-être le 14 juillet. On nous dit qu'il serait alors dans le costume de Jean Moulin, époque fondation du Conseil National de la Résistance:
Une nouvelle ère", "une refondation", "sur le modèle du Conseil national de la Résistance en 1945", murmurent les happy few dans la confidence.
Ce champ lexical de la guerre que tout un chacun s'est approprié depuis plus de 3 semaines me fatigue. Euphémisme. Il me débecte en fait. Sans doute est-ce dû à une réminiscence d'un doctorat qui a duré 6 ans et dont le mémoire mentionnait le mot "guerre" plusieurs milliers de fois sur plus de 700 pages.
Ce parallèle entre le confinement de 2020 et la Seconde Guere mondiale est indécent. Ce parallèle entre le déconfinement de 2020 et la Libération de 1945 me choque.
D'une certaine façon, c'était presque plus simple au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, car il fallait tout reconstruire. Là, le pays va être économiquement très abîmé et psychologiquement fragilisé », abonde un macroniste historique.

Les mecs n'ont honte de rien

D'autant plus que si Emmanuel Macron avait dans son entourage - ou était lui-même - un Jean Moulin, ça se saurait. Sans parler du fait que le Conseil National de la Résistance ratissait jusqu'aux communistes. Aujourd'hui, on en est loin. Très loin. Ces anachronismes permanents sont une insulte à l'Histoire mais sont aussi révélateurs d'une communication qui part à vau-l'eau.
En politique, comme ailleurs, l’action précède la communication. Elle ne s’y réduit pas. Or, à force de déplacements présidentiels au cours desquels la photo imprime mieux que la parole, ce sentiment semble prévaloir.
Que reste-t-il du déplacement présidentiel à Saint-Barthélémy d’Anjou? L’image d’une charlotte, et un discours toujours confus sur l’utilité des masques pour la population. La photo l’emporte parce que le discours manque de clarté.

Comment osent-t-il envisager un équivalent au Conseil National de la Résistance en 2020 alors qu'ils ont passé leur temps, pendant 3 ans, à faire le contraire de ce qu'ils envisageraient maintenant (conditionnel de mise)?
Toute honte bue, il aurait donc fallu une pandémie mondiale pour que le président "prenne conscience" (importance des guillemets) que la politique qu'il mène depuis qu'il est président va à l'encontre de tout ce qu'il voudrait, soit-disant, défendre maintenant.
Manifs, grèves, mobilisations, démissions en pagaille, pétitions, auditions, mises en garde... Ils sont restés sourds pendant 3 ans.

Et là, soudainement, les voilà frappés par la Grâce Pascale. Alléluia.


Il n'y a plus d'avions dans le ciel

Sans transition.
Comme chaque jour, je suis allée faire mes 4 kilomètres à pied. Mais je n'étais pas seule. J'étais au téléphone pendant toute ma marche avec mon ami Jef. On a parlé politique, vie quotidienne, boulot, chats, cul, et anniversaire. Car c'est son anniversaire aujourd'hui. C'est aussi celui de son chat, Lorenzo.
Pendant que je papotais avec lui, j'ai vu que mes amis de balade, les chevaux, étaient désormais colocataires de deux taureaux chevelus de race Highland cattle (Google est mon ami).
J'ai remarqué qu'il n'y avait plus d'avions dans le ciel. C'est calme, C'est beau.
Comme j'habite dans un coin qui fait aussi office de couloir aérien, ça fait du bien.
Il n'y a plus de chemtrails dans le ciel.

Les complotistes doivent se faire chier...

Je vous laisse, je suis en retard pour l'apéro.
Pendant ce temps, allez donc faire un tour chez Monsieur Fraises.

Résumé des épisodes précédents:

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15 commentaires

  1. Pourquoi mon blog est en lien sous « apéro » ? Comment ai-je deviné que c’était lui ?

    A part ça, je n’ai plus le courage d’avoir des réflexions politiques... La gauche au pouvoir, nous, quoi !, à sa part de responsabilité mais est incapable de se défendre. Marisol Touraine a craqué et accuse Hollande. Dans ma boîte, on manque de masques or c’est aux entreprises de gérer cela depuis la loi qu’ils ont faite. C’est un résumé (et un exemple) mais point barre. La connerie qu’on a faite est de ne pas avoir contrôle qu’elles le faisaient (et d’avoir baissé tous les contrôles, d’ailleurs).

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    1. Ah mais complètement !!
      On est d’accord.
      Ça s’arrose.

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    2. J’y suis. A l’arrosage. Tu serais dispo pour un KDB virtuel ce week-end ?

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    3. Ouais ! Demain soir ou samedi soir !

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    4. Je vais essayer samedi. Mais ça m’emmerde d’utiliser les moyens de la boîte.

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  2. Oh un KDB vous faites ça quand ?

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    1. A priori samedi vers19 heures. Envoie moi un mail samedi à cette heure que je pense à envoyer une invitation mais pour l’instant on cherche le meilleur moyen technique.

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  3. Oh, voyons ! une émérite historienne comme vous ! On doit écrire "saint Louis" et non "Saint-Louis", lorsqu'on parle du roi Louis IX , la majuscule et le tiret étant réservés pour des édifices ou des rues portant son nom, ou encore le jour de sa fête patronale.

    Bon, sur ce, je remonte lire…

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    1. Pendant que j'en suis à faire mon petit pion : pas de majuscule au "de" de "de Gaulle"…

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    2. Faut vraiment que j'arrête d'écrire mes billets avec mon iPhone qui corrige tout seul n'importe comment...
      (Et c'est pas comme si j'avais pas écrit de Gaulle des centaines de fois dans ma thèse non plus)
      Merci

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  4. Bon, sinon, je me trouve globalement en accord avec kèsque vous disez. (Même s'il y aurait des choses à dire à propos du CNR, mais j'ai la flemme de déconfiner mon cerveau, là, tout de suite…)

    Bon allez, une dernière mesquinerie avant de vous quitter : pas de majuscule initiale à "président"…

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  5. "Le costume de Jean Moulin" je suis bien d'accord, c'est choquant. « On entre dans un mort comme dans un moulin » disait Sartre.

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    1. Et il avait raison. Mais aujourd'hui, c'est Churchill, alors on est large.

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    2. « « On entre dans un mort comme dans un moulin » disait Sartre. »

      Lequel, aussitôt après, a pondu deux mille pages sur Flaubert en l'appelant L'Idiot de la famille.

      Mais, évidemment, la cohérence et Sartre, ç'a toujours été deux choses bien distinctes. Il n'y a qu'à voir ses pitoyables et successives prises de positions politiques.

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